Inclusion numérique : le Burkina Faso veut connecter jusqu’à 2 millions de personnes en 2026
mardi 14 juillet 2026
La réduction de la fracture numérique figure parmi les priorités des autorités burkinabè dans le cadre de la transformation digitale du pays. L’un des 12 chantiers majeurs engagés dans ce domaine est l’initiative « Zéro zone blanche ».
Le gouvernement burkinabè entend connecter 1,5 à 2 millions de citoyens aux services de télécommunications cette année. Cette initiative vise à réduire la fracture numérique dans un contexte où le pays accélère sa transformation digitale.
Les personnes ciblées sont les habitants de 1000 zones blanches, dépourvues de couverture mobile et Internet. L’initiative sera soutenue par le Projet d’accélération de la transformation digitale du Burkina Faso (PACTDigital), qui en a dévoilé les grandes lignes la semaine dernière.
Au total, près de 2000 localités demeurent privées d’accès aux réseaux de communication électronique, soit environ 10 à 12 % du territoire national.
Réduire la fracture numérique
L’extension de la couverture des zones blanches passe généralement par le déploiement d’infrastructures de télécommunications, notamment des tours de téléphonie mobile, des équipements radio et des liaisons de transmission, dont la fibre optique lorsqu’elle est disponible. Ces installations permettent aux opérateurs d’étendre leurs réseaux vers des localités jusque‑là non couvertes.
Une fois ces infrastructures opérationnelles, les services de téléphonie mobile et d’Internet deviennent accessibles dans les zones concernées. Les populations peuvent alors se connecter au réseau et accéder aux différents services numériques disponibles.
Selon les statistiques officielles, le Burkina Faso comptait 29,79 millions d’abonnements à la téléphonie mobile à fin mars 2026, soit un taux de pénétration de 120,44 %. Le parc d’abonnements à l’Internet mobile s’élevait à 19,4 millions, correspondant à un taux de pénétration de 78,61 %.
Il convient toutefois de préciser que ces chiffres ne correspondent pas au nombre d’utilisateurs uniques. Les statistiques du régulateur reposent sur le nombre de cartes SIM ou d’abonnements actifs, une même personne pouvant en détenir plusieurs. Le taux de pénétration exprime ainsi le rapport entre le nombre total d’abonnements et la population estimée, et non la proportion de personnes effectivement abonnées aux services de télécommunications.
Les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquent que 63,9 % de la population burkinabè possédaient un téléphone mobile en 2024, donnant une idée du nombre d’utilisateurs du service. Le nombre d’utilisateurs d’Internet, quant à lui, était estimé à 28,3 %.
Accélérer l’accès aux services numériques
Au‑delà de la simple extension de la couverture télécoms, le déploiement du réseau dans ces zones doit permettre aux populations concernées d’accéder à un ensemble de services numériques. La connectivité peut notamment faciliter l’utilisation de plateformes administratives en ligne, l’accès aux services financiers numériques ou encore le recours à des solutions dans les domaines de la santé et de l’éducation.
« Le projet place l’humain au cœur de son intervention en favorisant l’inclusion numérique des populations. L’accès au réseau de téléphonie mobile ouvre de nouvelles perspectives dans plusieurs domaines comme la santé, l’éducation, la justice et l’économie. Ce qui contribuera à réduire considérablement la fracture numérique, afin qu’aucun citoyen ne soit laissé pour compte », a déclaré Haoua Ouattara/Dama, coordonnatrice du PACTDIGITAL.
Toutefois, des défis restent à relever
La réussite de cette initiative dépendra notamment de la capacité à déployer et à maintenir les infrastructures dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans plusieurs régions du pays. Les coûts d’investissement, l’alimentation électrique des équipements, leur maintenance ainsi que la viabilité économique des sites en zones peu peuplées constituent également des défis.
Par ailleurs, la disponibilité d’un réseau ne garantit pas à elle seule l’adoption des services numériques. L’accessibilité financière des terminaux et des offres Internet, ainsi que le renforcement des compétences numériques des populations, seront déterminants pour transformer cette extension de couverture en véritable inclusion numérique.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 14 juillet 2026)
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