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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Février 2025 > Internet : Starlink engage la bataille dans 25 nouveaux pays d’Afrique

Internet : Starlink engage la bataille dans 25 nouveaux pays d’Afrique

mercredi 12 février 2025

Produits et services

L’arrivée de Starlink dans de nombreux pays africains bouleverse les équilibres établis. Si elle représente une menace pour les opérateurs historiques, cette concurrence catalyse aussi de nouvelles stratégies et alliances inédites, dans un contexte réglementaire encore mouvant. Une bataille pour la connectivité qui ne fait que commencer sur le continent africain.

Avec des services déjà déployés dans 18 pays africains, Starlink, le fournisseur de connectivité par satellite en orbite basse (LEO) de SpaceX, prévoit d’étendre son empreinte à 20 nouveaux marchés en 2025 et cinq supplémentaires en 2026. C’est ce que révèle sa carte de déploiement.

Cette expansion agressive, couplée à l’incertitude réglementaire et à la réaction stratégique des opérateurs historiques, redéfinit les dynamiques de connectivité sur le continent. Derrière ces chiffres se cachent des enjeux économiques, technologiques et géopolitiques qui méritent une analyse approfondie.

Une conquête territoriale méthodique

Starlink a adopté une approche graduelle pour pénétrer l’Afrique. Actuellement présent dans des pays comme le Nigeria, le Kenya ou le Mozambique, son déploiement actuel couvre principalement des économies à fort potentiel de demande en zones rurales ou mal desservies.

En 2025, l’objectif est de s’implanter dans des marchés clés comme la Côte d’Ivoire, la RDC ou la Tanzanie. Plus en détails, les 20 pays où Starlink planifie de déployer ses services en 2025 sont : Tunisie, Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, République du Congo, RDC, Tanzanie, Angola, Namibie, Lesotho et Seychelles.

En 2026, Starlink se concentrera sur quelques autres marchés stratégiques d’Afrique centrale et orientale comme l’Ouganda, le Cameroun, la Guinée équatoriale, Maurice et les Comores.

Au Niger, les autorités viennent de signer un accord avec le fournisseur de services pour améliorer la couverture Internet dans le pays, qui est de seulement 32% du territoire. Le gouvernement a officiellement accordé la licence d’exploitation à Starlink le 21 novembre 2024. L’objectif étant de couvrir entre 80 et 100% du territoire nigérien grâce à cette technologie satellitaire.

Le déploiement de Starlink dans ces 25 pays africains en 2025 et 2026 représente un enjeu majeur pour la connectivité à Internet haut débit sur le continent. De nombreuses régions de ces pays restent encore largement mal desservies par les infrastructures de télécommunications traditionnelles en raison de défis géographiques, économiques et techniques.

Ce déploiement massif et rapide de Starlink sur ces deux années souligne l’immense potentiel mais aussi le besoin criant en termes de connectivité internet dans ces régions africaines. Avec sa constellation de satellites en orbite basse, Starlink cherche à tirer parti de cet énorme marché en proposant un accès fiable, même dans les zones les plus reculées.

Une menace pour les opérateurs historiques

L’attractivité de Starlink réside dans sa promesse de connectivité à haut débit, fiable et dans les zones les plus reculées, même si les prix restent à discuter. Malgré une faible part de marché actuelle, le service capte déjà une clientèle générant des revenus, comme les petites entreprises, les bureaux à domicile et les milliers de microentreprises mal desservies.

L’arrivée de Starlink dans de nombreux pays africains bouleverse les équilibres établis. Si elle représente une menace pour les opérateurs historiques, cette concurrence catalyse aussi de nouvelles stratégies et alliances inédites, dans un contexte réglementaire encore mouvant. Une bataille pour la connectivité qui ne fait que commencer sur le continent africain.
Avec des services déjà déployés dans 18 pays africains, Starlink, le fournisseur de connectivité par satellite en orbite basse (LEO) de SpaceX, prévoit d’étendre son empreinte à 20 nouveaux marchés en 2025 et cinq supplémentaires en 2026. C’est ce que révèle sa carte de déploiement.

Cette expansion agressive, couplée à l’incertitude réglementaire et à la réaction stratégique des opérateurs historiques, redéfinit les dynamiques de connectivité sur le continent. Derrière ces chiffres se cachent des enjeux économiques, technologiques et géopolitiques qui méritent une analyse approfondie.

Une conquête territoriale méthodique

Starlink a adopté une approche graduelle pour pénétrer l’Afrique. Actuellement présent dans des pays comme le Nigeria, le Kenya ou le Mozambique, son déploiement actuel couvre principalement des économies à fort potentiel de demande en zones rurales ou mal desservies.

En 2025, l’objectif est de s’implanter dans des marchés clés comme la Côte d’Ivoire, la RDC ou la Tanzanie. Plus en détails, les 20 pays où Starlink planifie de déployer ses services en 2025 sont : Tunisie, Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, République du Congo, RDC, Tanzanie, Angola, Namibie, Lesotho et Seychelles.

En 2026, Starlink se concentrera sur quelques autres marchés stratégiques d’Afrique centrale et orientale comme l’Ouganda, le Cameroun, la Guinée équatoriale, Maurice et les Comores.

Au Niger, les autorités viennent de signer un accord avec le fournisseur de services pour améliorer la couverture Internet dans le pays, qui est de seulement 32% du territoire. Le gouvernement a officiellement accordé la licence d’exploitation à Starlink le 21 novembre 2024. L’objectif étant de couvrir entre 80 et 100% du territoire nigérien grâce à cette technologie satellitaire.

Le déploiement de Starlink dans ces 25 pays africains en 2025 et 2026 représente un enjeu majeur pour la connectivité à Internet haut débit sur le continent. De nombreuses régions de ces pays restent encore largement mal desservies par les infrastructures de télécommunications traditionnelles en raison de défis géographiques, économiques et techniques.

Ce déploiement massif et rapide de Starlink sur ces deux années souligne l’immense potentiel mais aussi le besoin criant en termes de connectivité internet dans ces régions africaines. Avec sa constellation de satellites en orbite basse, Starlink cherche à tirer parti de cet énorme marché en proposant un accès fiable, même dans les zones les plus reculées.

Une menace pour les opérateurs historiques

L’attractivité de Starlink réside dans sa promesse de connectivité à haut débit, fiable et dans les zones les plus reculées, même si les prix restent à discuter. Malgré une faible part de marché actuelle, le service capte déjà une clientèle générant des revenus, comme les petites entreprises, les bureaux à domicile et les milliers de microentreprises mal desservies.

« Starlink a indéniablement changé le paysage concurrentiel de la connectivité, ce qui a poussé les opérateurs de télécommunications à se battre pour obtenir une part des opportunités rurales qui ont été négligées pendant une période considérable. Le LEO mondial est compétitif en termes de prix et offre une connexion de qualité qui n’était pas la norme pour beaucoup en Afrique », souligne Ismail Patel, analyste senior chez GlobalData. Avec des tarifs relativement compétitifs et une qualité de connexion inégalée pour beaucoup en Afrique, Starlink représente une préoccupation majeure pour les groupes de télécommunications locaux.

Une réponse multiforme des acteurs en présence

Face à la menace que représente le déploiement rapide de Starlink, les opérateurs de télécommunications historiques en Afrique sont contraints de revoir leurs stratégies. Ils nouent des partenariats inédits pour tenter de conserver leurs parts de marché et rester compétitifs.

Un exemple notable est l’accord entre Orange et Vodacom en Ouganda pour le déploiement conjoint d’un réseau dans les zones rurales. En unissant leurs forces, ces deux géants cherchent à proposer une alternative crédible à Starlink dans les régions mal desservies.

Safaricom, le principal opérateur kenyan, a également opté pour un rapprochement avec ESD Kenya, un acteur local spécialisé dans les solutions satellitaires. Un partenariat qui permettra à Safaricom de renforcer sa couverture par satellite, en complément de son infrastructure terrestre existante.

Dans le nord de l’Afrique, c’est ZainTech, la filiale technologique de Zain Group, qui a noué une alliance avec l’opérateur satellite Arabsat. Leur objectif : proposer des services conjoints de connectivité par satellite à l’échelle de l’Afrique du Nord pour contrer Starlink.

D’autres opérateurs comme Vodacom et MTN explorent parallèlement des solutions de connectivité en orbite basse (LEO) pour leurs propres réseaux. Ils cherchent ainsi à intégrer cette technologie prometteuse afin de rester compétitifs face à Starlink.

Ces diverses alliances démontrent que les opérateurs historiques prennent la menace de disruption au sérieux. En formant de nouveaux partenariats stratégiques et en investissant dans des solutions de connectivité en orbite basse, ils tentent de conserver leur avantage concurrentiel et leur emprise sur des marchés convoités par Starlink.

« Tout n’est pas perdu pour eux, car ils peuvent offrir aux PME des services technologiques qu’un tel acteur ne propose pas, comme la gestion de la chaîne d’approvisionnement, la santé en ligne, l’atténuation des intempéries ou les paiements mobiles », nuance l’analyse de GlobalData.

La régulation au cœur des tensions

Alors que l’Afrique du Sud ou l’Éthiopie (pays où Starlink n’est pas encore autorisé) hésitent à ouvrir leur marché, d’autres, comme le Rwanda ou le Benin, voient dans le satellite LEO un levier d’inclusion numérique. Une fragmentation réglementaire qui complique la stratégie de la filiale de SpaceX, contraint de naviguer entre lobbying auprès des États et adaptation aux exigences locales.

Au Maroc par exemple, où Starlink a récemment entamé des démarches administratives, l’Agence Nationale de Régulation des Télécommunications (ANRT) exige qu’une licence soit obtenue avant toute opération. Ainsi, dans une publication de décembre 2024, l’on apprend que la filiale de SpaceX a entamé des procédures administratives pour pénétrer le marché marocain avec pour ambition de fournir une couverture Internet par satellite, en particulier dans les zones reculées.

SpaceX envisage de créer une filiale à Casablanca, mais aucune autorisation officielle n’a encore été délivrée par l’ANRT, seule habilitée à octroyer les licences nécessaires. Une approche visant à contrôler l’entrée de ce nouvel acteur. Les discussions entre SpaceX et l’ANRT progresseraient.

Soulignons que cette technologie est particulièrement adaptée aux zones reculées du Maroc, comme les montagnes de l’Atlas ou les vastes territoires désertiques du Sud, où les réseaux fixes et mobiles traditionnels sont difficiles à déployer pour des raisons économiques et géographiques. L’arrivée de Starlink permettrait de réduire la fracture numérique en offrant un accès à Internet haut débit aux populations rurales, favorisant ainsi leur inclusion dans l’écosystème numérique national.

Dans un pays comme la Côte d’Ivoire, l’Autorité de régulation des télécommunications (ARTCI) a même publié le 19 mars 2024 un communiqué rappelant aux usagers de télécoms du pays que Starlink n’est pas autorisé à commercialiser ses services Internet dans le pays.

D’autres gouvernements font preuve d’une plus grande ouverture, voyant dans Starlink un levier pour stimuler le développement économique dans les zones rurales mal connectées, malgré les réticences initiales des opérateurs en place.

En définitive, l’expansion de Starlink en Afrique n’est pas qu’une histoire de technologie : c’est un catalyseur de transformation économique et réglementaire. Si les opérateurs historiques parviennent à combiner innovation, partenariats et ancrage local, ils pourront coexister avec le géant satellitaire. Cependant, les gouvernements africains devront trancher un dilemme complexe : ouvrir leurs marchés pour stimuler la connectivité, ou protéger leurs champions nationaux dans un secteur stratégique. La réponse à cette question déterminera l’équilibre du paysage télécom africain de la décennie à venir.

Les pays africains déjà desservis par Starlink et ceux qui suivront

Etat de déploiement du service Liste des pays Nombre de pays
Service déjà disponible Serra Léone ; Liberia ; Ghana ; Benin ; Nigeria ; Soudan du Sud ; Kenya ; Rwanda ; Burundi ; Zambie ; Malawi ; Mozambique ; Zimbabwe ; Botswana ; Madagascar ; Eswatini ; Cabo-verde ; São Tomé-et-Príncipe 18
Déploiement prévu en 2025 Tunisie ; Tchad ; Niger ; Mali ; Mauritanie ; Sénégal ; Gambie ; Guinée Bissau ; Guinée ; Burkina Faso ; Côte d’Ivoire ; Togo ; Gabon ; République du Congo ; RDC ; Tanzanie ; Angola ; Namibie ; Lesotho ; Les Seychelles ; 20
Déploiement prévu en 2026 Ouganda ; Cameroun ; Guinée équatoriale ; Maurice ; Comores ; 5
Date de déploiement du service inconnue pour le moment Maroc ; Algérie ; Lybie ; Egypte ; Soudan ; Érythrée ; Djibouti ; Ethiopie ; Somalie ; République Centrafricaine ; Afrique du Sud ; 11

Source : Starlink

(Source : Le 360 Afrique, 12 février 2025)

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