L’Ouganda va suspendre temporairement l’accès à Internet
mardi 13 janvier 2026
Cette mesure intervient à moins de 48 heures des élections générales prévues le 15 janvier 2026 en Ouganda, au cours desquelles les électeurs devront choisir le président de la République et les membres du Parlement.
La Uganda Communications Commission (UCC) a ordonné la suspension temporaire de l’accès public à Internet et de certains services mobiles à compter de ce mardi à 18h00 locales, invoquant des impératifs de sécurité liés à la période électorale, rapportent plusieurs médias de la région.
Selon la directive publiée par le régulateur des télécommunications, la mesure concerne l’accès public à Internet, la vente et l’enregistrement des cartes SIM ainsi que le roaming sortant de données. Des exemptions ont toutefois été accordées aux services jugés essentiels, notamment dans les secteurs de la santé, de la banque et des services gouvernementaux.
Dans un communiqué cité par la presse locale, le directeur exécutif de l’UCC, Nyombi Thembo, a indiqué que cette décision faisait suite à une « forte recommandation du Comité inter-agences de sécurité. »
L’autorité de régulation a instruit l’ensemble des opérateurs de réseaux mobiles (MNOs) et des fournisseurs d’accès à Internet (ISPs) dûment agréés de mettre en œuvre cette suspension temporaire.
« Cette mesure est nécessaire pour atténuer la propagation rapide de la désinformation, de la mésinformation, de la fraude électorale et des risques connexes, ainsi que pour prévenir toute incitation à la violence susceptible d’affecter la confiance du public et la sécurité nationale durant la période électorale », précise la directive.
La suspension s’applique à l’ensemble du trafic Internet public, y compris les réseaux sociaux, la navigation web, le streaming vidéo, les services de messagerie et les courriels personnels. Elle couvre plusieurs types de connectivité, notamment l’Internet mobile, la fibre optique, les lignes louées, l’accès sans fil fixe, les liaisons radio micro-ondes et les services Internet par satellite.
L’UCC a toutefois établi une liste de services exemptés qui resteront opérationnels sous contrôle strict.
Il s’agit notamment des systèmes de santé des hôpitaux nationaux de référence, des réseaux bancaires centraux, des systèmes interbancaires de transfert et de compensation, des distributeurs automatiques de billets (DAB), des plateformes de paiement gouvernementales, des systèmes de vérification des électeurs de la commission électorale, des plateformes de gestion des services publics ainsi que des réseaux de contrôle du transport et de l’aviation.
Les outils de supervision et de gestion des réseaux, tels que les centres d’opérations réseau (NOC), les diagnostics de routage, la surveillance de la bande passante et les services de transit IP transfrontalier, resteront également accessibles, mais uniquement à du personnel autorisé et via des mécanismes sécurisés et préalablement approuvés.
Le régulateur a par ailleurs demandé aux opérateurs de désactiver les services VPN mobiles et mis en garde contre toute tentative de contournement. Les fournisseurs sont tenus de transmettre à l’UCC des registres détaillés des systèmes et comptes autorisés, de maintenir des journaux d’audit rigoureux et de signaler toute difficulté technique ou manquement dans un délai maximal de 30 minutes.
Tout manquement à ces instructions exposera les opérateurs à de lourdes sanctions. « Tout opérateur incapable de mettre en œuvre cette instruction devra procéder à l’arrêt total de son infrastructure Internet pour la durée de la suspension. Le non-respect entraînera des sanctions sévères, y compris des amendes et une possible suspension de licence », a averti Nyombi Thembo.
Cette mesure intervient à l’approche des élections générales prévues le 15 janvier 2026 en Ouganda, au cours desquelles les électeurs devront choisir le président de la République et les membres du Parlement.
Huit candidats sont en lice pour la présidentielle, dont le chef de l’État sortant Yoweri Museveni, du Mouvement de résistance nationale (NRM), et son principal challenger, Robert Kyagulanyi Ssentamu, leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP).
Les bureaux de vote doivent ouvrir de 7h00 à 16h00 locales et environ 21,6 millions d’électeurs inscrits sont attendus pour ce scrutin, organisé dans un contexte de préoccupations persistantes sur l’usage des plateformes numériques dans la diffusion de fausses informations durant les processus électoraux.
(Source : APAnews, 13 janvier 2026)
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