Guinée équatoriale : contribution des plateformes numériques en discussion
jeudi 10 septembre 2026
La montée en puissance des plateformes numériques complique la collecte des recettes publiques, notamment lorsque les entreprises opèrent depuis l’étranger. En Guinée équatoriale, la question de leur contribution aux revenus de l’État revient désormais au centre des discussions.
La Guinée équatoriale entend mettre en place un mécanisme permettant à l’État de capter une partie des revenus générés par les grandes plateformes numériques présentes sur son marché. Le vice‑président Teodoro Obiang Nguema Mangue a demandé, le mardi 8 septembre à Malabo, l’ouverture de discussions avec Meta et d’autres entreprises du secteur afin de définir les modalités de leur contribution aux finances publiques.
La commission chargée du dossier doit notamment entamer des échanges avec Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, et examiner les différentes possibilités de paiement. L’objectif affiché par l’Exécutif est de faire contribuer les entreprises qui développent une activité économique en Guinée équatoriale, y compris lorsque leurs services sont fournis depuis l’étranger.
Une réflexion déjà engagée sur les revenus numériques
Cette démarche intervient alors que Malabo travaille déjà sur le suivi des revenus générés par certaines activités numériques. En juin 2026, le gouvernement avait examiné un projet présenté par N‑Soft visant notamment à améliorer le recouvrement des revenus non déclarés issus du commerce électronique, des plateformes numériques, des réseaux sociaux et de la monnaie numérique. Le dispositif envisagé repose sur une plateforme technologique capable de suivre et d’analyser en temps réel les opérations réalisées par les acteurs concernés.
La question dépasse désormais le seul suivi des opérateurs économiques nationaux. La commission désignée par le vice‑président a reçu l’autorisation d’engager des discussions avec d’autres plateformes numériques et d’étudier les mécanismes de contribution applicables à leurs activités, en tenant compte notamment de leurs conditions d’utilisation. Cette orientation rapproche la Guinée équatoriale d’un mouvement engagé dans plusieurs marchés africains pour mieux capter les revenus issus des services numériques transfrontaliers.
La démarche intervient alors que plusieurs pays du continent ont commencé à adapter leur fiscalité à ces activités. En Guinée, par exemple, une redevance de conformité numérique instaurée en mai 2026 vise les plateformes étrangères fournissant notamment des services de streaming, de cloud, de publicité numérique et de commerce électronique, avec un taux transitoire de 3 % avant une grille comprise entre 1,5 % et 7 %.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 10 septembre 2026)
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