Guinée équatoriale : la qualité de service, une priorité du futur opérateur télécoms
mercredi 21 octobre 2026
La Guinée équatoriale cherche à combler ses retards en matière de connectivité et à soutenir sa transformation numérique. Les autorités engagent un vaste plan de modernisation du réseau télécoms.
Le gouvernement équato-guinéen poursuit les démarches en vue de la création de TELGESA, le futur opérateur de télécommunications du pays. Cette entreprise est appelée à contribuer à l’amélioration de la qualité des services, une problématique qui reste préoccupante dans un contexte de transformation numérique accélérée, marqué par une demande croissante en connectivité et des exigences accrues des consommateurs.
La semaine dernière, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue (photo) a réuni le Premier ministre, Manuel Osa Nsue Nsua, les responsables des Télécommunications, de GECOMSA et de l’avocature de l’État pour faire le point sur l’avancement du projet. Les autorités entendent régler les questions encore en suspens afin de parvenir à la signature de l’accord avec le groupe d’investisseurs EGSA LOITA avant la fin du mois d’octobre.
Des défis de couverture réseau et de qualité de service
EGSA LOITA a proposé un investissement de 50 millions de dollars pour accompagner la création de TELGESA, avec le déploiement de 260 tours de télécommunications. Le projet vise une couverture de 90 % du territoire national. Selon le « GSMA Mobile Connectivity Index 2026 », le réseau mobile 2G couvre actuellement 85 % de la population équato-guinéenne, contre 13,4 % pour la 4G.
Un audit confié au cabinet Cyberteq, dont les résultats ont été présentés en avril 2026, a relevé plusieurs insuffisances dans les infrastructures existantes. Le rapport mentionne des lacunes concernant les équipements, le débit, la capacité du réseau et la planification technique. Il signale aussi l’obsolescence de certains équipements, la faible vitesse de transmission des données et des interruptions d’appels liées à la saturation du réseau.
En juin dernier, à l’issue d’une réunion consacrée au nouvel opérateur, le vice-président avait dénoncé ces difficultés dans une publication sur X : « Les citoyens ne peuvent pas continuer à subir des appels interrompus, des problèmes de couverture ou un service défaillant. Les télécommunications sont aujourd’hui un outil essentiel pour étudier, travailler, faire des affaires et communiquer. Il est donc de notre devoir de moderniser le réseau et d’offrir un service à la hauteur des besoins du pays. »
Un lancement encore conditionné à plusieurs étapes
Reste à savoir si le calendrier prévu sera respecté, alors que les autorités espéraient voir TELGESA entrer en activité avant la fin de 2026. La concrétisation du projet reste conditionnée par plusieurs étapes, dont la finalisation de l’évaluation du patrimoine de GECOMSA. Confiée au cabinet KPMG, cette mission doit permettre de déterminer la valeur des installations, des équipements et des autres actifs de l’opérateur public, afin de fixer la participation de l’État dans le capital du futur opérateur.
Même si l’accord est signé dans les délais annoncés, le lancement des activités de TELGESA avant la fin de l’année reste à confirmer. La mise en place de la structure de gestion, la mobilisation des financements et le déploiement des infrastructures figurent parmi les étapes susceptibles de précéder la commercialisation des offres. Les consommateurs équato-guinéens ne pourront souscrire aux services du nouvel opérateur qu’après leur mise à disposition.
Malgré les ambitions de TELGESA et les investissements annoncés, plusieurs facteurs structurels pourraient continuer d’affecter la qualité des services de télécommunications en Guinée équatoriale. Le pays dépend principalement du câble sous-marin ACE pour sa connectivité internationale. Son rapprochement avec le Nigeria et le projet de raccordement au câble MEDUSA, prévu entre 2029 et 2031, visent, selon les autorités, à réduire les interruptions de service Internet et à garantir une connexion plus stable et de meilleure qualité.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 21 octobre 2026)
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