Intelligence artificielle : À Séoul, le Burundi présente ses ambitions
jeudi 10 septembre 2026
Validée en avril, la stratégie nationale d’IA du Burundi prévoit notamment de renforcer la connectivité, les infrastructures de données et les compétences locales. Sa mise en œuvre pose désormais la question des financements et des partenariats nécessaires.
Le Burundi cherche à transformer sa nouvelle stratégie nationale d’intelligence artificielle en projets concrets, alors que ses capacités numériques restent encore limitées. À Séoul, le ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana (photo), présente les priorités du pays et les besoins à satisfaire pour soutenir cette transformation.
Représentant le Burundi à la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée‑Afrique (KOAFEC), qui se tient du mardi 8 au vendredi 11 septembre autour de l’IA et des infrastructures numériques, le ministre a notamment insisté sur le développement d’infrastructures « solides, sécurisées et interopérables », ainsi que sur les compétences et l’innovation locale. Il souhaite également orienter davantage les relations avec la Corée vers des projets concrets, le transfert de compétences et l’investissement privé.
Ces priorités correspondent aux principaux axes de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle 2025‑2030, validée en avril dernier avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le document prévoit notamment la modernisation des centres de données, le développement de hubs sectoriels et d’un cloud souverain, l’extension des réseaux télécoms ainsi que l’adaptation des formations universitaires aux métiers de l’IA. Le gouvernement prévoit également de former plus de 1 000 agents publics et de lancer une quinzaine de projets pilotes, notamment dans la santé et l’agriculture.
Le renforcement des infrastructures constitue toutefois un préalable important. Selon DataReportal, le Burundi comptait 8,04 millions de connexions mobiles actives au début de 2025, soit l’équivalent de 56,6 % de sa population. Le pays comptait également 1,78 million d’utilisateurs d’Internet, pour un taux de pénétration de 12,5 %. Par ailleurs, 63,9 % des connexions mobiles étaient compatibles avec les réseaux 3G, 4G ou 5G.
Le Burundi dispose déjà d’un appui international pour renforcer ces fondations. Le Projet d’appui aux fondations de l’économie numérique (PAFEN), financé à hauteur de 92 millions de dollars par la Banque mondiale, vise notamment à accroître l’accès au haut débit et à améliorer la capacité de l’État à fournir des services publics numériques. Le plan directeur de digitalisation des services publics prévoit également l’interconnexion des administrations et le renforcement des infrastructures et de la cybersécurité.
À Séoul, ces besoins rencontrent une offre de coopération qui se précise. La Corée du Sud a annoncé dans le cadre de la KOAFEC un « K‑AI Package » associant solutions d’intelligence artificielle, centres de données et infrastructures énergétiques, ainsi qu’un projet de création d’un AI Hub Corée‑Afrique avec la Banque africaine de développement. Le Burundi cherche désormais à inscrire ses propres priorités dans cette nouvelle phase de coopération, alors que sa stratégie IA doit encore passer du cadre national à ses premières applications.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 10 septembre 2026)
OSIRIS