L’Ouganda mise sur la production locale d’appareils connectés pour réduire les coûts
jeudi 12 février 2026
Le gouvernement ougandais entend généraliser l’accès aux services numériques. Selon l’exécutif, la multiplication des liaisons internationales au cours des dernières années a contribué à réduire le coût de l’Internet.
Les autorités ougandaises appellent à la fabrication locale de téléphones et d’ordinateurs afin d’en réduire les coûts et de favoriser l’adoption des services numériques. L’annonce a été faite par le ministre des TIC et de l’Orientation nationale, Chris Baryomunsi (photo, à droite), lors d’une intervention le 10 février à l’Institut national de leadership de Kyankwanzi, rapportée par la presse locale.
« Si les prix des téléphones, des ordinateurs et de l’Internet baissent, les populations pourront effectuer des transactions via leurs téléphones, étudier en ligne et accéder plus facilement aux services. C’est l’objectif que poursuit le gouvernement », a déclaré M. Baryomunsi.
Cette initiative intervient alors que l’accessibilité des appareils capables de se connecter à Internet est considérée comme l’un des principaux obstacles à l’adoption du numérique, selon la GSMA. L’organisation note que, malgré la multiplication sur le continent de modèles de smartphones à moins de 100 dollars ces dernières années, ces appareils restent hors de portée pour de nombreuses personnes. La GSMA a récemment lancé une coalition avec des opérateurs africains pour développer des smartphones 4G à 30–40 dollars.
Au Kenya voisin, un partenariat public-privé a permis le lancement, en octobre 2023, d’une usine d’assemblage de smartphones low cost. En janvier dernier, les autorités ont indiqué que cinq millions d’appareils avaient déjà été assemblés dans le pays, commercialisés entre 6000 et 8000 shillings kényans (46,5 à 62,2 dollars).
Malgré ces coûts relativement bas, un rapport de la GSMA publié en octobre 2025 révèle que l’adoption des smartphones assemblés localement reste modeste. Les consommateurs les perçoivent souvent comme étant de moindre qualité et moins attractifs que les marques internationales bien connues telles qu’Infinix, Itel, Redmi ou Vivo, elles aussi présentes sur le segment des smartphones à bas coût. Selon la GSMA, ces observations montrent que les initiatives d’assemblage doivent être accompagnées de stratégies de construction de marque et de renforcement de la confiance des consommateurs pour concurrencer efficacement sur le marché.
Au-delà du smartphone ou des appareils d’accès à Internet, plusieurs autres facteurs influencent l’adoption et l’utilisation du numérique. Il s’agit notamment de la couverture réseau, du coût de l’Internet, des compétences numériques, de la disponibilité de contenus pertinents, de la qualité de l’expérience et des questions de sécurité ou de normes sociales.
Selon les données de l’Uganda Communications Commission (UCC), le pays comptait environ 45,7 millions d’abonnements mobiles actifs à fin septembre 2025, contre seulement 17 millions d’abonnements Internet actifs pour une population d’environ 50 millions d’habitants. Toutefois, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, le régulateur comptant chaque carte SIM connectée comme un abonné alors qu’une personne peut en posséder plusieurs. Le même raisonnement s’applique aux smartphones, dont le nombre s’élevait à environ 19 millions.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 12 février 2026)
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