Inclusion numérique : Airtel Uganda invité à améliorer l’accès aux smartphones
vendredi 17 juillet 2026
Les autorités africaines cherchent à réduire la fracture numérique sur le continent. Au-delà des réseaux, l’accès aux terminaux comme les smartphones reste un défi majeur pour permettre aux populations de profiter pleinement des services numériques.
L’opérateur de télécommunications Airtel Uganda est invité par les autorités à renforcer ses efforts pour améliorer l’accès aux smartphones dans le pays. L’initiative vise à accélérer l’inclusion numérique alors que seulement 27 % des Ougandais utilisaient un smartphone en 2024, selon la Banque mondiale.
L’appel a été lancé le jeudi 16 juillet par la ministre des TIC et de l’Orientation nationale, Justine Kasule Lumumba, lors d’une rencontre avec le directeur général d’Airtel Uganda, Soumendra Sahu. Au cours des échanges, les deux parties ont souligné que les smartphones sont devenus des outils essentiels pour l’apprentissage, l’accès aux services financiers, l’entrepreneuriat et la participation à l’économie numérique.
Si les autorités ne précisent pas les moyens par lesquels Airtel peut contribuer à améliorer l’accès aux smartphones, la GSMA recommande aux opérateurs télécoms de mettre en place des initiatives destinées à réduire les barrières à l’adoption de ces appareils. Celles-ci peuvent passer par des offres adaptées aux capacités financières des utilisateurs, des mécanismes de financement, ou encore des partenariats avec les fabricants.
Le gouvernement ougandais encourage également la production locale de smartphones, perçue comme une piste pour réduire les coûts qui constituent l’un des principaux obstacles à leur adoption. « Si les prix des téléphones, des ordinateurs et de l’Internet baissent, les populations pourront effectuer des transactions via leurs téléphones, étudier en ligne et accéder plus facilement aux services. C’est l’objectif que poursuit le gouvernement », avait déclaré en février dernier Chris Baryomunsi, alors ministre des TIC.
La GSMA estime par exemple que le prix médian d’un smartphone d’entrée de gamme en Afrique subsaharienne s’élevait à 39 dollars en 2024. Ce montant représentait 26 % du revenu moyen pour l’ensemble de la population. Ce ratio atteint 64 % pour les 40 % les plus pauvres et 87 % pour les 20 % les plus pauvres. Il s’établit par ailleurs à 32 % pour les femmes contre 23 % pour les hommes.
Au-delà du coût, plusieurs facteurs sont souvent cités comme des barrières à l’adoption et à l’utilisation régulière des smartphones. Il s’agit entre autres du manque de compétences numériques, de la cherté des offres data proposées par les opérateurs, de l’accès limité à l’électricité pour recharger les appareils, de la disponibilité des réseaux mobiles ou encore de la pertinence des contenus et services numériques proposés aux utilisateurs.
La levée de ces obstacles apparaît essentielle alors que le smartphone constitue désormais un point d’accès majeur à Internet et aux services numériques. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime le taux de pénétration d’Internet en Ouganda à environ 9 % en 2024, tandis que la GSMA indiquait que 30 millions de personnes dans le pays n’utilisaient pas Internet en 2023.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 17 juillet 2026)
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