Ghana : une plateforme pour vérifier l’état civil des partenaires avant le mariage
mercredi 9 septembre 2026
Vérifier l’existence ou la validité d’une union peut s’avérer complexe au Ghana, où les informations matrimoniales reposent sur plusieurs institutions et régimes d’enregistrement. Une initiative numérique entend répondre à cette fragmentation.
Au Ghana, les informations relatives aux mariages et aux divorces peuvent désormais être recherchées sur une même plateforme numérique. Baptisée Marrify, la solution a été lancée récemment à Accra par Marry Right Ghana Ltd, en partenariat avec le ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale. Elle permet de rechercher des dossiers de mariage et de divorce enregistrés, mais aussi de vérifier les agents habilités à célébrer les unions, les lieux autorisés, les églises et les imams.
Regrouper des informations aujourd’hui dispersées
Marrify fonctionne comme un registre numérique interrogeable à partir de plusieurs sources. La plateforme indique notamment s’appuyer sur les données du département du registre général, des tribunaux, des assemblées locales et de la Gazette du Ghana. Les recherches peuvent porter sur le nom d’une personne, celui de son conjoint, une localité, une église, un numéro de certificat ou encore une référence de la Gazette. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de retrouver des informations qui relevaient jusque-là de différents circuits administratifs.
Cette centralisation intervient dans un système où l’enregistrement reste organisé selon plusieurs régimes. Le Ghana distingue notamment les mariages célébrés sous l’ordonnance, les mariages coutumiers et les mariages musulmans, avec des procédures d’enregistrement différentes. Pour un mariage sous l’ordonnance, le département du registre général prévoit notamment le dépôt d’un avis auprès du registraire, suivi d’une période de publication avant la délivrance du certificat en l’absence d’opposition. Les mariages coutumiers, eux, sont enregistrés auprès des autorités compétentes au niveau local.
La qualité des données reste déterminante
La mise en ligne des registres ne signifie toutefois pas que toute l’information matrimoniale du pays est déjà disponible. Marrify précise que les dossiers sont encore ajoutés progressivement et qu’une recherche infructueuse ne signifie pas nécessairement qu’un certificat n’existe pas. La plateforme prévoit par ailleurs de relier les dossiers aux institutions, aux officiers et aux lieux concernés afin de faciliter leur vérification.
Cette question de la couverture des données constitue l’un des principaux enjeux du dispositif. Lors du lancement, la ministre du Genre Agnes Naa Momo Lartey a estimé que son efficacité dépendrait de la confiance du public dans les informations fournies et de la coopération des institutions chargées de leur enregistrement. Marrify propose également des outils destinés aux administrations, aux tribunaux et aux organisations religieuses, ainsi qu’un assistant d’intelligence artificielle consacré au droit matrimonial ghanéen.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 9 septembre 2026)
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