L’Algérie renforce ses capacités d’observation de la Terre avec le satellite Alsat‑3A
vendredi 16 janvier 2026
Portée par la montée des besoins en données, en sécurité et en planification territoriale, l’Afrique accélère ses investissements spatiaux. Dans un contexte de concurrence régionale croissante, l’Algérie renforce sa présence orbitale avec un nouveau satellite.
Le jeudi 15 janvier, l’Algérie a placé sur orbite son troisième satellite d’observation, Alsat‑3A, depuis la base de lancement de Jiuquan, en Chine. L’opération a été supervisée par le général d’armée Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état‑major de l’Armée nationale populaire.
Fruit d’un partenariat entre l’Agence spatiale algérienne (ASAL) et la China Aerospace Science and Technology Corporation, Alsat‑3A est conçu pour fournir des images à haute résolution, avec un champ d’observation de 17,5 km et une répétitivité de trois jours. Ces capacités visent à renforcer la cartographie nationale, les modèles numériques d’élévation et plusieurs applications stratégiques liées à l’aménagement du territoire, à la gestion des ressources naturelles et à la prévention des risques majeurs.
Le satellite vient compléter la constellation nationale, déjà composée des Alsat‑2A et Alsat‑2B, et s’inscrit dans la continuité du Programme spatial national (PSN), qui promeut une utilisation pacifique, structurée et durable de l’espace. Selon le ministère de la Défense nationale, le lancement d’Alsat‑3A, auquel ont contribué des experts algériens, constitue une étape supplémentaire vers le renforcement de la souveraineté technologique du pays, en consolidant ses capacités de renseignement géospatial et ses infrastructures de données à forte valeur ajoutée.
Au‑delà des enjeux nationaux, cette avancée s’inscrit dans un marché spatial africain en pleine expansion. Le continent compte aujourd’hui plus de 21 pays dotés de programmes spatiaux et 18 ayant déjà lancé au moins un satellite, pour un total combiné d’environ 65 satellites, selon les données sectorielles. Plus de 120 satellites supplémentaires sont actuellement en développement, avec des lancements attendus d’ici 2030.
Dans ce paysage, l’Algérie figure parmi les pays africains les plus actifs, aux côtés de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, du Nigeria, du Maroc et de l’Angola, qui ont multiplié les investissements dans les infrastructures spatiales. Le déploiement d’Alsat‑3A pourrait ainsi renforcer la position du pays sur le segment stratégique de l’observation de la Terre, porté par la demande croissante en données satellitaires pour la sécurité, le développement durable et la planification territoriale.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 16 janvier 2026)
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