JUBANTI CONNEXION : Pourquoi l’Internet sénégalais coûte jusqu’à 150 fois plus cher qu’en France ?
samedi 28 février 2026
Une enquête comparative rigoureuse, s’appuyant sur des relevés de terrain, les rapports de l’ARTP et les indicateurs d’organismes internationaux (GSMA), révèle un constat alarmant : l’accès à la fibre optique au Sénégal affiche des tarifs similaires à ceux pratiqués en France, mais pour des performances techniquement dérisoires. Avec des débits jusqu’à 50 fois inférieurs en téléchargement et 150 fois inférieurs en envoi. C’est le moment du JUBANTI
CONNEXION.1. Le Paradoxe de la Fibre : Un tarif de luxe pour un service au rabais
L’analyse des offres de fibre optique met en lumière une anomalie économique flagrante. Pour
un budget identique d’environ 22 000 FCFA (35 €), les réalités numériques divergent
radicalement :
● Vitesse de téléchargement : Là où l’abonné français navigue à la vitesse de l’éclair (1 à 2 Gbit/s), l’usager sénégalais doit se contenter d’un débit faible oscillant entre 20 et 60 Mbps. À investissement égal, les sénégalais bénéficient d’une connexion 50 fois plus
lente.
● L’omerta sur le débit montant : Véritable moteur du télétravail et de la création de contenu, le débit d’envoi est le grand sacrifié. Alors que les offres françaises affichent environ 700 Mbit/s, les débits montants sont rarement visibles dans les offres au Sénégal. En réalité, avec une moyenne mesurée à 4 Mbit/s, le débit ascendant au Sénégal est 150 fois plus faible. Envoyer des fichiers lourds ou tenir une réunion virtuelle devient ainsi une source de frustration permanente pour les professionnels, les étudiants et les familles.
2. Réseau Mobile : Faillite de la qualité et citoyenneté numérique à deux vitesses
L’inégalité ne se limite pas au prix ; elle frappe au cœur de l’expérience utilisateur mobile, le service le plus utilisé au Sénégal :
● Qualité de service défaillante (QoS) : Les données révèlent que certains acteurs majeurs échouent à respecter les normes minimales de performance édictées par l’ARTP.
● Navigation entravée : Le taux de succès de navigation en moins de 10 secondes tombe parfois à un inquiétant 66,55 %, rendant l’usage du Web instable pour une large partie de la population.
● Injustice géographique : Une rupture profonde sépare les grandes villes des zones rurales. Bien qu’ils s’acquittent du même tarif, les abonnés en zone périurbaine ou rurale subissent un service dégradé, illustrant une application inégale du droit à la connectivité sur l’ensemble du territoire national.
3. L’Internet : Un « Service Vital » devenu un luxe inaccessible
Le coût, un mur infranchissable qui bloque l’émergence numérique du pays :
● Un sacrifice financier démesuré : Comparativement au revenu par habitant, les forfaits Internet pèsent bien plus lourd au Sénégal qu’en Europe. Les ménages doivent consacrer une part disproportionnée de leurs revenus pour une connexion de faible qualité.
● Le prix comme principal facteur d’exclusion : Pour 65,6 % des ménages non-abonnés, le coût de l’abonnement est l’obstacle majeur. Ce qui devrait être un levier de développement est aujourd’hui un privilège financier qui renforce l’exclusion numérique.
L’Appel à l’Action (JUBANTI CONNEXION)
Face à cette situation qui bloque l’avenir numérique du Sénégal, le JUBANTI CONNEXION est sans délai :
1. Appliquer les normes : L’Autorité devra intensifier les contrôles voire appliquer une discipline dissuasive pour obliger les opérateurs à respecter leurs cahiers des charges.
2. Afficher les vrais débits : Les opérateurs devront afficher les vrais débits (envoi et téléchargement) dans tous les supports commerciaux et contractuels. Le Sénégalais a le droit de savoir ce qu’il paie.
3. Réduire les tarifs et Augmenter les débits : Le Sénégalais veut être un citoyen connecté, comme tous les citoyens numériques du monde.
Dr Momar FALL, Chercheur en IA
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(Source : Social Net Link, 28 février 2026)
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