Google Cloud et Liquid C2 ouvrent un centre pour démocratiser l’accès à l’IA en Afrique du Sud
jeudi 9 avril 2026
Le marché africain de l’IA souffre d’un manque d’écosystèmes intégrés, freinant l’innovation locale. En inaugurant leur premier centre, Liquid C2 et Google Cloud entendent structurer cette filière en fournissant l’expertise technique et le support logistique indispensables à l’émergence de solutions souveraines.
Liquid C2, filiale du groupe Cassava Technologies, a inauguré le mercredi 8 avril à Johannesburg le premier centre d’expérience partenaire en Afrique adossé aux technologies de Google Cloud. Cette infrastructure vise à renforcer les capacités locales pour concevoir et déployer des solutions adaptées aux besoins des entreprises africaines.
Le dispositif s’adresse principalement aux partenaires locaux, appelés à évoluer au-delà de la simple revente de services numériques. Concrètement, le centre propose un parcours structuré permettant d’obtenir des certifications Google Cloud, tout en donnant accès à des environnements techniques pour concevoir, tester et déployer des solutions adaptées aux réalités du marché africain.
Les entreprises pourront notamment expérimenter des outils avancés comme Gemini Enterprise ou le « Gemini Playspace », dédiés au développement d’applications d’intelligence artificielle. L’objectif est de faciliter le passage de la phase de test à des déploiements opérationnels, en s’appuyant sur un accompagnement technique et un accès direct à des ingénieurs spécialisés.
Au-delà de la formation, le centre fonctionne comme un espace de co‑innovation. Start‑up, entreprises, développeurs et acteurs publics peuvent y collaborer pour concevoir des solutions sectorielles, notamment dans la finance, la santé ou le commerce. Une fois développées, ces solutions pourront être commercialisées via le réseau de distribution de Liquid C2, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de revenus pour les partenaires.
Cette initiative intervient dans un contexte d’expansion rapide du cloud en Afrique, où la demande en solutions numériques et en compétences techniques s’accélère. Le marché du cloud sur le continent pourrait dépasser 15 milliards de dollars dès 2025 et 29 milliards de dollars à l’horizon 2030, selon des données de Statista. Cependant, cette croissance se heurte à un déficit majeur de talents qualifiés. D’après l’International Finance Corporation (IFC), l’Afrique pourrait nécessiter plus de 230 millions d’emplois numériques d’ici 2030, alors que l’offre de professionnels formés reste insuffisante.
Avec ce centre, Liquid C2 cherche ainsi à structurer un écosystème local capable de répondre à cette double exigence : combler le déficit de compétences et fournir des solutions cloud et IA adaptées au marché africain. Pour le groupe, l’enjeu est aussi de renforcer sa position sur un marché où les grands fournisseurs de cloud multiplient les investissements, notamment en Afrique du Sud, principal hub technologique du continent.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 9 avril 2026)
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