Ghana : le contrôle des prestataires de cybersécurité se durcit
jeudi 13 août 2026
La montée en puissance du numérique au Ghana s’accompagne d’un besoin accru de protection des infrastructures et des données. Le pays durcit progressivement son cadre réglementaire afin de renforcer la confiance et la résilience de son écosystème numérique.
Le Ghana renforce le contrôle des activités de cybersécurité sur son territoire. La Cyber Security Authority (CSA) a récemment sanctionné l’Office of the Registrar of Companies (ORC) et la société Purpleline Solutions pour avoir engagé et fourni, respectivement, des services de cybersécurité sans respecter les exigences de licence prévues par la réglementation nationale.
L’ORC, chargé notamment de l’enregistrement et de la gestion des informations relatives aux entreprises, a été condamné à une amende de 240 000 cedis ghanéens (≈ 21 500 USD), soit deux pénalités de 120 000 cedis. La CSA lui reproche d’avoir fait appel à Purpleline Solutions alors que cette entreprise ne disposait pas encore de l’autorisation requise pour fournir les services concernés. L’organisme public devra également se conformer aux directives de l’Autorité dans un délai d’un mois.
Purpleline Solutions a, de son côté, écopé d’une amende supplémentaire de 120 000 cedis ghanéens pour avoir fourni des services de cybersécurité sans licence. Selon la CSA, l’entreprise n’a déposé sa demande d’autorisation que le 15 juillet 2026, alors qu’elle avait déjà commencé à intervenir auprès de l’ORC. L’Autorité rappelle ainsi qu’une demande de licence ne vaut pas autorisation d’exercer.
Un marché désormais soumis à licence
Cette affaire illustre surtout le renforcement du cadre réglementaire ghanéen autour de la cybersécurité. Depuis 2023, la CSA soumet les fournisseurs de services de cybersécurité à un régime de licence prévu par le Cybersecurity Act, 2020 (Act 1038). Celui-ci couvre notamment les tests de vulnérabilité et d’intrusion, la criminalistique numérique, les services de cybersécurité managés ainsi que les activités de gouvernance, de risque et de conformité.
Le dispositif concerne particulièrement les infrastructures d’information critiques, dont la protection constitue une priorité pour les autorités. Le Ghana a identifié 13 secteurs comme infrastructures d’information critiques, couvrant notamment des activités essentielles au fonctionnement économique et social du pays. La CSA considère que la sécurisation de ces infrastructures est devenue indispensable à mesure que les services publics et privés se numérisent.
Le pays cherche parallèlement à structurer son marché de la cybersécurité. En juillet 2024, 51 acteurs avaient reçu leurs premières licences ou accréditations dans le cadre du nouveau régime. Deux mois plus tard, une deuxième vague de 94 acteurs a porté le total à 145 prestataires autorisés.
Cette évolution intervient alors que le Ghana poursuit la numérisation de son économie et de son administration. Pour les autorités, le développement des services numériques doit ainsi s’accompagner d’un cadre capable de renforcer la confiance, de protéger les infrastructures critiques et de professionnaliser le marché local de la cybersécurité. La sanction contre l’ORC et Purpleline Solutions constitue un signal adressé à l’ensemble des acteurs soumis à cette réglementation.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 13 août 2026)
OSIRIS