Internet par satellite : une acquisition en vue pour renforcer le réseau d’Amazon
jeudi 16 avril 2026
Amazon prépare le lancement commercial de ses services d’Internet par satellite avec lesquels il entend concurrencer Starlink, entre autres. En Afrique, l’entreprise a déjà exprimé son intérêt pour des marchés comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya.
La société technologique américaine Amazon a signé un accord pour acquérir l’opérateur satellitaire Globalstar. Cette opération permettra à Amazon Leo d’ajouter des services Direct‑to‑Device (D2D) à son réseau de satellites en orbite terrestre basse et d’étendre la couverture cellulaire aux zones hors de portée des réseaux terrestres. Le groupe renforce ainsi sa position face à son principal concurrent, Starlink.
« Des milliards de personnes vivent, voyagent et travaillent dans des zones non couvertes par les réseaux existants, et nous avons lancé Amazon Leo pour combler ce fossé. En combinant l’expertise éprouvée de Globalstar avec l’innovation d’Amazon, les clients bénéficieront d’un service plus rapide et plus fiable dans davantage d’endroits », a déclaré Panos Panay, vice‑président senior des appareils et services chez Amazon, dans un communiqué de l’entreprise publié le mardi 14 avril.
À partir de 2028, Amazon Leo déploiera son propre système satellitaire D2D de nouvelle génération, permettant d’offrir des services avancés de voix, de données et de messagerie directement aux téléphones mobiles. Ce système offrira une efficacité spectrale nettement supérieure aux solutions existantes, se traduisant par de meilleures performances et des débits plus élevés. Le réseau complet comprendra des milliers de satellites en orbite terrestre basse, capables de connecter des centaines de millions d’appareils dans le monde.
Par ailleurs, Amazon a également signé un accord avec Apple afin que Amazon Leo fournisse des services satellitaires pour l’iPhone et l’Apple Watch. Cet accord vise à étendre le partenariat existant entre Globalstar et Apple, qui permet notamment l’envoi de messages d’urgence et le partage de localisation. De nouvelles fonctionnalités seront développées à l’avenir.
Une montée en puissance accélérée
Cette annonce intervient dans un contexte où Amazon poursuit le déploiement de sa constellation en vue du lancement commercial de ses services. À fin mars 2026, l’entreprise indiquait avoir déjà mis en orbite plus de 200 satellites, avec plus de 200 autres prêts à être lancés. Au total, elle prévoit de déployer environ 3000 satellites.
« Nous sommes prêts à aller encore plus vite dès la deuxième année — un résultat direct de nos investissements à long terme dans la production de satellites, les capacités de lancement et les infrastructures. Chaque satellite renforce la couverture et la capacité du réseau, et nous sommes en bonne voie pour plus que doubler notre rythme annuel de lancements, avec plus de 20 missions, tout en envoyant encore davantage de satellites dans l’espace à chaque fois », a indiqué l’entreprise dans une note publiée fin mars.
Amazon s’inscrit ainsi dans le sillage de Starlink, qui a déjà envoyé plus de 10 000 satellites dans l’espace. Le service est aujourd’hui commercialisé dans des dizaines de pays à travers le monde, dont une trentaine en Afrique. L’opérateur fournit principalement l’accès via un terminal dédié, mais a également entamé, depuis mars 2025, le déploiement progressif de son service « direct‑to‑cell ».
À ce jour, Starlink dispose d’environ 650 satellites dédiés à ce service, déjà disponible dans une dizaine de pays, avec un lancement imminent prévu dans une trentaine d’autres, dont 14 en Afrique. L’entreprise prévoit également de lancer, à partir de 2027, une deuxième génération de satellites « direct‑to‑cell », avec un premier lot d’environ 1 200 unités.
L’Afrique, prochain terrain de bataille
Avec ses capacités, Amazon Leo ciblera en priorité les zones reculées, notamment en Afrique. L’entreprise s’est déjà rapprochée des autorités dans plusieurs marchés, dont le Liberia, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria. Dans ce dernier pays, elle a d’ailleurs obtenu des licences au début de l’année.
Amazon entre sur un continent où la fracture numérique reste marquée et où la technologie satellitaire apparaît comme une solution pertinente pour l’atténuer. En 2024, seulement 28 % de la population africaine utilisait Internet. En outre, 9 % de la population n’était pas couverte par les réseaux, tandis que 64 % était couverte mais n’utilisait pas les services disponibles.
Cependant, la concurrence s’intensifie sur le segment satellitaire, les acteurs cherchant à capter le potentiel de ce marché. Au‑delà de Starlink, des opérateurs télécoms comme MTN Group et Orange ont lancé des offres satellitaires. Sur ce marché figure également OneWeb, qui propose des services basés sur des satellites en orbite terrestre basse. Toutefois, ce dernier s’appuie sur des fournisseurs d’accès à Internet et des opérateurs télécoms pour distribuer ses capacités aux utilisateurs finaux.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 16 avril 2026)
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