Ghana : un centre de 250 millions $ pour soutenir le développement de l’IA
jeudi 2 avril 2026
L’intelligence artificielle constitue un pilier de la stratégie nationale de transformation numérique du Ghana. Selon la GSMA, l’intégration des TIC dans les secteurs clés pourrait créer environ 3,6 milliards de dollars de valeur ajoutée et générer 50 000 emplois d’ici 2029.
Le gouvernement ghanéen envisage de créer un centre informatique dédié à l’intelligence artificielle (IA) afin de soutenir le développement et l’usage de cette technologie dans le pays. L’Exécutif vient d’approuver un investissement de 250 millions de dollars à cet effet.
L’initiative a été annoncée le mardi 31 mars par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation, lors d’une rencontre nationale des parties prenantes consacrée à la méthodologie d’évaluation de l’état de préparation à l’IA (Readiness Assessment Methodology – RAM) du Ghana.
Selon le ministère, le centre soutiendra la recherche, le développement et le déploiement de solutions d’IA dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et les services financiers. Il devrait également renforcer l’innovation technologique du pays et positionner le Ghana comme un pôle majeur de l’IA responsable en Afrique.
Un renforcement des efforts en faveur de l’IA
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités ghanéennes pour développer l’IA, qui occupe une place importante dans la stratégie de transformation numérique. Le gouvernement a déjà mis en place une stratégie nationale d’IA, dont le lancement officiel est prévu le 24 avril.
Le pays prépare également une évaluation de son état de préparation à l’IA, en partenariat avec l’UNESCO et avec le financement de l’Union européenne. Selon M. George, cette étude fournit un cadre permettant d’évaluer la préparation du pays en matière de gouvernance, d’infrastructures, d’écosystèmes de données, de recherche, de préparation économique et de garanties éthiques.
Le ministre a précisé que les conclusions de cette évaluation orienteront directement les décisions politiques et la planification de leur mise en œuvre. Il a identifié quatre domaines prioritaires : le renforcement de la gouvernance des données, l’investissement dans la recherche en IA et les infrastructures de calcul, l’élargissement de l’éducation à l’IA et des compétences numériques, ainsi que l’intégration de garanties éthiques dans le déploiement des technologies.
Le 24 mars, les autorités ghanéennes ont lancé la première cohorte d’un programme national de formation des fonctionnaires à l’IA afin de renforcer les capacités du secteur public. Reposant sur un modèle de « formation des formateurs », l’initiative couvre plusieurs concepts fondamentaux de l’intelligence artificielle, comme l’apprentissage automatique, les réseaux neuronaux et les différentes étapes de conception et de déploiement des systèmes d’IA. Elle met également l’accent sur la distinction entre l’IA prédictive et l’IA générative, ainsi que sur l’importance de la supervision humaine, jugée essentielle pour garantir la fiabilité, l’exactitude et la responsabilité des systèmes déployés.
« Cette initiative devrait renforcer les capacités institutionnelles, favoriser la collaboration et soutenir une intégration responsable de l’IA au sein de l’administration, positionnant ainsi la fonction publique ghanéenne pour offrir des services publics plus efficaces, innovants et centrés sur les citoyens », a déclaré le ministère de la Communication dans un communiqué publié sur facebook.
Le défi de la fracture numérique
Si l’intelligence artificielle est présentée comme un levier de transformation dans de nombreux secteurs, elle s’accompagne toutefois de défis majeurs, dont la fracture numérique. Le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que cette fracture persistante constitue un obstacle important à l’adoption de l’IA dans le secteur public, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ainsi que dans les pays les moins avancés.
Au Ghana, le taux de pénétration mobile dépasse 110 %, avec environ 38 millions d’abonnements, ce qui constitue, selon les autorités, une base favorable au développement des technologies numériques. Cependant, cette performance peut être biaisée. Les statistiques comptabilisent généralement chaque carte SIM active comme un abonné, alors qu’un même individu peut en détenir plusieurs.
Des sources officielles indiquent qu’en 2022, près de 30 % de la population vivait encore dans des zones rurales non connectées. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration de l’Internet atteignait 72,2 % en 2024, contre 73,1 % pour la téléphonie mobile, mettant en évidence un écart entre accès et usage. L’utilisation de la 4G demeure inférieure à 60 % malgré une couverture nationale supérieure à 90 %, selon les données officielles. Par ailleurs, le taux de pénétration des smartphones est estimé à 53 % chez les personnes âgées de plus de 15 ans, d’après la Banque mondiale.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 2 avril 2026)
OSIRIS