L’Algérie lance deux satellites en quinze jours et confirme ses ambitions spatiales
lundi 2 février 2026
Avec Alsat‑3A et Alsat‑3B, l’Algérie consolide sa constellation satellitaire, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’observation de la Terre, la gestion des ressources et la prévention des catastrophes.
Deux semaines seulement après le lancement du satellite Alsat‑3A, l’Algérie a procédé le samedi 31 janvier à la mise en orbite du satellite Alsat‑3B. L’opération s’est déroulée depuis le centre spatial de Jiuquan, au nord‑ouest de la Chine, sous la supervision du général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état‑major de l’Armée nationale populaire (ANP), depuis la station terrestre de télédétection à Alger.
« Je félicite personnellement les cadres et personnels de l’Agence Spatiale Algérienne (ASAL), ainsi que les services de l’ANP, pour la concrétisation de ces projets. Je les exhorte à utiliser les connaissances et expériences acquises pour maîtriser parfaitement ces satellites et poursuivre le développement des technologies spatiales en Algérie », a déclaré le général Chanegriha.
Fruit de la coopération entre l’ASAL et la China Aerospace Science and Technology Corporation, Alsat‑3B complète la constellation nationale qui comprend déjà Alsat‑1B, 1N, 2A, 2B et 3A. Le satellite fournit des images à haute résolution, essentielles pour la cartographie nationale, les modèles numériques d’élévation et de multiples applications stratégiques, allant de la gestion des ressources naturelles à la prévention des catastrophes et à la surveillance environnementale.
Le lancement d’Alsat‑3B joue également un rôle dans la souveraineté numérique et stratégique du pays, en réduisant la dépendance aux données étrangères et en consolidant l’autonomie de l’État. Le programme Alsat‑3 s’inscrit dans le Programme spatial national (PSN), qui vise à exploiter l’espace de manière structurée, pacifique et durable, tout en développant les capacités nationales en géo‑intelligence et en télécommunications spatiales.
Sur le plan continental, l’économie spatiale africaine devrait atteindre 22,64 milliards de dollars d’ici 2026, selon Space in Africa. Cette montée en puissance répond à des enjeux structurels majeurs : insécurité alimentaire, changement climatique, déficits infrastructurels et gestion des catastrophes naturelles. Les technologies spatiales (observation de la Terre, télécommunications par satellite, navigation et positionnement) offrent des alternatives innovantes, rentables et évolutives aux approches traditionnelles, améliorant la productivité agricole, la planification des infrastructures et la prévention des risques.
Au‑delà des applications techniques, le programme Alsat‑3 représente également un levier pour le développement des compétences locales. L’implication active de l’ANP et de l’ASAL dans la maîtrise et l’exploitation des satellites contribue à former une main‑d’œuvre spécialisée, capable de soutenir l’industrie spatiale émergente du pays et d’exporter des services à forte valeur ajoutée vers le continent.
Enfin, cette constellation spatiale ouvre des perspectives pour une coopération régionale renforcée, permettant à l’Afrique de mieux exploiter les données géospatiales pour la sécurité alimentaire, la gestion des ressources et la planification territoriale. L’Algérie consolide ainsi sa position parmi les acteurs africains majeurs du spatial, aux côtés de pays comme l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud, en combinant expertise nationale, maîtrise technologique et partenariats internationaux.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 2 février 2026)
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