La Banque mondiale veut mutualiser la puissance de calcul pour développer l’IA en Afrique
jeudi 22 octobre 2026
L’accès aux infrastructures de calcul reste un obstacle au développement de l’intelligence artificielle en Afrique, où les capacités des centres de données demeurent limitées. La mutualisation de ces ressources apparaît comme une option pour réduire les coûts d’accès.
Le développement de l’intelligence artificielle nécessite des ressources informatiques coûteuses, encore inégalement réparties dans le monde. Pour en faciliter l’accès aux pays émergents, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé, le mardi 20 octobre, une initiative visant à mutualiser des capacités de calcul spécialisées dans l’IA. Le dispositif cible dans un premier temps l’Afrique et l’Amérique latine, avec l’objectif de permettre aux gouvernements d’accéder à ces ressources sans investir individuellement dans des centres de données autonomes.
Baptisée AI Infrastructure and Readiness Initiative, l’initiative prévoit de mettre à disposition des infrastructures de calcul équipées de processeurs graphiques (GPU), facturées selon leur utilisation. Ces composants, capables d’effectuer un grand nombre de calculs en parallèle, sont employés pour entraîner et exécuter des modèles d’IA. La Banque mondiale souhaite ainsi permettre aux administrations et aux acteurs de l’innovation d’accéder à des ressources adaptées à leurs besoins, sans supporter seuls le coût de leur construction et de leur exploitation. Cassava Technologies et NVIDIA figurent parmi les partenaires mobilisés pour apporter leur expertise.
Un déficit d’infrastructures à combler
Cette approche intervient dans un contexte de capacités de calcul limitées sur le continent. Selon les données présentées par la Banque mondiale dans son bilan sur les infrastructures numériques, la capacité électrique des centres de données atteint en moyenne 0,33 mégawatt par million d’habitants en Afrique, contre environ 15 mégawatts à l’échelle mondiale. Cet écart illustre la concentration des infrastructures de traitement et de stockage des données dans un nombre restreint de marchés.
La construction de centres de données nécessite des investissements importants et un accès fiable à l’électricité, à la connectivité et aux capitaux de long terme. Dans les marchés où la demande en services cloud reste limitée ou fragmentée, les opérateurs peuvent également rencontrer des difficultés à rentabiliser de nouvelles installations. La mutualisation des ressources de calcul constitue une autre voie pour élargir l’accès à ces infrastructures sans reproduire dans chaque pays les mêmes coûts d’investissement.
Des applications adaptées aux besoins locaux
L’initiative complète la première stratégie numérique du Groupe de la Banque mondiale, également annoncée. Celle-ci prévoit notamment de renforcer la connectivité, de rendre les appareils et les services de données plus abordables, de développer les compétences numériques et de préparer les pays à l’utilisation de l’intelligence artificielle.
La Banque mondiale met particulièrement l’accent sur les applications d’IA de petite taille, conçues pour répondre à des besoins précis et fonctionner dans des contextes locaux. Elle cite notamment des outils capables d’aider les agriculteurs à détecter des maladies des cultures, d’assister les agents de santé ou d’aider les entreprises à mieux gérer leurs stocks. Pour les pays africains, l’accès à des ressources de calcul partagées pourrait faciliter le développement et le déploiement de ce type de solutions sans nécessiter systématiquement la création d’infrastructures nationales de grande ampleur.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 22 octobre 2026)
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