La contribution de la téléphonie mobile à l’économie africaine devrait atteindre 290 milliards $ en 2030
jeudi 18 juin 2026
Le rapport souligne que l’amélioration de la connectivité mobile devrait générer des gains de productivité et d’efficacité dans tous les secteurs, même si certaines activités telles que les services, l’industrie et l’agriculture devraient concentrer l’essentiel des bénéfices, en raison de leur capacité à intégrer les cas d’utilisation de la dernière vague de technologies de pointe.
La contribution de la téléphonie mobile à la valeur ajoutée économique en Afrique devrait atteindre 290 milliards USD à l’horizon 2030, portée par les gains de productivité et d’efficacité liés à l’expansion des services mobiles et à l’adoption croissante de technologies comme la 5G, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle (IA), selon un rapport publié le mardi 16 juin par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).
Intitulé « The Mobile Economy Africa 2026 », le rapport précise que ce secteur connaît actuellement une transformation profonde de ses modèles d’exploitation et de ses leviers de création de valeur. Après avoir consacré la dernière décennie à étendre la connectivité, les opérateurs actifs sur le continent dépassent désormais leur rôle traditionnel de fournisseurs de connectivité pour se positionner comme de véritables partenaires de la transformation numérique des entreprises et des administrations.
Ils intègrent l’intelligence artificielle (IA) dans la gestion des réseaux et des interactions clients et élargissent leur offre de services numériques, tout en mettant les capacités de leurs réseaux à la disposition des développeurs grâce à des interfaces de programmation d’applications (API) standardisées. Environ 79 % des opérateurs africains considèrent que devenir un partenaire de la transformation numérique représente leur principale priorité stratégique.
Cette dynamique se reflète déjà dans les chiffres. En 2025, les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée économique, soit 7,8 % du PIB du continent. Le secteur a également soutenu près de 13 millions d’emplois et contribué pour près de 45 milliards USD aux recettes publiques. Dans ce chapitre, les principaux bénéfices proviennent des effets positifs des technologies mobiles sur les gains de productivité, qui ont atteint 150 milliards USD l’an passé, et de la contribution directe du secteur, estimée à 70 milliards USD.
La téléphonie mobile devrait profiter à l’ensemble des secteurs de l’économie en Afrique, même si certaines activités en bénéficieront davantage que d’autres, en raison de leur capacité à intégrer les cas d’utilisation de la dernière vague de technologies numériques de pointe. D’ici 2030, environ 24 % des retombées économiques devraient concerner le secteur des services, contre 21 % pour l’industrie manufacturière et 20 % pour l’agriculture. Viennent ensuite l’administration publique (12 %), le BTP, l’immobilier (12 %), les services financiers (6 %) et le secteur de l’information et de la communication (5 %).
Pour renforcer la dynamique de croissance du secteur de la téléphonie mobile et maximiser ses retombées économiques, le rapport souligne la nécessité de poursuivre les investissements dans les infrastructures mobiles et l’ensemble de l’écosystème numérique.
Les opérateurs devraient investir 76,2 milliards USD dans les infrastructures réseau d’ici 2030
L’extension de la couverture réseau, l’amélioration de l’accessibilité financière et le déploiement accéléré de technologies avancées comme la 5G, l’IoT et l’IA seront déterminants pour exploiter pleinement les gains de productivité et soutenir une croissance économique plus durable et inclusive à travers l’ensemble du continent.
Les opérateurs africains devraient investir 76,2 milliards USD dans les infrastructures réseau entre 2025 et 2030. La capacité de ces investissements à améliorer effectivement la couverture, la qualité et la capacité des réseaux dépendra, toutefois, du cadre réglementaire et des coûts associés au déploiement. Les pays qui ont réduit les coûts liés aux droits de passage, facilité le partage des infrastructures et renforcé la stabilité réglementaire enregistrent des investissements plus rapides et plus importants. Le partage d’infrastructures apparaît notamment comme une solution de long terme pour étendre la couverture dans les zones où il ne serait pas rentable pour les opérateurs d’investir de manière autonome.
Le rapport note dans ce cadre que le déficit d’utilisation est devenu le principal défi de l’Afrique en matière de connectivité. 63 % de la population couverte par le haut débit mobile n’utilisent pas encore l’Internet mobile, alors que 9 % seulement de la population du continent demeurent privés de couverture. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : le coût des appareils, le prix des données, un niveau limité de compétences numériques et, dans de nombreux cas, des barrières sociales profondément ancrées qui prédéterminent les personnes utilisant Internet au sein d’un foyer ou d’une communauté.
L’enjeu majeur ne consiste plus autant à étendre les réseaux qu’à encourager l’adoption de l’Internet mobile. Dans ce contexte, les opérateurs mobiles jouent un rôle de plus en plus central pour favoriser l’accès au numérique et encourager son usage effectif. Les approches les plus efficaces combinent des mesures visant à rendre les terminaux plus abordables avec des programmes de formation aux compétences numériques, des initiatives de sensibilisation à la sécurité en ligne et des actions communautaires destinées à lever des freins qui ne relèvent pas uniquement du prix.
Plusieurs opérateurs ont déjà lancé des initiatives visant à réduire le déficit d’utilisation. MTN Ghana s’est associé à Infinix en mars 2026 pour lancer la série Note 60 avec des paiements échelonnés sur six mois et 2 Go de données gratuites par mois pour chaque appareil. En Éthiopie, Ethio Telecom a travaillé avec des banques locales pour proposer des financements via la plateforme Telebirr, avec des paiements échelonnés sans garantie.
Le rapport indique par ailleurs que la pénétration de la 5G en Afrique devrait atteindre 21 % d’ici 2030, soit un total de 383 millions de connexions 5G, grâce notamment à l’accélération des déploiements dans les principaux marchés du continent.
Walid Kéfi
(Source : Agence Ecofin, 18 juin 2026)
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