Guinée équatoriale : la société nationale d’électricité envisage d’entrer sur le marché de l’Internet
lundi 15 juin 2026
Face à la croissance des usages numériques, la Guinée équatoriale entend mieux exploiter ses infrastructures existantes. Les autorités envisagent de transformer le réseau de fibre optique de SEGESA en actif commercial au service des opérateurs télécoms et de la connectivité nationale.
La Société d’électricité de Guinée équatoriale (SEGESA) envisage d’élargir son champ d’activité au‑delà de la distribution d’énergie. Réuni le vendredi 12 juin à Malabo avec les responsables de l’entreprise publique, le vice‑président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a recommandé la création d’une structure dédiée à la gestion et à la valorisation du réseau national de fibre optique déployé par l’entreprise.
Cette orientation s’inscrit dans le projet de modernisation du réseau électrique national conduit par SEGESA. L’entreprise s’appuie sur près de 2000 kilomètres de fibre optique installés le long de ses infrastructures afin d’améliorer la supervision du réseau, la gestion de la facturation, le suivi des opérations et l’efficacité globale des services. Selon les autorités, ces investissements pourraient également servir de socle au développement du haut débit et de technologies avancées comme la 5G.
Au‑delà de ses besoins internes, SEGESA envisage désormais d’exploiter commercialement cette infrastructure en la mettant à la disposition d’autres acteurs du marché, notamment les opérateurs de télécommunications. Une telle stratégie permettrait à l’entreprise de diversifier ses sources de revenus tout en contribuant au renforcement de la connectivité numérique dans le pays.
Cette ambition intervient alors que la demande en services numériques continue de progresser en Guinée équatoriale. Selon DataReportal, le pays comptait environ 1,16 million d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,4 % de la population. Le nombre d’internautes a augmenté de 28 000 en un an, illustrant une adoption croissante des services numériques par les ménages, les entreprises et les administrations.
L’initiative de SEGESA rejoint une tendance observée dans certains pays où les entreprises publiques d’électricité cherchent à rentabiliser leurs infrastructures numériques. Au Kenya, la société publique de transport d’électricité KETRACO commercialise une partie de sa capacité de fibre optique auprès d’opérateurs télécoms afin de générer des revenus supplémentaires et de soutenir le développement du haut débit.
Pour les autorités équato‑guinéennes, le projet présente un potentiel économique important. S’appuyant sur une étude réalisée par Huawei, le vice‑président a estimé que cette infrastructure pouvait créer davantage de valeur pour l’entreprise publique. Il a ainsi recommandé la mise en place d’une entité spécialisée, dotée de compétences techniques adaptées et accompagnée par un partenaire technologique expérimenté.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 15 juin 2026)
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