Internet : le Gabon veut déployer 1651 km de fibre supplémentaire pour densifier son réseau
lundi 14 septembre 2026
Pour soutenir la transformation numérique en cours, les pays africains accélèrent le développement de leurs infrastructures. Le Gabon a annoncé en mars 2025 sa connexion prochaine à un nouveau câble sous‑marin.
Les autorités gabonaises veulent déployer 1651 kilomètres de fibre optique supplémentaire, doublant presque la longueur de la dorsale nationale. L’initiative vise à renforcer cette infrastructure essentielle à l’acheminement du trafic Internet et à l’amélioration de la connectivité sur l’ensemble du territoire.
Le projet d’extension a été abordé les mercredi 9 et jeudi 10 septembre à Libreville, lors des ateliers de revue et de validation du projet de partenariat public‑privé entre la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN) et Gabon Fiber S.A., consacré à l’exploitation et au développement du Backbone national gabonais. La signature de la convention entre les deux parties est prévue le lundi 14 septembre.
Une dorsale stratégique pour le pays
Le Backbone national gabonais constitue l’ossature du réseau de télécommunications du pays. Il permet d’acheminer les données entre les principales zones du territoire et de relier les réseaux des opérateurs aux infrastructures nationales et internationales. Il représente ainsi un maillon essentiel de la chaîne qui permet aux opérateurs d’acheminer les services Internet jusqu’aux utilisateurs finaux.
Cette infrastructure s’inscrit dans ce que la Banque mondiale définit comme le « kilomètre intermédiaire », c’est‑à‑dire la partie du réseau qui assure la circulation de l’Internet à l’intérieur d’un pays. Ce maillon comprend les réseaux interurbains, qui peuvent s’appuyer sur des câbles à fibre optique, des faisceaux hertziens ou des liaisons satellitaires, ainsi que sur des points d’échange Internet et des infrastructures locales d’hébergement de contenus.
La densification du réseau intervient alors que le Gabon cherche aussi à renforcer sa capacité de connexion aux infrastructures internationales. Le pays doit être connecté d’ici 2028 à Medusa Africa, l’extension prévue du câble sous‑marin à fibre optique Medusa. Il est déjà desservi par les systèmes 2Africa, Africa Coast to Europe (ACE), Maroc Telecom West Africa et SAT‑3/WASC, qui offrent actuellement une capacité cumulée de 20 téraoctets, selon les autorités. Celle‑ci devrait atteindre 400 téraoctets une fois la nouvelle liaison mise en service.
Pour Libreville, ces nouvelles capacités doivent accompagner la transformation numérique du pays en améliorant l’accès à Internet, en renforçant l’inclusion numérique et en soutenant le développement de l’économie numérique. Cela suppose toutefois de disposer d’un réseau national suffisamment robuste et étendu pour acheminer la connectivité vers une part importante du territoire.
Le réseau face au risque de vandalisme
L’extension du Backbone intervient toutefois dans un contexte où la sécurité des infrastructures constitue une préoccupation croissante. Le 24 août, une coupure de fibre optique sur le réseau national a perturbé les services de voix et d’Internet dans plusieurs localités du Haut‑Ogooué, du Woleu‑Ntem, de l’Ogooué‑Lolo et de l’Ogooué‑Ivindo. Les équipes d’Airtel Gabon et d’Axione, chargé de la gestion technique du réseau, ont été mobilisées pour rétablir les services.
Quelques jours plus tard, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la recrudescence des vols de câbles en cuivre et des actes de sabotage. L’exécutif a aussi demandé aux forces de défense et de sécurité de traquer les auteurs et les receleurs, tandis que les services douaniers ont été instruits de renforcer les contrôles des conteneurs à l’exportation afin de lutter contre le trafic de métaux volés.
En effet, partout en Afrique, les réseaux sont régulièrement exposés à des coupures provoquées par des individus qui sectionnent les câbles, notamment pour récupérer et revendre les matériaux qu’ils contiennent. À ces dégradations généralement volontaires s’ajoutent celles liées aux travaux de voirie et de travaux publics. Les opérations d’excavation, de terrassement ou d’aménagement peuvent endommager les câbles lorsqu’elles sont réalisées à proximité des infrastructures existantes. La multiplication des chantiers accroît ainsi le risque de coupures.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 14 septembre 2026)
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