Kenya : l’ex-vice-président attaque en justice la vente des parts de l’État dans Safaricom
mercredi 29 avril 2026
Depuis quelques mois, le gouvernement kényan envisage de céder une partie de sa participation dans l’opérateur historique Safaricom. La transaction ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique.
L’ancien vice-président du Kenya et leader du Wiper Party, Kalonzo Musyoka, a déposé une pétition devant la Haute Cour de Nairobi afin de bloquer la vente par l’exécutif de sa participation de 15 % dans Safaricom à l’opérateur sud-africain Vodacom. L’annonce a été faite mardi 28 avril.
L’opposant demande à la juridiction d’émettre des ordonnances conservatoires suspendant la transaction dans l’attente de l’examen au fond de la pétition. Aucune décision judiciaire n’a encore été rendue.
La transaction, valorisée à 204,3 milliards de shillings (environ 1,58 milliard de dollars), prévoit la cession de six milliards d’actions à 34 shillings l’unité. Elle réduirait la participation de l’État de 35 % à 20 %, portant celle de Vodacom à 55 % et lui conférant ainsi le contrôle effectif de l’opérateur. Les recettes de la vente sont destinées au Fonds national d’infrastructure, créé par le président William Ruto en mars 2026.
Sur le plan juridique, M. Musyoka invoque l’article 209 de la Constitution, qui encadre la cession des actifs publics, ainsi que l’article 10, qui exige une participation publique significative. Il reproche au gouvernement d’avoir insuffisamment associé le Parlement et les citoyens au processus, qualifiant la transaction d’opaque et contraire à l’intérêt national, malgré l’aval donné par le Parlement kényan le 31 mars.
Les opposants contestent également la valorisation de l’opération. Le prix de 34 shillings par action serait, selon eux, bien en deçà de la valeur intrinsèque de Safaricom, estimée entre 70 et 80 shillings, soit une perte potentielle de plus de 250 milliards de shillings pour l’État.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 29 avril 2026)
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