OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Intelligence artificielle et protection des données : entre rappel de (…)

Intelligence artificielle et protection des données : entre rappel de principe et alerte prospective

jeudi 9 octobre 2025

Point de vue

La publication du communiqué de la Commission de protection des données personnelles (CDP) sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) en date du 08 octobre 2025, intervient à un moment où le développement des technologies numériques, et particulièrement de l’intelligence artificielle générative, bouleverse les repères classiques de la communication, de l’information et du droit.

En attirant l’attention sur la multiplication de contenus créés artificiellement et diffusés sans discernement sur les réseaux sociaux, la CDP accomplit un double geste : rappeler un principe fondateur du droit à la protection des données et alerter sur les dérives futures d’un usage incontrôlé de l’intelligence artificielle.

I. Un rappel de principe : la dignité humaine au cœur du numérique

Le communiqué de la CDP s’ouvre sur un constat préoccupant : la circulation, sur les réseaux sociaux, de vidéos et d’images générées par intelligence artificielle mettant en scène des personnalités publiques, des guides religieux ou de simples citoyens. Ces contenus, souvent produits à des fins de dérision, de manipulation ou de nuisance, révèlent les effets pervers d’une technologie devenue accessible à tous.

Face à cette prolifération, la Commission rappelle un principe essentiel : la dignité humaine demeure une limite infranchissable à l’innovation technologique. L’outil numérique, aussi sophistiqué soit-il, ne saurait justifier l’atteinte à la réputation, à la vie privée ou à l’intégrité morale d’une personne. C’est, en somme, la réaffirmation du rôle du droit comme rempart face à la démesure technique.

En condamnant les pratiques de création et de diffusion de contenus trompeurs, la CDP rappelle que l’utilisation irresponsable des outils d’intelligence artificielle engage la responsabilité de leurs auteurs. Ce rappel n’est pas purement formel : il s’inscrit dans le prolongement de la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 relative à la protection des données personnelles, qui consacre le droit de chaque individu à la maîtrise de ses informations personnelles.

Au-delà de la mise en garde, la CDP adopte une posture de sensibilisation. Elle invite les citoyens à la prudence dans le partage de contenus, les créateurs à l’éthique dans la production, et les plateformes à la rigueur dans la détection des abus. Ce triple appel traduit une conception équilibrée de la régulation : prévenir avant de sanctionner, éduquer avant de réprimer.

Par ce rappel, la Commission réaffirme que la régulation du numérique ne vise pas à freiner le progrès, mais à l’humaniser. Elle replace ainsi le droit au centre d’un espace technologique trop souvent livré à la logique de la viralité et de la performance, en rappelant que la finalité du progrès demeure le service de l’homme.

II. Une alerte prospective : les dérives prévisibles et la nécessité d’un encadrement éthique

Mais le communiqué ne s’arrête pas à la dénonciation des dérives actuelles ; il anticipe aussi celles à venir. En évoquant les risques d’usurpation d’identité, de manipulation d’informations et de création de “deepfakes”, la CDP dresse une alerte prospective sur les conséquences possibles de l’usage incontrôlé de l’intelligence artificielle.

Ces phénomènes, encore perçus comme marginaux, annoncent une transformation profonde du rapport à la vérité, à la responsabilité et à la confiance sociale. L’image ou la voix, jadis garantes d’authenticité, deviennent désormais susceptibles d’être fabriquées de toutes pièces. Cette fragilisation de la preuve et de la réputation ouvre un champ d’incertitude qui interpelle directement le droit, contraint de redéfinir ses catégories traditionnelles.

Dans cette perspective, l’intervention de la CDP revêt une portée plus large : elle appelle à une réflexion collective sur la gouvernance éthique de l’intelligence artificielle. L’autorité nationale rejoint ainsi les préoccupations exprimées à l’échelle internationale, notamment dans le cadre de la Convention de Malabo et des discussions sur la régulation mondiale de l’IA. L’enjeu n’est plus seulement de protéger les données, mais de préserver la confiance publique dans l’espace numérique.

L’alerte de la CDP doit aussi être comprise comme une invitation à l’action. Il ne s’agit pas uniquement de rappeler les interdits, mais de préparer un cadre de responsabilité adapté aux nouveaux usages. À cet égard, le droit sénégalais gagnerait à renforcer la complémentarité entre la protection des données, le droit de la communication et la responsabilité civile, afin d’assurer une réponse cohérente aux atteintes causées par des outils autonomes ou semi-autonomes.

Enfin, cette alerte souligne la nécessité de renforcer la culture numérique des citoyens. Car aucune régulation, aussi rigoureuse soit-elle, ne saurait se substituer à la vigilance individuelle. L’éducation à l’esprit critique, la sensibilisation à la vérification de l’information et la promotion d’une éthique de la publication constituent les premiers remparts contre la manipulation algorithmique.

Conclusion : vers une responsabilité numérique partagée

En articulant un rappel de principe et une alerte prospective, la Commission de protection des données personnelles s’impose comme une institution lucide et proactive. Elle rappelle que la technologie n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service du bien commun.

Le communiqué marque ainsi une étape importante dans la construction d’une culture nationale de la responsabilité numérique. Il invite à penser l’avenir de l’intelligence artificielle non pas dans la logique de la fascination ou de la peur, mais dans celle de la mesure, de l’éthique et du droit.

Au fond, la CDP nous rappelle une évidence qu’il convient de ne jamais perdre de vue : le progrès n’a de sens que s’il demeure au service de la personne humaine. C’est à ce prix seulement que l’intelligence artificielle pourra devenir un instrument d’émancipation, et non un facteur de désordre.

Fodé David FAYE, Doctorant en droit privé | EDESH-UASZ

(Source : Social Net Link, 9 octobre 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6394/7824 Régulation des télécoms
  • 530/7824 Télécentres/Cybercentres
  • 5747/7824 Economie numérique
  • 3148/7824 Politique nationale
  • 7694/7824 Fintech
  • 772/7824 Noms de domaine
  • 3192/7824 Produits et services
  • 2285/7824 Faits divers/Contentieux
  • 1125/7824 Nouveau site web
  • 7824/7824 Infrastructures
  • 2698/7824 TIC pour l’éducation
  • 291/7824 Recherche
  • 380/7824 Projet
  • 4960/7824 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2682/7824 Sonatel/Orange
  • 2538/7824 Licences de télécommunications
  • 415/7824 Sudatel/Expresso
  • 1791/7824 Régulation des médias
  • 1959/7824 Applications
  • 1655/7824 Mouvements sociaux
  • 2522/7824 Données personnelles
  • 196/7824 Big Data/Données ouvertes
  • 894/7824 Mouvement consumériste
  • 549/7824 Médias
  • 981/7824 Appels internationaux entrants
  • 3016/7824 Formation
  • 143/7824 Logiciel libre
  • 3030/7824 Politiques africaines
  • 1878/7824 Fiscalité
  • 262/7824 Art et culture
  • 865/7824 Genre
  • 2503/7824 Point de vue
  • 1516/7824 Commerce électronique
  • 2217/7824 Manifestation
  • 587/7824 Presse en ligne
  • 190/7824 Piratage
  • 318/7824 Téléservices
  • 1520/7824 Biométrie/Identité numérique
  • 461/7824 Environnement/Santé
  • 588/7824 Législation/Réglementation
  • 540/7824 Gouvernance
  • 2691/7824 Portrait/Entretien
  • 221/7824 Radio
  • 1160/7824 TIC pour la santé
  • 426/7824 Propriété intellectuelle
  • 87/7824 Langues/Localisation
  • 1569/7824 Médias/Réseaux sociaux
  • 2892/7824 Téléphonie
  • 289/7824 Désengagement de l’Etat
  • 1518/7824 Internet
  • 182/7824 Collectivités locales
  • 699/7824 Dédouanement électronique
  • 1717/7824 Usages et comportements
  • 1558/7824 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 834/7824 Audiovisuel
  • 5267/7824 Transformation digitale
  • 581/7824 Affaire Global Voice
  • 237/7824 Géomatique/Géolocalisation
  • 472/7824 Service universel
  • 1005/7824 Sentel/Tigo
  • 269/7824 Vie politique
  • 2299/7824 Distinction/Nomination
  • 51/7824 Handicapés
  • 1053/7824 Enseignement à distance
  • 1024/7824 Contenus numériques
  • 890/7824 Gestion de l’ARTP
  • 267/7824 Radios communautaires
  • 2766/7824 Qualité de service
  • 676/7824 Privatisation/Libéralisation
  • 199/7824 SMSI
  • 691/7824 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4180/7824 Innovation/Entreprenariat
  • 2078/7824 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7824 Internet des objets
  • 272/7824 Free Sénégal
  • 978/7824 Intelligence artificielle
  • 304/7824 Editorial
  • 33/7824 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous