Infrastructure numérique : la Tanzanie prévoit 2,6 milliards $ d’investissements d’ici 2031
mercredi 30 septembre 2026
Les autorités tanzaniennes veulent attirer davantage d’investisseurs dans le secteur technologique. En août dernier, elles avaient annoncé la révision de plusieurs lois clés afin de renforcer l’attractivité du pays.
La Tanzanie prévoit d’investir 7000 milliards de shillings (environ 2,6 milliards de dollars) d’ici 2031 pour renforcer ses infrastructures et ses capacités numériques. Cette enveloppe, qui doit encore être mobilisée, s’inscrit dans les investissements prévus par les autorités pour soutenir la transformation numérique du pays.
Selon la presse locale, l’annonce est intervenue le lundi 28 septembre à Helsinki, lors de la première étape européenne de l’édition 2026-2027 du « EU–Tanzania Investment & Business Forum ». Organisée du 28 septembre au 6 octobre en Finlande, en Italie et aux Pays-Bas, cette tournée vise à présenter aux entreprises, investisseurs et institutions financières européennes des projets d’investissement en Tanzanie. Le numérique et la fintech figurent parmi les secteurs prioritaires du forum.
Plusieurs projets pour renforcer les capacités numériques
Les autorités ont associé ces investissements à plusieurs projets d’infrastructures, d’équipements et de services numériques. Le portefeuille présenté comprend l’extension des infrastructures FTTx, c’est-à-dire les réseaux de fibre optique rapprochant la connexion des entreprises et des ménages, ainsi que le système de câble sous-marin Kilimanjaro One.
La Tanzanie veut aussi développer une capacité industrielle locale dans les équipements numériques, avec un projet de fabrication de terminaux et d’ordinateurs personnels. Les autorités ont par ailleurs présenté le Tanzania Digital Technology and Innovation Park, destiné à renforcer l’écosystème technologique et d’innovation du pays.
Dans l’éducation, le programme Smart Learning Tanzania prévoit des classes intelligentes et des pôles d’innovation STEM, tandis qu’un autre projet porte sur l’extension des infrastructures et de la connectivité pour une éducation numérique plus inclusive. Le portefeuille comprend également un projet de connectivité numérique à accès universel et une initiative consacrée aux infrastructures numériques pour l’entreposage et la logistique.
La présentation identifie enfin les data centers nationaux, le cloud gouvernemental et les points d’échange Internet, mais aussi l’intelligence artificielle, les solutions fondées sur les données, les services satellitaires et les paiements numériques comme des domaines présentant des possibilités d’investissement.
Le numérique, un levier de croissance pour l’économie tanzanienne
Ces projets interviennent alors que les autorités tanzaniennes misent sur le numérique comme l’un des principaux moteurs de l’économie nationale. La stratégie nationale vise parallèlement à porter la contribution du secteur ICT à 3 % du PIB d’ici 2029, contre environ 1,5 % en 2022-2023. Le marché combiné des TIC et des télécommunications est estimé à plus de 2 milliards de dollars et devrait progresser de 6,27 % par an en moyenne jusqu’en 2031.
Les infrastructures permettent de soutenir cette dynamique. Ainsi, le développement des data centers doit accompagner l’augmentation des volumes de données et renforcer les capacités nationales de stockage et de traitement. Le marché des data centers et du stockage devrait progresser de 20 % par an entre 2024 et 2030. Dans sa stratégie numérique, la Tanzanie prévoit notamment la mise en place de quatre data centers Tier 3 et d’un Tier 4, avec l’objectif que les infrastructures de l’administration puissent accueillir l’ensemble des systèmes et données publics d’ici juin 2027.
L’atterrissement de nouveaux câbles sous-marins doit permettre à la Tanzanie d’accroître sa capacité de connectivité internationale pour répondre à la hausse du trafic de données. La diversification des liaisons doit aussi renforcer la résilience du réseau, améliorer la qualité de l’accès à Internet et favoriser, à terme, une baisse des coûts. Cette capacité internationale doit toutefois pouvoir être acheminée à l’intérieur du pays grâce à une dorsale suffisamment étendue et performante pour desservir les différentes régions. Celle de la Tanzanie est actuellement réalisée à 85 %, avec 13 820 km déployés sur les 16 280 km prévus, et couvre 109 des 139 districts.
La fabrication et l’assemblage de terminaux numériques et d’ordinateurs personnels répondent, eux, à un autre besoin : celui de faciliter l’accès aux équipements nécessaires pour utiliser les services numériques. En effet, la cherté des appareils compatibles à Internet est considérée comme l’un des principaux obstacles à l’adoption de l’Internet et des services numériques même quand le réseau est disponible. En juin 2026, la pénétration des smartphones était de 44,74 %, selon les données du ministère de la Communication et des Technologies de l’information.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 30 septembre 2026)
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