OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mai 2026 > L’Afrique découvre que la souveraineté numérique se mesure désormais en (…)

L’Afrique découvre que la souveraineté numérique se mesure désormais en mégawatts

jeudi 21 mai 2026

Politiques africaines

Le numérique donnait jusqu’ici l’impression d’avoir échappé aux vieilles contraintes de la géographie, de l’énergie et des infrastructures. Les débats portaient surtout sur les algorithmes, les données, les semi-conducteurs ou les talents technologiques. Mais la course mondiale à l’intelligence artificielle rappelle une évidence beaucoup plus matérielle : derrière chaque infrastructure d’IA se cache d’abord une question énergétique.

Au Kenya, cette réalité vient de ressurgir de manière spectaculaire. Près de deux ans après l’annonce en grande pompe du projet de centre de données porté par Microsoft et le groupe émirati G42, les discussions avancent plus lentement que prévu. Les difficultés portent naturellement sur les garanties financières, mais surtout sur les besoins énergétiques de l’infrastructure. Le président William Ruto lui-même a récemment reconnu qu’il faudrait presque « couper l’électricité dans la moitié du pays » pour alimenter une installation de cette taille. Si la formule a frappé les esprits, elle dit surtout quelque chose de beaucoup plus profond sur la nouvelle économie mondiale qui se dessine.

L’IA donne une valeur encore plus stratégique à l’électricité

Le problème dépasse très largement le cas du Kenya. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation électrique mondiale des centres de données pourrait presque doubler d’ici 2030 sous l’effet de l’explosion de l’intelligence artificielle.

Derrière les promesses de souveraineté numérique, l’IA replace les États face à une équation très classique : sans énergie abondante, stable et pilotable, il n’y aura ni cloud souverain ni puissance de calcul durable. Mieux, la capacité à produire et sécuriser de grandes quantités d’électricité devient progressivement l’un des principaux déterminants de la hiérarchie numérique mondiale.

C’est précisément ce qui rend la situation africaine paradoxale, alors que McKinsey prédit que la demande en data centers du continent sera multipliée par plus de trois d’ici la fin de la décennie. Au moment même où le continent cherche à accélérer sa transition numérique, l’IA transforme les infrastructures énergétiques en actifs géopolitiques majeurs et l’Afrique doit composer avec des systèmes électriques encore fragiles, coûteux ou insuffisamment interconnectés.

L’Afrique possède des actifs énergétiques très recherchés

Le paradoxe ne signifie pourtant pas que le continent soit condamné à rester à l’écart. Au contraire, l’Afrique dispose probablement de certains des actifs énergétiques les plus stratégiques de la future économie numérique mondiale. Hydroélectricité, solaire, géothermie, potentiel éolien, hydrogène vert… plusieurs régions africaines disposent de ressources considérables à l’heure où les grandes puissances et les géants technologiques cherchent des capacités énergétiques capables d’alimenter leurs infrastructures numériques.

Longtemps considérées principalement sous l’angle de l’accès à l’électricité ou de la transition énergétique, ces ressources prennent une valeur nouvelle. Le choix d’Olkaria par Microsoft et G42 n’a d’ailleurs rien d’anodin. La région est connue pour son important potentiel géothermique, souvent présenté comme l’une des sources d’énergie renouvelable les plus stables du continent.

Les géants du cloud ne cherchent plus seulement des marchés ou des utilisateurs. Ils cherchent aussi des territoires capables de produire l’énergie nécessaire à leurs infrastructures numériques. Et c’est justement là que commence le véritable enjeu stratégique pour l’Afrique.

La question n’est plus seulement de savoir si le continent participera à la révolution de l’intelligence artificielle. Il s’agit désormais de déterminer sous quelle forme il y participera. L’Afrique construira-t-elle sa propre souveraineté numérique autour de ses capacités énergétiques et de ses infrastructures de calcul ? Ou deviendra-t-elle surtout un territoire énergétique destiné à alimenter les infrastructures cloud et les ambitions technologiques des autres ?

Derrière les mégawatts nécessaires aux data centers et à l’intelligence artificielle se joue aussi une partie de l’avenir industriel du continent. Mines, transformation locale, mobilité électrique, cloud, services numériques, industrie manufacturière… tous ces secteurs dépendront demain de la capacité des Etats africains à construire des systèmes énergétiques beaucoup plus robustes, interconnectés et financés à grande échelle.

Alors que les promesses de transformation énergétique du continent n’ont toujours pas fini d’être concrétisées, la révolution de l’IA redonne une valeur économique, géopolitique et industrielle nouvelle à des investissements longtemps considérés comme trop coûteux ou trop complexes.

Encore faudra-t-il que les États africains, les institutions régionales, les banques de développement et les acteurs privés parviennent à penser cette question énergétique comme un projet stratégique continental, et non comme une succession de projets nationaux isolés.

Louis-Nino Kansoun

(Source : Agence Ecofin, 21 mai 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2171/2500 Régulation des télécoms
  • 173/2500 Télécentres/Cybercentres
  • 1690/2500 Economie numérique
  • 870/2500 Politique nationale
  • 2500/2500 Fintech
  • 256/2500 Noms de domaine
  • 939/2500 Produits et services
  • 726/2500 Faits divers/Contentieux
  • 368/2500 Nouveau site web
  • 2432/2500 Infrastructures
  • 863/2500 TIC pour l’éducation
  • 93/2500 Recherche
  • 121/2500 Projet
  • 1676/2500 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 926/2500 Sonatel/Orange
  • 792/2500 Licences de télécommunications
  • 137/2500 Sudatel/Expresso
  • 505/2500 Régulation des médias
  • 641/2500 Applications
  • 524/2500 Mouvements sociaux
  • 813/2500 Données personnelles
  • 63/2500 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2500 Mouvement consumériste
  • 180/2500 Médias
  • 321/2500 Appels internationaux entrants
  • 815/2500 Formation
  • 47/2500 Logiciel libre
  • 1015/2500 Politiques africaines
  • 489/2500 Fiscalité
  • 83/2500 Art et culture
  • 290/2500 Genre
  • 849/2500 Point de vue
  • 524/2500 Commerce électronique
  • 731/2500 Manifestation
  • 159/2500 Presse en ligne
  • 62/2500 Piratage
  • 102/2500 Téléservices
  • 456/2500 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2500 Environnement/Santé
  • 168/2500 Législation/Réglementation
  • 176/2500 Gouvernance
  • 873/2500 Portrait/Entretien
  • 72/2500 Radio
  • 384/2500 TIC pour la santé
  • 138/2500 Propriété intellectuelle
  • 29/2500 Langues/Localisation
  • 532/2500 Médias/Réseaux sociaux
  • 973/2500 Téléphonie
  • 95/2500 Désengagement de l’Etat
  • 505/2500 Internet
  • 57/2500 Collectivités locales
  • 204/2500 Dédouanement électronique
  • 561/2500 Usages et comportements
  • 514/2500 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2500 Audiovisuel
  • 1563/2500 Transformation digitale
  • 191/2500 Affaire Global Voice
  • 78/2500 Géomatique/Géolocalisation
  • 162/2500 Service universel
  • 330/2500 Sentel/Tigo
  • 87/2500 Vie politique
  • 765/2500 Distinction/Nomination
  • 17/2500 Handicapés
  • 354/2500 Enseignement à distance
  • 341/2500 Contenus numériques
  • 292/2500 Gestion de l’ARTP
  • 89/2500 Radios communautaires
  • 881/2500 Qualité de service
  • 216/2500 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2500 SMSI
  • 236/2500 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1449/2500 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2500 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2500 Internet des objets
  • 85/2500 Free Sénégal
  • 294/2500 Intelligence artificielle
  • 97/2500 Editorial
  • 2/2500 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2500 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous