Ile Maurice : Un « data centre tier IV » au coeur de la stratégie numérique nationale
mercredi 31 décembre 2025
Le lundi, 29 décembre à Rose-Belle, loin des regards du grand public, se joue une partie essentielle de l’avenir numérique du pays. Le data centre de Mauritius Telecom (MT) s’impose désormais comme une infrastructure critique, appelée à soutenir la connectivité nationale, la résilience des données et la modernisation accélérée des services publics.
Lors d’une visite de site, le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, a rappelé l’engagement du gouvernement à garantir que les données des citoyens soient hébergées dans un environnement hautement sécurisé.
L’histoire de cette stratégie numérique remonte à plus de deux décennies. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’État posait les bases de son Government Intranet System, destiné à relier l’ensemble des départements publics, et du Government Online Centre (GOC) à Ébène, chargé d’héberger de manière sécurisée les logiciels et matériels contenant les données gouvernementales. Depuis sa création officielle en mai 2005, le GOC est devenu un centre névralgique, passant de cinq baies de serveurs à une capacité d’environ 80 racks, fonctionnant 24h/24.
Mais la montée en puissance des services numériques a progressivement mis cette infrastructure sous pression. Selon le ministre Ramtohul, le blueprint gouvernemental de modernisation du secteur digital comprend près de 80 projets nécessitant des capacités informatiques robustes, ainsi que des systèmes de sauvegarde fiables. « Il était devenu indispensable de disposer d’une extension du data centre existant, afin d’assurer la continuité des services et la protection des données », a-t-il expliqué.
C’est dans ce contexte que le data centre de Mauritius Telecom à Rose-Belle prend toute son importance. Certifié Tier IV, un standard international parmi les plus élevés, il offre un niveau de sécurité et de disponibilité comparable à celui de grandes économies comme les États-Unis ou le Royaume-Uni. Accès strictement contrôlé, surveillance permanente, redondance énergétique et systèmes de refroidissement avancés : tout est conçu pour minimiser les risques d’interruption ou de compromission des données.
Portail gouvernemental Concrètement, plusieurs projets stratégiques de l’État y seront hébergés. Le ministre a cité le système e-Health, le nouveau portail gouvernemental, le projet Mobile ID ainsi que les logiciels liés au système de points de pénalité. Les équipements dédiés aux applications d’intelligence artificielle du gouvernement y trouveront également leur place, notamment pour soutenir des usages avancés comme l’automatisation, l’analyse de données et les plateformes collaboratives.
Autre avancée majeure : la question du backup. Pendant longtemps, a reconnu le ministre, certaines infrastructures critiques ne disposaient pas de centres de secours pleinement opérationnels. Le site de Rose-Belle vient combler cette lacune en travaillant de concert avec le GOC d’Ébène, assurant ainsi une redondance essentielle en cas d’incident majeur.
Pensé pour répondre aux besoins des cinq à sept prochaines années, le data centre offre une capacité évolutive, avec computing power et stockage à la demande. Même si, à terme, les salles venaient à être entièrement occupées, ce serait, selon Ramtohul, le signe d’un succès : celui d’un État capable de déployer davantage de services numériques au bénéfice des citoyens et de l’économie.
Dhanishta Tania
(Source : L’Express, 31 décembre 2025)
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