IA en Afrique : la BAD et le PNUD veulent passer à l’exécution de l’initiative « 10 milliards de dollars »
vendredi 23 octobre 2026
La Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) veulent faire entrer dans sa phase opérationnelle l’initiative « 10 milliards de dollars pour l’IA ». Selon la BAD, le déploiement commencera dans cinq pays avant de s’étendre à vingt d’ici à la fin de 2027.
L’annonce a été faite à l’occasion de la visite d’une délégation du PNUD au siège de la BAD à Abidjan, selon un communiqué de l’institution daté du 14 octobre 2026. La délégation était conduite par Keyzom Ngodup Massally, directrice du Pôle IA pour le développement durable du PNUD pour l’Afrique.
Lancée en février lors du Nairobi AI Forum 2026, l’initiative vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars d’ici à 2035 pour financer les fondations de l’intelligence artificielle sur le continent : entrepreneuriat, infrastructures de données régionales, cadres politiques et compétences.
Trois étapes dans chaque pays
D’après la BAD, l’intervention se fera en trois temps dans chaque pays : un diagnostic des gains de productivité possibles, la préparation de projets publics et privés, puis la mise en place d’une plateforme d’investissement associant plusieurs partenaires. Les pays concernés par la première vague n’ont pas été rendus publics.
« Nous mobiliserons des capitaux publics et privés autour de cet objectif », a déclaré Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la BAD chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, cité dans le communiqué. L’institution appelle gouvernements, institutions de financement du développement, investisseurs privés et fondations à rejoindre l’initiative.
Un objectif d’emplois revu
Le communiqué d’octobre évoque la création de 25 millions d’emplois d’ici à 2035. Celui de février, publié après le forum de Nairobi, mentionnait « jusqu’à 40 millions d’emplois » à la même échéance. La BAD n’a pas expliqué cet écart dans son dernier communiqué.
L’initiative s’appuie sur le rapport de la BAD Africa’s AI Productivity Gain, publié en juin 2025, qui estime que l’IA pourrait ajouter jusqu’à 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici à 2035. Selon ce rapport, 58 % de ce potentiel se concentre dans cinq secteurs : agriculture, commerce, industrie manufacturière, finance et santé. Au Sénégal, ces questions rejoignent les travaux du comité GouvNum sur la donnée et l’intelligence artificielle.
À ce stade, aucun accord de financement ni montant engagé n’a été annoncé. La liste des cinq premiers pays reste à connaître.
(Source : Social Net Link, 23 octobre 2026)
OSIRIS