Internet par satellite : l’Afrique du Sud choisit Space42 pour couvrir les zones reculées
vendredi 3 juillet 2026
En Afrique, l’Internet par satellite s’impose progressivement comme une solution crédible pour connecter les zones reculées et enclavées. En Afrique du Sud, les autorités concrétisent un protocole d’accord signé en 2024 avec une entreprise émiratie.
Le vice-président sud-africain Paul Mashatile a officiellement lancé, mardi 30 juin à Johannesburg, les services satellitaires de BrainSAT et les téléphones satellites Thuraya, dans le cadre d’un partenariat avec Space42, l’entreprise nationale émiratie spécialisée dans les technologies spatiales. L’initiative vise à étendre la connectivité numérique dans les zones rurales et isolées du pays, dans le cadre de la stratégie SA Connect.
« Nous voulons qu’un jeune garçon vivant dans un village rural, qui devait autrefois parcourir des kilomètres à pied simplement pour emprunter des manuels scolaires à la bibliothèque d’une école éloignée, puisse désormais bénéficier d’un accès complet à Internet », a déclaré le vice-président. Et d’ajouter : « depuis chez lui, il devrait pouvoir se connecter à des plateformes d’apprentissage en ligne, suivre des cours virtuels et entrer en contact avec des mentors du monde entier ».
Ce lancement concrétise un mémorandum d’entente signé entre Space42 et le département des Communications et des Technologies numériques à la suite d’une visite du vice-président aux Émirats arabes unis en avril 2024. C’est BrainSAT South Africa, spécialisée dans les solutions de communication par satellite pour les gouvernements et les entreprises, qui est chargée de la mise en œuvre locale du partenariat.
Space42 est déjà présente sur le marché africain. En janvier 2025, elle a mis en orbite Thuraya-4, un satellite de communication mobile, à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, lui permettant d’assurer, pour la première fois, une couverture complète du continent africain. En juillet 2025, la société a par ailleurs levé 695,5 millions de dollars pour financer le développement de ses prochains satellites géostationnaires Al Yah 4 et Al Yah 5.
Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie de déploiement des capacités technologiques émiraties sur le continent, fondée sur des relations de gouvernement à gouvernement. Le choix du marché sud-africain pour déployer cette offre n’est donc pas anodin. Selon l’Autorité indépendante des communications d’Afrique du Sud (ICASA), le pays ne comptait que 13 667 abonnements au haut débit par satellite en 2024, soit moins de 2 % de l’ensemble des abonnements au haut débit sans fil. Les services de BrainSAT et Thuraya ciblent précisément ce segment encore peu développé, en priorité dans les zones où le déploiement d’infrastructures terrestres demeure coûteux ou techniquement difficile.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 3 juillet 2026)
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