L’ONU confie à Paul Kagame la coprésidence d’une commission mondiale sur l’IA
lundi 6 juillet 2026
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) pousse les instances internationales à adopter diverses mesures. L’ONU, via l’Union internationale des télécommunications (UIT), met en place cette commission.
L’UIT a annoncé le mercredi 1er juillet le lancement de la Commission mondiale AI for Good, coprésidée par le président rwandais Paul Kagame et Marc Benioff, PDG de l’entreprise américaine de logiciels Salesforce, avec Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’UIT, comme vice-présidente.
La commission réunit 44 membres fondateurs issus des sphères gouvernementale, industrielle et onusienne, avec pour mission de renforcer la confiance dans l’IA, d’élargir son accès aux pays en développement et d’accélérer son déploiement au service des défis mondiaux.
« La technologie est censée être une force au service du bien, et il est de notre responsabilité de l’utiliser en conséquence. Travaillons ensemble pour réduire les inégalités et permettre à davantage de nos citoyens de bénéficier de ce que l’IA peut apporter à tous », a déclaré Paul Kagame.
Un choix fondé sur des réalisations concrètes
Le choix de M. Kagame pour coprésider cette instance n’est pas anodin. Le Rwanda est l’un des rares pays africains à s’être doté d’une politique nationale d’intelligence artificielle, adoptée en avril 2023. Le pays a également créé le premier bureau africain dédié à l’IA responsable, rattaché à son ministère des TIC et de l’Innovation.
L’engagement de Paul Kagame dans la gouvernance mondiale de l’IA remonte à novembre 2023, date à laquelle le Rwanda a signé la Déclaration de Bletchley, un des premiers accords internationaux sur la sécurité de l’IA, adopté par 28 pays lors du premier AI Safety Summit organisé au Royaume-Uni. Le Rwanda était alors l’un des trois seuls pays africains signataires, avec le Nigeria et le Kenya.
Depuis, le pays a renforcé son positionnement. En avril 2025, Kigali a accueilli le premier Sommet mondial sur l’IA en Afrique, réunissant plus d’un millier de participants issus de 52 pays. L’événement a abouti à la création d’un fonds continental pour l’IA d’une ambition de 60 milliards de dollars. Le Rwanda préside par ailleurs la Smart Africa Alliance, un réseau de 40 chefs d’État africains engagés dans la transformation numérique du continent, dont Paul Kagame assure la présidence du conseil d’administration.
Sur le plan des résultats concrets, M. Kagame a indiqué que l’IA devrait contribuer à hauteur de 5 % au PIB du pays des mille collines, avec des déploiements déjà actifs dans l’agriculture (via des systèmes de conseil en Kinyarwanda sur WhatsApp et SMS), la santé et l’éducation. La Fondation Gates a par ailleurs porté ses engagements pour le Rwanda de 7,5 à 17,5 millions de dollars pour financer un Rwanda AI Scaling Hub dédié aux trois secteurs mentionnés.
La commission tiendra sa réunion inaugurale lors du Sommet mondial AI for Good 2026, prévu du 7 au 10 juillet à Genève, en Suisse, dans le cadre de la Geneva Digital Week, qui accueillera également le premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA.
Parmi les membres africains de la commission figurent Ralph Mupita (PDG de MTN Group), Bosun Tijani (ministre nigérian des Communications), Cina Lawson (ministre togolaise de la Transformation numérique), Emma Theofelus (ministre namibienne des TIC), Ngozi Okonjo-Iweala (directrice générale de l’OMC) et Lerato Dorothy Mataboge (commissaire de l’Union africaine chargée des infrastructures).
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 6 juillet 2026)
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