Infrastructures télécoms : la Zambie explore des partenariats avec les entreprises allemandes
jeudi 5 novembre 2026
La couverture territoriale et la résilience des réseaux au cœur des besoins
M. Mutati a insisté sur la nécessité d’étendre les réseaux mobiles et la fibre optique aux localités encore insuffisamment desservies. Il a également souligné l’importance de renforcer leur résilience, en particulier grâce à une alimentation électrique fiable et au maintien en fonctionnement des pylônes télécoms et des liaisons de fibre optique.
Ces besoins s’expliquent par les disparités territoriales qui persistent dans le pays. Selon une analyse de l’Autorité zambienne des technologies de l’information et de la communication (ZICTA), réalisée en 2022 et reprise dans un rapport parlementaire publié en juin 2024, la couverture mobile atteignait 92 % de la population, mais seulement 69,9 % du territoire. Le document recensait alors un besoin de 998 sites supplémentaires pour étendre la couverture. Du côté de la fibre optique, 33 des 116 districts ne disposaient pas encore d’un point de présence du réseau national, dont 22 n’étaient traversés par aucune liaison de fibre.
Le réseau national de fibre optique s’est depuis étendu. Son linéaire est passé d’environ 15 000 à 45 000 kilomètres entre l’arrivée de l’administration actuelle et la fin de 2025. Cette progression ne suffit toutefois pas à garantir un raccordement effectif de l’ensemble des territoires. Le déploiement des pylônes reste lui aussi nécessaire. La ZICTA en recensait 3 626 en 2024, contre 3 568 un an plus tôt, soit une progression jugée insuffisante au regard des besoins des zones rurales.
La disponibilité de l’électricité constitue une autre contrainte. Devant le Parlement en novembre 2025, M. Mutati avait expliqué que les pénuries d’énergie provoquaient l’arrêt de certains pylônes et perturbaient la transmission du signal entre les différents sites. La sécheresse de 2023-2024 a accentué ces difficultés dans un pays fortement dépendant de l’hydroélectricité. Les opérateurs doivent ainsi renforcer les dispositifs d’alimentation de secours, notamment en recourant à des solutions solaires ou hybrides.
Au-delà de l’extension de la couverture, les autorités cherchent donc à améliorer la qualité et la continuité des services. En novembre 2025, la ZICTA avait signalé des appels interrompus, une mauvaise connexion Internet et une couverture peu fiable dans certaines localités. L’autorité avait alors demandé aux opérateurs et aux gestionnaires d’infrastructures de renforcer les réseaux ainsi que leurs systèmes d’alimentation de secours.
Les entreprises allemandes disposent d’une expertise mobilisable
Les modalités d’intervention des entreprises allemandes en Zambie ne sont pas encore connues. Le forum d’affaires germano-zambien ouvre des pistes de coopération, mais la conclusion d’accords permettra de déterminer quels acteurs participeront au renforcement des infrastructures, dans quels domaines et selon quelles modalités : fourniture d’équipements, construction, maintenance ou exploitation des réseaux.
L’Allemagne compte plusieurs entreprises disposant d’une expertise dans ces différents segments. Deutsche Telekom, présent dans plus de 50 pays, possède une expérience internationale dans le déploiement et l’exploitation de réseaux fixes et mobiles. Deutsche Funkturm, qui gère plus de 37 000 sites radio en Allemagne, intervient dans la construction, l’exploitation et la commercialisation d’infrastructures accueillant les équipements des opérateurs mobiles. D’autres industriels, comme Rosenberger, fournissent des composants destinés aux réseaux de fibre optique et aux infrastructures radio. Leurs compétences peuvent contribuer à renforcer différentes parties de la chaîne de connectivité zambienne.
Toutefois, il reste difficile de documenter les ambitions de ces entreprises en matière d’exploitation de réseaux télécoms hors de leurs marchés habituels, particulièrement en Afrique. Certaines disposent d’une expérience internationale ou de relais commerciaux sur le continent, mais cela ne signifie pas qu’elles y exploitent directement des réseaux mobiles. Les éventuels accords conclus à l’issue du forum permettront donc de préciser la nature de leur engagement et leur contribution concrète aux objectifs de connectivité de la Zambie.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 5 novembre 2026)
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