Internet fixe : l’Algérie opte pour la 5G FWA pour plus de performances
jeudi 14 mai 2026
En Afrique, l’essor des usages numériques met sous pression les infrastructures de télécommunications. Les politiques publiques s’adaptent progressivement pour répondre à une demande croissante en services Internet plus rapides, stables et accessibles.
Le gouvernement algérien veut miser sur la 5G pour doper les performances de l’Internet fixe. Bond technologique par rapport à la 4G LTE, la 5G FWA (en accès sans fil fixe) vise à répondre à la demande croissante en connectivité à haut débit. Abdelghani Aït Saïd, PDG de l’opérateur historique Algérie Télécom, a présenté, mardi 12 mai, un exposé sur le projet d’évolution du réseau 4G LTE vers la 5G FWA. C’était lors d’une réunion consacrée au suivi du rythme de mise en œuvre du programme de modernisation du réseau cuivre et de sa transformation progressive en réseau à fibre optique, présidée par le ministre des Postes et Télécommunications, Sid Ali Zerrouki. Ce dernier a donné des instructions pour la mise en service de la 5G FWA au plus tard au début de l’année 2027.
« Ce projet devrait constituer une avancée majeure dans le domaine des services d’Internet fixe, grâce à l’amélioration des vitesses de connexion, à la réduction du temps de latence et au renforcement de la qualité de la connectivité, en phase avec les évolutions technologiques et les besoins croissants des utilisateurs à travers les différentes régions du pays », a déclaré le ministère des Postes et Télécommunications dans un communiqué.
4G LTE vs 5G FWA
Selon le ministère des Postes et Télécommunications, le passage de la 4G LTE à la 5G FWA ne se limite pas à une simple augmentation des débits Internet. Cette évolution doit également permettre de réduire le temps de latence, d’améliorer la stabilité du réseau et de renforcer la qualité globale de la connectivité.
La différence entre les deux technologies repose aussi sur leur architecture réseau. La 4G LTE s’appuie sur une infrastructure conçue à une époque où les besoins en connectivité étaient moins importants. À l’inverse, la 5G FWA utilise une architecture plus moderne et plus flexible, capable de mieux gérer les données et d’optimiser la répartition des ressources réseau.
Cette nouvelle architecture doit également permettre une meilleure gestion des usages intensifs. Avec la 4G LTE, les performances peuvent se dégrader lorsque le nombre d’utilisateurs augmente fortement dans une même zone. La 5G FWA est, quant à elle, conçue pour absorber une charge plus importante tout en maintenant la qualité de la connexion et la stabilité du service.
Une stratégie plus large de développement du haut débit
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités pour développer le haut débit. En avril dernier, le gouvernement algérien a annoncé une augmentation des débits Internet pour les abonnés fixes à domicile à l’échelle nationale.
Le gouvernement accélère également la transition du cuivre vers la fibre, avec une suppression définitive du cuivre prévue pour fin 2027. L’exécutif veut aussi renforcer ses capacités internationales avec deux nouveaux câbles sous-marins : Medusa (fin 2026) et un second en 2027, pour compléter les cinq qui desservent déjà le pays.
Cette évolution intervient dans un contexte de transformation numérique accélérée, où administrations publiques, entreprises et particuliers ont besoin d’une connectivité fiable et performante au quotidien. Pour les particuliers, l’accès à Internet est devenu essentiel pour les usages courants comme l’éducation en ligne, le streaming, les réseaux sociaux ou encore le télétravail. Pour les entreprises, il constitue un levier clé de productivité, d’accès aux services numériques, de gestion des opérations et d’innovation.
Il convient toutefois de rappeler qu’au-delà de la disponibilité du haut débit, le facteur coût doit être pris en compte. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go d’Internet fixe en Algérie représentaient 2,59 % du revenu national brut par habitant en 2025. Si ce niveau reste en dessous de la moyenne africaine (15,1 %), il demeure néanmoins au-dessus du seuil d’abordabilité de 2 % fixé par l’organisation.
Par ailleurs, selon les données de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), l’Algérie comptait 6,82 millions d’abonnés à l’Internet fixe à fin septembre 2025 : 37,6 % fibre, 32,3 % ADSL, 30 % LTE fixe. En forte croissance ces dernières années, la fibre représentait la part la plus dynamique du parc national.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 14 mai 2026)
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