L’arrivée de Starlink au Sénégal n’est pas qu’une aubaine technologique
jeudi 5 février 2026
L’arrivée de Starlink au Sénégal n’est pas qu’une aubaine technologique à se frotter les mains. Si, à court terme, le service satellitaire d’Elon Musk apporte un soulagement réel aux populations des zones jadis marginalisées par l’accès à Internet, l’expérience des pays développés invite à une lecture beaucoup plus prudente.
Starlink opère aujourd’hui une constellation de plus de 5 500 satellites actifs, avec un objectif annoncé dépassant 12 000 unités. Cette infrastructure permet une collecte et un transit massif de données transfrontalières, hors du contrôle direct des États hôtes. Aux États-Unis et en Europe, plusieurs autorités de régulation ont déjà exprimé des inquiétudes. En 2023, des rapports parlementaires européens ont souligné l’absence de transparence sur la localisation, la conservation et l’exploitation des données utilisateurs, alors que Starlink reste soumis au droit américain, notamment au Cloud Act, qui autorise l’accès des agences fédérales aux données hébergées par des entreprises américaines, y compris à l’étranger… Le même soucis relativement à Tiktok dans la préoccupation américaine quant aux risques d’ingérences chinoises…
Des chiffres parlent d’eux-mêmes : selon des estimations sectorielles, un terminal Starlink peut générer plusieurs gigaoctets de métadonnées par jour, exploitables à des fins commerciales, sécuritaires ou stratégiques. Certains pays, comme la France ou le Canada, ont exigé des audits et filtres renforcés, tandis que d’autres ont gelé ou limité des licences en raison de risques liés à la souveraineté numérique.
Dans nos pays sous-développés comme le Senegal, où la capacité d’investigation technologique, d’audit indépendant et de cybersurveillance demeure faible à INEXISTANTE, Starlink devient bien plus qu’un fournisseur d’accès. Il constitue un levier EFFECTIF de dilution de la souveraineté nationale, notamment dans le champ sensible de la sécurité nationale. Sans cadre juridique robuste, maîtrise locale des flux et contrôle effectif des données, l’enthousiasme populaire VA SÛREMENT masquer une dépendance stratégique aux conséquences FÂCHEUSES… Et demain nous dirions, qui en savait autant de nos choix ?
Demba Ndiaye
(Source : Facebook, 5 février 2026)
OSIRIS