Genève : la Côte d’Ivoire appelle à une « souveraineté numérique coopérative » et propose une École Régionale Africaine de l’IA
mardi 7 juillet 2026
Au Global dialogue on AI Gouvernance organisé par les Nations Unies à Genève, la Côte d’Ivoire a porté une voix forte pour une IA inclusive et partagée.
M. Djibril Ouattara, ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, représenté son pays et appelé à une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle qui évite les erreurs du passé tout en plaçant l’Afrique au cœur de la révolution technologique. D’entrée, le Ministre a salué l’initiative onusienne et transmis le message du Président de son pays.
Face à l’ampleur des enjeux, M. Ouattara a rappelé que l’IA est une transformation majeure. Citant le cabinet PWC, il a souligné : « Selon une étude du Cabinet PricewaterhouseCoopers (PWC), l’IA pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars dans l’économie mondiale d’ici 2030. Cependant, une question émerge : quelles sont les économies qui en bénéficieraient réellement ? »
Pour Abidjan, la réponse ne fait aucun doute : « Pour la Côte d’Ivoire, la réponse est claire : l’IA ne doit pas être le privilège de quelques économies ou plateformes. Elle doit être un levier de progrès partagé et éthique. »
Une ambition numérique et 5 chantiers structurants
La Côte d’Ivoire mise sur le numérique pour devenir un pays émergent de la classe supérieure. Avec 95% de couverture en bande large aujourd’hui, le pays vise les 100% pour « rendre les services du gouvernement accessible à tous en ligne ».
Cette transformation est portée par le Ministère de la transition numérique et de l’innovation technologique. Sa feuille de route intègre « un pilier stratégique dédié au déploiement d’une intelligence artificielle ivoirienne inclusive et éthique ». L’ambition est claire : « faire de l’IA un levier de souveraineté, de productivité, d’inclusion et de progrès social pour tous ».
Les quatre piliers pour une gouvernance mondiale de l’IA
La Côte d’Ivoire a plaidé pour une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle fondée sur quatre piliers. Le premier est l’inclusion, « pour qu’aucun pays ne reste en marge de cette révolution et que les pays en développement soient soutenus dans l’accès aux infrastructures, aux données et au financement ». Le deuxième est la confiance, à travers « des principes clairs de transparence, de cybersécurité et de protection des données ».
Le troisième est l’interopérabilité, via « des architectures ouvertes et une circulation sécurisée des données utiles au développement ». Enfin, le quatrième pilier est une souveraineté numérique coopérative, « permettant à chaque pays de participer à la définition des règles et d’adapter l’IA à ses réalités ».
Le Ministre a insisté sur la nécessité de cadres supranationaux : « Le numérique étant par définition sans frontière, nous participons donc à toutes les démarches supranationales qui pourraient protéger nos citoyens des biais et influences idéologiques dans l’utilisation de l’IA. »
Vers une École Africaine de l’IA
S’appuyant sur l’expérience de la CI dans l’OHADA, le CAMES et l’UEMOA, M. Ouattara a lancé un appel à la mutualisation. « C’est pourquoi, je profite de cette tribune pour lancer un appel à la coopération régionale et à la mutualisation des efforts, projets et investissements. » Objectif : bâtir des infrastructures partagées, développer des outils pour le patrimoine informationnel, et surtout former.
Sa proposition phare consiste en la création d’une École régionale africaine de l’intelligence artificielle. Une initiative qu’il juge indispensable pour que l’intelligence artificielle ait un impact concret « dès à présent à nos populations sur les questions de santé, d’éducation et de sécurité alimentaire », a-t-il souligné.
La participation de la Côte d’Ivoire a été également marquée par un plaidoyer en faveur d’une gouvernance mondiale inclusive de l’intelligence artificielle. En conclusion, le pays a salué « l’adoption du Pacte pour l’avenir et du Pacte numérique mondial » et réaffirmé « son engagement à contribuer, aux côtés des Nations Unies, de l’UIT et de l’UNESCO, à une gouvernance mondiale inclusive (…) Mon pays est convaincu que l’avenir de l’IA doit se construire collectivement, comme un instrument de progrès partagé », a-t-il déclaré.
Mohamadou Diallo
(Source : CIO Mag, 7 juillet 2026)
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