L’Éthiopie lance son premier poste de police intelligent
mardi 10 février 2026
A travers sa stratégie « Digital Ethiopia 2030 », le pays mise sur l’intégration du numérique dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Des initiatives ont déjà été menées dans les secteurs de la santé ou de l’agriculture.
Le Premier ministre de l’Éthiopie, Abiy Ahmed (photo, à droite), a inauguré le lundi 9 février le tout premier poste de police intelligent du pays, fonctionnant sans agents sur place. L’initiative vise à permettre aux citoyens d’accéder plus rapidement aux services de police grâce à la technologie, tout en renforçant la capacité de la police à intervenir rapidement et efficacement.
« Le lancement de ce service renforcera l’efficacité des réformes engagées pour rendre les institutions chargées de l’application de la loi plus performantes et compétitives, dans le cadre de l’initiative Digital Ethiopia 2030 », a déclaré le Premier ministre dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Le chef de la Police fédérale éthiopienne, le commissaire général Demelash Gebremichael (photo, à gauche), a expliqué que le poste de police intelligent permet de numériser les services policiers, offrant à la population la possibilité d’accéder facilement aux informations ou de signaler des délits, des accidents de la circulation et d’autres incidents, de manière autonome et sans contrainte.
Le poste de police numérique est équipé d’appareils numériques fonctionnant comme des guichets où les citoyens peuvent effectuer différentes démarches. Toutefois, il reste incertain si la population devra systématiquement se rendre dans ces postes pour accéder aux services ou si ceux-ci seront également disponibles via des applications mobiles sur smartphone.
Selon l’Ethiopian Broadcasting Corporation (EBC), les citoyens pourront signaler instantanément des crimes, accidents ou autres problèmes via un système entièrement automatisé, sans avoir besoin de se déplacer. Elle ajoute que la plateforme permettra de communiquer directement avec des responsables de haut rang et de suivre en temps réel l’évolution de son dossier depuis son téléphone.
Cette initiative soulève également des questions sur sa généralisation à l’échelle nationale, notamment pour garantir un accès proche des populations. Le fonctionnement continu du service dépendra d’une connexion Internet et d’une alimentation électrique fiables. Si le service est accessible à distance, la couverture réseau, la disponibilité d’appareils connectés et les compétences numériques des populations sont des facteurs à prendre en compte. La GSMA estimait qu’en 2023, près de 100 millions d’Éthiopiens n’avaient pas accès à l’Internet mobile.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 10 février 2026)
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