Kenya : la KRA relie les factures des fournisseurs de l’État au système financier public
mercredi 2 septembre 2026
Alors que le Kenya cherche à accroître ses recettes fiscales et à améliorer la gestion de ses finances publiques, les autorités misent davantage sur les outils numériques pour renforcer le suivi des transactions et la conformité des entreprises.
La Kenya Revenue Authority (KRA), en collaboration avec le Trésor public, a annoncé le lundi 31 août l’intégration de son Electronic Tax Invoice Management System (eTIMS) à l’Integrated Financial Management Information System (IFMIS), utilisé par l’État pour gérer ses finances publiques.
L’eTIMS est la plateforme de la KRA dédiée à l’émission et à la gestion des factures fiscales électroniques, tandis qu’IFMIS permet au gouvernement de gérer ses dépenses et les paiements aux fournisseurs.
L’objectif est de renforcer la transparence, la traçabilité et la reddition de comptes dans les transactions publiques. L’interconnexion des deux systèmes doit notamment permettre de valider automatiquement les factures fiscales et de limiter les incohérences entre les transactions effectuées avec les administrations publiques et les données détenues par l’administration fiscale.
Concrètement, les entreprises fournissant des biens ou des services aux administrations kényanes devront générer une facture eTIMS valide avant de soumettre leur demande de paiement via IFMIS. Les informations figurant sur la facture devront correspondre à celles enregistrées dans le système fiscal.
Cette nouvelle procédure lie ainsi plus directement la conformité fiscale au traitement des paiements publics. Les fournisseurs devront notamment s’assurer de l’exactitude de leurs informations fiscales et de la validité de leurs factures.
Le Kenya accélère la numérisation des finances publiques
Cette réforme s’inscrit dans les efforts du Kenya pour renforcer la mobilisation de ses recettes intérieures, alors que les finances publiques restent sous pression. La KRA a collecté 2844 milliards de shillings (environ 22 milliards $) au cours de l’exercice 2025/2026, en hausse de 10,6 % sur un an. Les recettes domestiques se sont établies à 1851 milliards de shillings (14,3 milliards $), soit 93 % de l’objectif fixé.
La démarche s’accompagne par ailleurs d’une accélération de la numérisation des marchés publics. Le Trésor kényan a fixé à fin septembre 2026 la date limite pour intégrer l’e-GP, la plateforme électronique de passation des marchés publics, à IFMIS dans les 47 comtés.
Carelle Yourann
(Source : Agence Ecofin, 2 septembre 2026)
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