Haut débit : l’Angola renforce son infrastructure nationale pour étendre la couverture
vendredi 2 octobre 2026
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’accès aux services numériques reste encore limité en Afrique. En Angola, environ 40,7 % de la population utilisait Internet en 2024.
Le gouvernement angolais a annoncé, le mercredi 30 septembre, un projet d’extension du réseau national de fibre optique terrestre. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement de ses infrastructures de connectivité afin d’étendre la couverture du haut débit et d’améliorer l’accès aux services de télécommunications sur l’ensemble du territoire.
Selon un communiqué du gouvernement publié sur sa page Facebook, le projet comprend également un câble sous-marin domestique qui permettra d’interconnecter les villes côtières.
La fibre optique, un maillon central du haut débit
Le réseau de fibre optique constitue une infrastructure essentielle pour acheminer les données entre les différentes régions du pays. Dans son diagnostic sur l’économie numérique de l’Angola publié en 2023, la Banque mondiale souligne que la fibre terrestre est appelée à jouer un rôle central dans les liaisons de capacité entre les réseaux. Les technologies satellitaires et les faisceaux hertziens ne peuvent en effet pas toujours répondre aux besoins actuels et futurs en capacité.
L’institution relève toutefois que l’Angola dispose déjà d’un réseau conséquent, évaluant à environ 32 000 km l’inventaire de fibre disponible en 2023. Elle identifie néanmoins des insuffisances dans son utilisation et sa répartition, ainsi qu’un niveau encore limité de partage des infrastructures entre les opérateurs.
La Banque mondiale souligne aussi les difficultés rencontrées par certains acteurs. Angola Telecom, l’opérateur public historique de télécommunications du pays, est considéré comme un fournisseur de dernier recours peu fiable, tandis que son réseau domestique côtier reste hors service, le coût de sa réparation étant jugé prohibitif. De son côté, Unitel, principal opérateur mobile angolais, dispose de 14 000 km de fibre de transport, mais ne propose pas de services de gros aux autres opérateurs, malgré une capacité excédentaire importante.
Les réseaux de la compagnie ferroviaire de Benguela et du réseau national de transport d’électricité sont, selon la Banque mondiale, les fournisseurs tiers les plus fiables. Leur couverture reste toutefois limitée aux emprises respectives des infrastructures ferroviaires et électriques.
Renforcement de l’infrastructure nationale de haut débit
L’extension du réseau terrestre intervient alors que Luanda multiplie les projets destinés à renforcer les infrastructures existantes. Le programme Conecta Angola constitue l’un des principaux volets de cette stratégie. Il s’appuie sur ANGOSAT-2, le satellite de télécommunications national angolais, pour fournir une connexion aux localités où les réseaux terrestres ou mobiles sont insuffisamment présents. En avril 2025, l’Institut angolais des communications (INACOM) indiquait que le programme avait installé 20 points dans 16 provinces et permis à plus de 350 000 personnes vivant dans des zones reculées d’accéder gratuitement à Internet.
Le dispositif a depuis évolué vers une offre commerciale. Lancée en décembre 2025, cette version exploite les capacités de l’ANGOSAT-2 et permet à des entrepreneurs et à des acteurs locaux de distribuer des services de communication dans les zones difficiles d’accès.
Sur le volet de la connectivité internationale, le projet Conecta Angola doit désormais bénéficier d’une liaison avec le câble sous-marin 2Africa. Annoncée fin septembre, cette connexion doit augmenter la capacité d’acheminement du trafic généré par les terminaux VSAT. Le trafic des localités connectées par ANGOSAT-2 est transmis jusqu’au hub du projet avant d’être orienté vers les réseaux nationaux et internationaux via le 2Africa.
Les autorités ont également évoqué le projet Ilumina Angola, qui doit mettre en place un mécanisme d’investissement partagé entre les opérateurs intéressés par le développement de nouvelles infrastructures, rendre opérationnel le roaming national et favoriser la concurrence ainsi que la rentabilité du secteur à travers les politiques publiques et la réglementation.
Une fracture numérique face à une demande grandissante
Ces investissements interviennent alors que la fracture numérique reste importante en Angola. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), environ 59,3 % de la population angolaise n’utilisait pas Internet en 2024, toutes technologies confondues. La même source indique que les réseaux haut débit mobiles 3G, 4G et 5G couvraient respectivement 90,9 %, 80,3 % et 33,8 % de la population en 2025.
Cette adoption encore limitée du haut débit intervient dans un contexte de transformation numérique accélérée, marqué par une demande croissante en connectivité. Chez les particuliers, l’amélioration de l’accès à Internet doit faciliter le recours à un nombre croissant de services en ligne, qu’il s’agisse de l’éducation, des services financiers, du commerce électronique, du divertissement ou des outils de communication.
Pour les entreprises, une connectivité plus accessible et plus performante peut favoriser le développement du commerce électronique, des services en ligne et des outils numériques nécessaires aux activités quotidiennes. Elle doit aussi faciliter l’adoption de solutions telles que le cloud, les plateformes collaboratives et les services de communication à distance.
Dans les administrations publiques, l’amélioration de la connectivité peut soutenir la numérisation des procédures et le développement des services publics en ligne. Elle doit permettre aux administrations de renforcer leurs échanges de données, de déployer davantage de plateformes numériques et de rapprocher certains services des populations, y compris dans les zones éloignées.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 2 octobre 2026)
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