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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Avril 2026 > « L’Afrique risque de rester un simple marché d’exploitation algorithmique »

« L’Afrique risque de rester un simple marché d’exploitation algorithmique »

vendredi 17 avril 2026

Portrait/Entretien

Emmanuel Elolo Agbenonwossi est consultant international en cyberdiplomatie, gouvernance du numérique et expert en politiques d’IA. Ce Togolais a contribué à l’élaboration de la stratégie nationale d’IA de la Guinée pour le compte du PNUD, et s’est imposé comme l’une des voix africaines les plus engagées sur les questions de souveraineté numérique.

Actif au sein de la communauté Internet Society et l’ICANN depuis le NetMundial en 2014 et consultant de Smart Africa, il a joué un rôle central dans la mobilisation internationale autour de la crise d’Afrinic, le registre africain des adresses IP, dont la survie a été menacée par une tentative de captation aux ramifications internationales.

Dans cet entretien avec l’Agence Ecofin, il livre une analyse sans concession sur l’état réel de la transformation numérique africaine : stratégies d’IA trop souvent symboliques, déficits de financement structurels, fragilité des institutions numériques du continent et nécessité de construire une gouvernance de l’IA ancrée dans les réalités et les philosophies africaines.

Agence Ecofin : Vous avez contribué à l’élaboration de la stratégie nationale d’intelligence artificielle de la Guinée. Dans un continent où les financements extérieurs conditionnent souvent l’agenda des réformes numériques, dans quelle mesure ces stratégies sont-elles véritablement africaines dans leur conception, leurs priorités et leurs arbitrages ?

Emmanuel Elolo Agbenonwossi (EEA) : La question de l’« africanité » des stratégies d’intelligence artificielle doit être appréhendée à travers une grille d’analyse technique intégrant les dimensions normatives, opérationnelles et capacitaires. Si les financements extérieurs jouent un rôle d’impulsion, leur influence s’inscrit dans des architectures nationales qui reposent sur des cadres juridiques et réglementaires en cours de structuration, incluant la protection des données, la cybersécurité, la gouvernance algorithmique et, de manière croissante, les principes d’éthique de l’IA. Ces cadres visent à encadrer les usages, à prévenir les risques systémiques et à garantir l’alignement des systèmes d’IA avec les valeurs sociales et les priorités de développement. Parallèlement, les stratégies nationales s’articulent avec des politiques numériques existantes, tout en intégrant des exigences spécifiques à l’IA telles que l’accès à des capacités de calcul, la disponibilité de jeux de données de qualité et la structuration d’un écosystème scientifique capable de soutenir la recherche, l’expérimentation et l’innovation. L’enjeu central réside dans la capacité à internaliser ces composantes pour éviter une dépendance structurelle et favoriser une appropriation souveraine des technologies.

Dans le cas de la Guinée, l’approche méthodologique a consisté à établir un diagnostic approfondi de l’état de préparation à l’IA, fondé sur 78 entretiens couvrant l’ensemble de l’écosystème national. Cette analyse a permis d’évaluer le capital humain spécialisé, en particulier les compétences en science des données, en ingénierie des systèmes et en gouvernance de l’IA, ainsi que les dispositifs de formation et de recherche existants. Elle a également porté sur les capacités de calcul disponibles, qu’il s’agisse d’infrastructures locales ou d’un recours aux services cloud, sur la structuration du dispositif scientifique et sur la disponibilité de données pertinentes pour des cas d’usage prioritaires. Une attention particulière a été accordée aux besoins concrets exprimés par les secteurs clés tels que la santé, l’agriculture, l’administration publique ou l’éducation, afin d’ancrer la stratégie dans des applications à fort impact. L’évaluation a enfin intégré les contraintes liées aux infrastructures numériques et énergétiques, déterminantes pour le déploiement de solutions d’IA à l’échelle. Cette démarche a permis de produire une lecture cohérente des écarts structurels et des leviers d’action, en vue d’orienter les choix publics vers une trajectoire réaliste, éthique et alignée sur les priorités nationales.

AE : Concrètement, comment résiste-t-on à la pression du bailleur dans la définition d’une stratégie comme celle de la Guinée ?

EEA : Le bailleur souhaitait une stratégie sur trois ans. En tant que consultant ayant réalisé le diagnostic national, nous avons proposé une approche différente : trois ans, c’est trop court pour une stratégie de transformation numérique quand les infrastructures nécessitent des investissements colossaux et que la technologie évolue très rapidement.

Nous avons donc plaidé pour une vision décennale structurée en trois phases : d’abord une phase de fondation : poser les infrastructures essentielles, développer un cloud souverain, augmenter la capacité de calcul, former des ingénieurs. La Guinée ne disposait d’aucun supercalculateur, ni dans les universités ni dans le secteur public. Ensuite une phase de déploiement dans le secteur public, puis une phase d’accélération.

Sur la décennie, l’objectif était de former 5000 ingénieurs et de monter en compétence 50 000 agents publics sur les outils d’IA.

L’IA constitue la seule révolution technologique qu’aucun pays ne maîtrise encore totalement. C’est une fenêtre d’opportunité exceptionnelle.

AE : L’IA est-elle aujourd’hui une vraie urgence pour des États africains qui ont encore tout à construire sur le plan des infrastructures de base ?

EEA : C’est une urgence, sans aucun doute. On dit souvent que l’Afrique a raté les précédentes révolutions industrielles. Même si je nuance ce récit, car l’Afrique y a contribué en matières premières et en travail contraint. Mais l’intelligence artificielle constitue la seule révolution technologique qu’aucun pays ne maîtrise encore totalement. C’est une fenêtre d’opportunité exceptionnelle.

Le déséquilibre est pourtant réel : l’Afrique représente 17 % de la population mondiale, mais produit moins de 1 % des technologies d’IA développées à l’échelle planétaire. Sans stratégie volontariste, le continent risque de rester un simple marché d’exploitation algorithmique, comme le caoutchouc envoyé brut vers les usines de la révolution industrielle.

Trois impératifs s’imposent selon moi. Premièrement, éviter la marginalisation en construisant des capacités propres. Deuxièmement, développer des usages contextualisés : l’IA appliquée à l’agriculture de précision, à la gestion énergétique, à la santé, là où l’économie réelle africaine en a le plus besoin, pas là où l’Europe l’applique parce que ses propres enjeux le dictent.

Troisièmement, et c’est fondamental, financer réellement ces stratégies. Des études montrent que si la moitié des pays africains ont publié une stratégie IA, une minorité seulement dispose des budgets dédiés pour l’exécuter.

AE : Justement, où en est-on sur la mise en œuvre réelle de ces stratégies ? Car un document de politique publique n’est pas une politique publique.

EEA : Le vrai problème en Afrique, ce n’est pas la production de stratégies. Les stratégies actives dans nos pays sont concurrentes, souvent contradictoires, chacune alignée sur les priorités d’un bailleur différent. Le principal déficit que j’ai identifié dans les différentes évaluations que j’ai conduites sur le continent, c’est le financement de la mise en œuvre, pas la capacité à rédiger.

C’est pourquoi la meilleure approche consiste souvent à interroger chaque bailleur sur ses priorités pour les cinq prochaines années, identifier où l’IA s’inscrit dans ces priorités, puis aligner la stratégie nationale en conséquence. Ce n’est pas l’idéal en termes de souveraineté, mais c’est du réalisme car dans les pays du Nord, les stratégies numériques sont financées par le secteur privé et l’Etat.

En Afrique, tant que nous n’avons pas de fonds souverains capables de financer une stratégie de bout en bout, les bailleurs conservent une certaine place. Il faut se le dire clairement.

Quand moins de 500 000 personnes sont connectées dans un pays, aucun investisseur rationnel n’y concentrera ses ressources. C’est pour cela que l’accélération du marché numérique unique est la priorité absolue. Le roaming sous-régional qui commence à émerger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c’est faisable.

AE : Comment mobiliser le secteur privé africain sur le numérique et l’IA, dans des économies à faible pouvoir d’achat et aux marchés très fragmentés ?

EEA : Le problème est structurel. Quand peu de personnes sont connectées dans un pays, aucun investisseur rationnel n’y concentrera ses ressources. C’est pour cela que l’accélération du marché numérique unique est, pour moi, la priorité absolue. Nos pays ont les mêmes réalités agricoles, les mêmes défis en matière de santé, de logistique. Une solution développée pour un marché de 500 000 utilisateurs ne sera jamais viable. Développée pour un marché de 400 millions d’habitants dans l’espace CEDEAO, elle peut l’être.

Ce marché unique, je le conçois autour de trois piliers. D’abord le partage d’infrastructures : chaque pays apporte ce qu’il a de meilleur, qu’il s’agisse de capacité de data center, d’énergie ou de bande passante. L’interopérabilité des systèmes de paiement, pour qu’une startup togolaise puisse encaisser dans toute la sous-région sans recourir à des solutions étrangères. Et la portabilité des identités numériques, pour qu’un citoyen se déplace en Afrique comme on circule dans l’Union européenne. Ce n’est pas utopique : le roaming sous-régional qui commence à émerger entre certains pays de la CEDEAO nous montre que c’est faisable.

Sur les start-up, je veux être direct : une start-up qui survit cinq ans grâce aux concours et aux subventions n’est pas une start-up viable. Ce dont nous avons besoin, ce sont des champions nationaux que les États accompagnent jusqu’au scale-up, pas seulement au stade du prototype.

AE : Les instances continentales comme Smart Africa, le Conseil africain de l’IA, les déclarations de l’UA sont-elles, selon vous, de vrais leviers d’action, ou surtout des drapeaux symboliques ?

EEA : Il y a eu trop d’empilements symboliques de cadres normatifs en Afrique. Nous avons suivi la tendance mondiale à élaborer des politiques publiques sans mécanismes de financement, sans indicateurs d’évaluation, sans calendrier d’exécution. Pour moi, la priorité de la prochaine décennie, qui sera la décennie de l’IA, n’est pas la production de nouvelles déclarations ou de nouveaux conseils scientifiques. C’est la consolidation institutionnelle.

Une stratégie n’est crédible que quand elle est financée. Elle n’est crédible que quand on peut en mesurer les résultats à la fin de chaque cycle. Si nous voulons saisir l’opportunité de cette décennie, il faudra avoir le courage de faire des choses que nous n’avons jamais faites : financer sur fonds propres, mesurer, rendre compte, consolider plutôt qu’empiler.

AE : Vous avez été très actif dans la crise d’Afrinic, le registre africain des adresses IP, qui a traversé plusieurs années de dysfonctionnement institutionnel, d’élections annulées et de batailles judiciaires, toujours en cours d’ailleurs. Que révèle cette crise sur la capacité de l’Afrique à gérer ses propres institutions numériques ?

EEA : La crise d’Afrinic est l’un des paradoxes les plus préoccupants de la gouvernance numérique africaine. Afrinic est la seule infrastructure numérique que les Africains ont réellement construite eux-mêmes, au prix d’un accouchement difficile en 2005, à l’époque, aucun pays au monde ne faisait confiance aux Africains pour gérer un registre d’adresses IP sans compromettre le routage mondial. Vingt ans plus tard, cette institution est devenue une cible.

La crise est née d’une vulnérabilité que nos États n’avaient pas identifiée : l’Afrique détient moins de 5 % des adresses IPv4 mondiales pour 17 % de la population de la planète. Un opérateur privé — une société-écran enregistrée aux Seychelles, contrôlée par un ressortissant chinois — a compris que ces adresses africaines, sous-utilisées et peu surveillées, avaient une valeur considérable sur le marché noir mondial.

En corrompant un agent du registre, cet acteur a obtenu des millions d’adresses IP, devenant ainsi le troisième plus gros détenteur d’adresses sur le continent, devant MTN et Orange qu’il louait ensuite jusqu’à 41 $ l’unité à des sites illicites. Quand Afrinic a voulu récupérer ces adresses, cet acteur a asphyxié juridiquement le registre avec une cinquantaine de procédures simultanées devant les juridictions mauriciennes, paralysant ses comptes, empêchant le renouvellement de son Conseil d’administration et forçant le départ de son directeur général.

AE : Comment la situation a-t-elle finalement évolué ?

EEA : La sortie de crise a été le fruit d’une stratégie à plusieurs niveaux sur plusieurs années. Avec Smart Africa, nous avons d’abord mené un travail de pédagogie et de sensibilisation auprès des 2300 membres du registre, pour qu’ils comprennent ce qu’Afrinic représente réellement, non pas une association de techniciens, mais une infrastructure critique de souveraineté numérique pour tout le continent.

Nous avons également conduit plusieurs réunions ministérielles en ligne, à Istanbul, Seattle, Prague pour convaincre les gouvernements d’impliquer directement leurs directeurs d’opérateurs dans le processus électoral, ce qui a permis d’invalider les 800 procurations que l’acteur en question avait collectées à prix d’argent. Les élections de septembre 2025, boycottées par l’acteur en cause, ont finalement donné 7 des 8 sièges du conseil d’administration à la liste soutenue par Smart Africa.

Cette crise révèle combien la souveraineté numérique africaine peut être un colosse aux pieds d’argile : l’institution la plus stratégique du numérique africain était une simple association de droit mauricien, sans protection par traité international, sans reconnaissance en tant qu’organisation continentale. C’est cela qu’il faut corriger en priorité.

La société civile africaine est structurellement désarmée… Elle est financée par des bourses et des fellowships accordés par ces mêmes acteurs étrangers. Elle se retrouve à discuter des agendas qu’on lui propose, non ceux qu’elle a construits.

AE : Vous parlez d’un réseau de corruption. Où étaient les sociétés civiles africaines dans cette affaire ? Pèsent-elles vraiment dans les espaces de gouvernance mondiale de l’Internet ?

EEA : Franchement, non. Et je peux le dire avec l’autorité d’une personne qui participe à ces forums depuis 2016 : la société civile africaine y est présente, parfois massivement en termes de nombre de participants, mais elle est structurellement désarmée. Elle participe, mais elle ne pèse pas.

La raison est simple et profonde à la fois : les sociétés civiles américaine et européenne qui siègent dans ces forums sont adossées à des acteurs privés puissants qui les financent et leur fournissent des expertises juridiques et techniques de haut niveau. Ce ne sont pas des représentants d’utilisateurs innocents. Ce sont, pour beaucoup, des lobbyistes qui défendent les intérêts de Google, d’Amazon ou d’Alibaba dans des habits de société civile.

La société civile africaine, elle, est financée par des bourses et des fellowships accordés par ces mêmes acteurs étrangers. Elle se retrouve donc à discuter des agendas qu’on lui propose, non ceux qu’elle a construits. Dans les négociations sur le Pacte numérique mondial, combien de gouvernements africains ont réussi à faire inscrire leurs priorités réelles dans le texte final ? La question mérite d’être posée sans complaisance.

Aujourd’hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacité de les auditer, de vérifier les mécanismes de sécurité, d’en contrôler l’architecture. Localiser les données ne suffit pas.

AE : Qu’implique concrètement la souveraineté numérique pour les États africains aujourd’hui ?

EEA : La souveraineté numérique, ce n’est pas seulement voter des lois et signer des déclarations. C’est une question d’infrastructures, de données, de capacités humaines et de contrôle technologique. Et sur ces quatre dimensions, l’Afrique part de très loin.

Sur les infrastructures, la plupart des câbles sous-marines qui connectent notre continent sont financées et contrôlées par des acteurs étrangers. Les backbones terrestres sont majoritairement équipés par le secteur privé étranger.

Sur les données, l’Afrique ne dispose pas de cloud souverain. Nos données étatiques pour la plupart sont hébergées ailleurs. On ne peut pas parler de souveraineté dans ces conditions. Sur la connectivité, elle se limite aux zones urbaines dans la plupart de nos pays, les populations rurales un peu abandonnées. Sur la capacité de calcul : nos universités et nos États n’en ont quasiment pas.

Aujourd’hui, quand des pays africains construisent des data centers, il faut que les Africains aient la capacité de les auditer, de vérifier les mécanismes de sécurité, d’en contrôler l’architecture. Sans cette capacité d’audit et de contrôle, localiser les données ne suffit pas. Ce sont ces fondations structurelles qu’il faut poser si l’on veut que la souveraineté soit autre chose qu’un mot d’ordre.

Le Fa est un système de savoir, d’anticipation et de prédiction, ce que nous appellerions aujourd’hui un système d’aide à la décision. Ce qui est frappant, c’est la prudence constitutive du système : on ne tranche pas sans avoir épuisé les possibilités d’interprétation. Les systèmes d’IA actuels « hallucinent » précisément parce que cette prudence-là leur fait défaut.

AE : Vos récents travaux explorent une gouvernance de l’IA ancrée dans les philosophies africaines notamment le Fa, ce système divinatoire du Golfe de Guinée. Est-ce là une piste sérieuse, ou une forme d’afrocentrisme militant ?

EEA : C’est une conviction intellectuelle et politique que je défends sérieusement. L’Afrique n’a pas vocation à reproduire mécaniquement les cadres normatifs élaborés au Nord, conçus à partir d’une anthropologie et d’une histoire qui ne sont pas les siennes. La gouvernance de l’intelligence artificielle sur le continent doit émerger d’une matrice propre, ancrée dans nos réalités sociales, nos structures communautaires et nos philosophies politiques.

J’ai mobilisé notamment la philosophie de l’Ubuntu « Je suis parce que nous sommes » comme fondement éthique pour l’IA. Cette philosophie rappelle que la personne n’existe qu’à travers la relation qu’elle entretient avec sa communauté. Elle nous invite à penser la responsabilité algorithmique, la souveraineté des données et la justice technologique à partir du lien social, plutôt qu’à partir du seul contrat juridique individuel.

Sur le Fa, le système divinatoire du Golfe de Guinée, il y a une richesse mathématique, algorithmique et mémorielle considérable. Le Fa est un système de savoir, d’anticipation et de prédiction. Ce que nous appellerions aujourd’hui un système d’aide à la décision. Ce qui est frappant, c’est la prudence constitutive de ce système : on ne tranche pas sans avoir épuisé les possibilités d’interprétation. Les systèmes d’IA actuels « hallucinent », produisent des erreurs factuelles présentées avec assurance, précisément parce que cette prudence-là leur fait défaut. Intégrer cette logique dans la conception de systèmes d’IA africains est une piste sérieuse.

L’enjeu n’est pas de rejeter les normes internationales, ni de se refermer sur soi. C’est de les contextualiser, de les reformuler sous le prisme de nos philosophies, pour contribuer au débat mondial depuis une perspective qui nous appartient. Une gouvernance africaine de l’IA digne de ce nom ne serait pas une déclinaison de ce qui se décide à Bruxelles ou à Washington. Ce serait un modèle endogène, capable d’articuler dignité humaine, solidarité communautaire et souveraineté technologique et de l’apporter comme contribution au concert mondial.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

(Source : Agence Ecofin, 17 avril 2026)

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