Kenya : l’État cède 15 % de Safaricom à Vodacom pour 1,8 milliard $
mercredi 1er avril 2026
Ce renforcement au capital s’aligne sur la stratégie « Vision 2030 » de Vodacom, visant à consolider ses actifs sur les marchés africains à forte croissance. Au-delà de l’expansion géographique, le groupe cherche à optimiser son portefeuille d’activités dans l’économie numérique régionale.
Le Parlement kényan a validé, mardi 31 mars, la vente d’une partie des actifs publics dans l’opérateur historique Safaricom.
Cette transaction, qui porte sur 15 % du capital, sera réalisée au profit du groupe sud-africain Vodacom pour un montant estimé à 240 milliards de shillings kényans (environ 1,8 milliard $). Les fonds mobilisés sont destinés au financement du Fonds national d’infrastructure, pilier de la stratégie de relance économique du pays.
L’opération, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, autorise le Trésor public kényan à finaliser la cession dès ce 1er avril via une transaction par blocs à la Bourse de Nairobi. Dans le détail, l’État se déleste de 6 milliards d’actions au prix unitaire de 34 shillings. Ce désengagement ramène la participation publique à 20 %, tandis que Vodacom consolide son contrôle en franchissant la barre des 50 % des parts sociales.
Les autorités présentent cette cession comme un levier stratégique pour mobiliser des ressources en faveur des investissements publics, notamment dans les infrastructures de transport, d’énergie et de connectivité numérique. Le gouvernement met également en avant les garanties introduites par les parlementaires, notamment en matière de protection de l’emploi et de préservation des intérêts des partenaires locaux.
Toutefois, l’opération suscite des réserves au sein de la classe politique. Certains élus de l’opposition dénoncent une sous-évaluation de l’actif et s’inquiètent d’un recul de l’influence nationale sur une entreprise jugée stratégique. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 390 milliards de shillings kényans lors de son dernier exercice fiscal, Safaricom s’impose comme un pilier de l’économie numérique kényane, porté notamment par la croissance des services de données et du mobile money via M-Pesa.
De son côté, Vodacom renforce à travers cette opération son empreinte sur le continent. Déjà présent dans plusieurs marchés africains, notamment en Tanzanie, en République démocratique du Congo et au Mozambique, le groupe sud-africain dispose d’une expertise reconnue dans les services mobiles et financiers. La prise de contrôle majoritaire de Safaricom pourrait ainsi favoriser des synergies opérationnelles, un partage de technologies et une accélération des projets d’expansion régionale, en particulier sur le marché éthiopien.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 1er avril 2026)
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