L’Algérie accentue la pression sur les opérateurs télécoms pour couvrir les axes routiers
jeudi 7 mai 2026
La transformation numérique en cours en Afrique nécessite une connectivité généralisée et fiable. Le continent reste toutefois confronté à des insuffisances de couverture et à des disparités de qualité de service.
Les autorités algériennes renforcent la pression sur les opérateurs télécoms afin d’améliorer la couverture et la qualité des services sur les principaux axes routiers du pays. Le gouvernement avertit que tout manquement aux engagements pris exposera les opérateurs aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
La question a été examinée lors d’une réunion de travail tenue le mercredi 6 mai et consacrée au suivi de l’état des réseaux de télécommunications et de la qualité des services à travers le territoire national. Présidée par Sid Ali Zerrouki (photo), ministre des Postes et des Télécommunications, la rencontre a réuni le président de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), ainsi que des représentants des opérateurs de téléphonie mobile.
Les discussions ont notamment porté sur la couverture et la qualité des services le long de l’autoroute Est-Ouest, après l’expiration des délais accordés aux opérateurs pour assurer la couverture requise. Les autorités ont également fixé de nouveaux délais pour l’extension et l’amélioration de la couverture sur plusieurs axes stratégiques Nord-Sud, notamment les routes nationales n°1, 3 et 6. Les tronçons traversant les régions désertiques et éloignées sont particulièrement ciblés afin de garantir la continuité des services télécoms sur l’ensemble du territoire.
Les axes routiers, un enjeu économique et sécuritaire
Cette pression accrue sur les opérateurs s’inscrit dans une stratégie plus large visant à généraliser l’accès aux services télécoms et à améliorer la qualité de service dans tout le pays. Les principaux axes routiers sont considérés comme stratégiques en raison de leur importance pour les déplacements des populations et le transport des marchandises.
Pour les autorités, la qualité des services télécoms sur ces corridors représente également un enjeu économique, social et sécuritaire. Elle contribue à la sécurité des usagers, à la fluidité des transports et au soutien des activités économiques, notamment dans les zones éloignées et désertiques.
Des sanctions financières et administratives prévues par la loi
La législation algérienne prévoit un dispositif de sanctions contre les opérateurs qui ne respectent pas leurs obligations en matière de couverture et de qualité de service. En cas de manquement, l’ARPCE peut d’abord mettre l’opérateur en demeure de se conformer à ses obligations dans un délai de 30 jours.
En l’absence de régularisation, le régulateur peut infliger des sanctions financières pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires hors taxes du dernier exercice clos, voire 10 % en cas de récidive. Pour les opérateurs ne disposant pas d’activité antérieure de référence, les pénalités peuvent atteindre 15 millions de dinars algériens (environ 113 500 $), montant porté à 30 millions de dinars en cas de nouvelle violation.
Si les manquements persistent malgré ces sanctions, le ministre chargé des Communications électroniques peut, sur proposition de l’ARPCE, prendre des mesures plus lourdes, allant de la suspension partielle ou totale de la licence jusqu’à son retrait définitif. La réglementation prévoit toutefois des dispositions visant à assurer la continuité des services et à protéger les intérêts des abonnés.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 7 mai 2026)
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