L’Angola veut renforcer le poids du numérique dans son économie. Comme de nombreux pays africains, il se tourne vers ce secteur, porté par la révolution technologique en cours dans le monde.
Les autorités angolaises ont réaffirmé leur ambition d’accroître la contribution du secteur numérique au produit intérieur brut (PIB) du pays.
C’est Ângelo Buta João, secrétaire d’État aux Télécommunications et aux Technologies de l’information, qui l’a annoncé lors de l’ouverture de la 3e réunion élargie du Conseil d’administration d’Angola Telecom le vendredi 15 mai.
Cette ambition s’inscrit dans un contexte de diversification économique devenue urgente puisque l’industrie pétrolière et gazière représente encore environ 30 % du PIB angolais. Ce secteur constitue également la principale source de revenus de l’État, avec plus de 70 % des recettes publiques et 90 % des exportations qui en dépendent directement.
À l’échelle du continent, l’économie numérique devrait représenter 5,2 % du PIB africain en 2025, soit 180 milliards USD, avec des projections atteignant 712 milliards USD d’ici 2050, selon le réseau international d’entrepreneurs à fort impact Endeavor dans un rapport intitulé « Le point d’inflexion : l’économie digitale en Afrique est sur le point de décoller », publié en 2022.
De leur côté, les autorités angolaises n’ont communiqué aucun chiffre officiel précis sur la contribution actuelle du numérique au PIB national ni sur l’objectif visé, un flou qui affaiblit la portée de l’annonce.
Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le pays a enregistré une croissance de 4,4 % en 2024, tirée notamment par le secteur non pétrolier qui a progressé de 5,3 %, un signal encourageant pour la diversification. La stratégie numérique s’appuie sur plusieurs leviers concrets tels que le déploiement de la fibre optique, l’extension de la couverture mobile, le développement des services publics en ligne et surtout le satellite Angosat-2.
Sur ce dernier point, les résultats sont tangibles. En 2025, Angosat-2 est entré en phase d’exploitation commerciale, avec des opérateurs comme Angola Telecom, MSTelcom et Startel qui s’appuient désormais sur ses capacités pour élargir leur couverture. La pénétration d’Internet en Angola est passée de 32,6 % début 2023 à près de 45 % au début de l’année 2025, selon les données de DataReportal.
Grâce au projet Conecta Angola, qui utilise le satellite pour desservir les zones reculées, environ 366 000 personnes réparties dans 14 provinces du pays ont pu accéder à Internet en octobre 2024. Le satellite angolais suscite par ailleurs un intérêt régional croissant : la Namibie, la Tanzanie et le Botswana ont récemment manifesté leur intérêt pour ses capacités afin de renforcer leurs propres infrastructures de connectivité.
Reste que l’Angola accuse un retard structurel par rapport aux locomotives numériques du continent telles que le Kenya, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud. À défaut d’une feuille de route chiffrée, l’ambition angolaise reste pour l’heure un objectif politique, alors qu’en matière de transformation numérique, les ambitions ne se traduisent pas automatiquement en points de PIB.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 18 mai 2026)
OSIRIS
L’Angola veut accroître la contribution du numérique à son PIB