Ghana : la formation d’un million de jeunes au numérique passe à l’échelle nationale
lundi 13 avril 2026
Le programme a été officiellement lancé en avril 2025. La phase pilote devait initialement cibler 500 apprenants répartis dans quatre centres à Accra, Kumasi, Sunyani et Tamale. Face à l’engouement, ce nombre a été porté à environ 1000.
Après la phase pilote, les autorités ghanéennes ont lancé le déploiement à l’échelle nationale du « One Million Coders Programme (OMCP) », visant à doter les jeunes de compétences numériques. Cette initiative entend faciliter leur accès à des opportunités d’emploi dans l’économie numérique mondiale.
Ce lancement a été marqué, le vendredi 10 avril, par la distribution d’ordinateurs portables par le ministère de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation à plusieurs institutions et centres partenaires, notamment le Ghana Investment Fund for Electronic Communications (GIFEC), Ghana Digital Centres Limited et le Ghana‑India Kofi Annan Centre of Excellence in ICT.
Dans le cadre de la phase 1, le programme sera déployé dans 130 centres de formation répartis dans les 16 régions du pays, chacun étant équipé de 50 ordinateurs portables configurés pour l’apprentissage du codage. Douze universités, dont l’Université du Ghana, la Kwame Nkrumah University of Science and Technology et l’Université de Cape Coast, participent à cette première phase. Le gouvernement a également recruté 130 coordinateurs au niveau des circonscriptions pour gérer les centres et fournir un appui technique aux apprenants, avec l’ambition d’étendre le programme à l’ensemble des circonscriptions du pays.
Pour participer, les jeunes Ghanéens doivent s’inscrire via une plateforme dédiée, déjà ouverte dans le cadre de la phase pilote. Alors que les autorités recherchaient 500 personnes, elles ont reçu plus de 94 000 candidatures en 48 heures, ce qui les a poussées à étendre la phase pilote à 1000 personnes. Le ministère a indiqué que le portail de candidature rouvrira prochainement, permettant aux anciens candidats de poursuivre leur inscription, tandis que les nouveaux candidats devront suivre un processus de vérification simplifié lié au système Ghana Card.
Le numérique, levier d’emploi pour la jeunesse ghanéenne
Selon le ministère, le programme devrait contribuer de manière significative à l’agenda de transformation numérique du Ghana en formant une main‑d’œuvre qualifiée. Elle sera ainsi en mesure de saisir les opportunités émergentes dans des domaines tels que l’intelligence artificielle (IA), le développement de logiciels et les emplois numériques à distance.
« Pour nous, cela ne se limite pas à la simple formation des personnes. Après avoir formé les diplômés, encore faut‑il savoir où ils trouvent un emploi. Il s’agit donc de toute une chaîne de valeur. C’est pourquoi nous devons recueillir toutes les données nécessaires afin de suivre les progrès de nos citoyens et de rendre compte de manière appropriée au peuple ghanéen ainsi qu’à nos partenaires corporatifs des investissements qu’ils réalisent », a déclaré Sam George Nartey, ministre de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation.
Cette initiative intervient dans un contexte où l’emploi des jeunes constitue une préoccupation majeure. Parallèlement, l’accélération de la transformation numérique dans tous les secteurs redéfinit le marché du travail. La Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Dans son rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) indique que la création d’emplois n’a pas suivi le rythme de croissance de la population jeune. Le taux de chômage, estimé à 21,7 % en 2023, est particulièrement élevé chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Un nombre croissant de diplômés se retrouve sans emploi en raison d’un décalage entre leurs compétences et les besoins du marché, tandis qu’une grande partie des nouveaux entrants sur le marché du travail évolue dans le secteur informel.
Une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025 indique que 34 % des Ghanéens âgés de 15 à 35 ans ne disposent pas d’un emploi et en recherchent activement un. Par ailleurs, 16 % des personnes de cette tranche d’âge ayant participé à l’enquête déclarent ne pas avoir d’emploi et ne pas en rechercher.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 avril 2026)
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