OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Juin 2025 > Fraude numérique transnationale : Plus de 39 000 victimes et 2,5 milliards (…)

Fraude numérique transnationale : Plus de 39 000 victimes et 2,5 milliards avec Sunutech

jeudi 26 juin 2025

Cybersécurité/Cybercriminalité

Selon les révélations du journal Libération, l’enquête en cours sur l’arnaque de grande ampleur liée à la plateforme Sunutech continue de livrer ses secrets. Les investigations menées par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), en collaboration avec les autorités aéroportuaires, ont permis de retracer les mouvements de deux figures clés de cette entreprise numérique : Xing Xiao et Lifan Hu, détenteurs des droits sociaux de Sunutech. Ces derniers ont quitté le territoire sénégalais entre le 18 et le 24 mai 2024 pour la Côte d’Ivoire. Ce déplacement coïncide avec des connexions techniques relevées à Abidjan sur l’interface d’administration de la plateforme, ce qui renforce l’hypothèse d’un pilotage opérationnel transnational, dans le cadre d’une fraude organisée à caractère structuré.

Un préjudice colossal : 2,53 milliards de FCFA, 39 846 victimes recensées

Toujours selon Libération, l’exploitation du fichier de transactions transmis par la société Connekt4 Sénégal, dans le cadre de l’enquête, a permis d’évaluer avec précision l’ampleur du préjudice. Ce relevé contient 57 921 opérations financières directement liées à Sunutech, pour un montant cumulé de 2 539 365 710 FCFA. À travers l’analyse technique de ces opérations, la DSC a pu identifier 39 846 numéros de téléphone distincts, attestant du nombre minimal de victimes impliquées dans cette fraude de masse.

Les transactions concernées ont principalement eu lieu entre octobre 2024 et mai 2025. Il est à noter qu’aucune mesure effective n’a été prise durant cette période pour signaler ces activités à la CENTIF ou pour suspendre les flux suspects. Interrogés, les responsables de Connekt4 ont admis l’absence de déclaration de soupçon dans les délais requis, invoquant une désorganisation interne et un défaut de coordination entre les services opérationnels et les cellules de conformité.

Le constat des enquêteurs, relayé par Libération, est accablant : la technologie fournie par Connekt4 Sénégal a servi de levier clé permettant aux organisateurs de la fraude d’opérer en toute discrétion. La plateforme leur a donné la possibilité d’effectuer des transferts directs de fonds vers des comptes Wave et Orange Money, échappant ainsi aux circuits de surveillance bancaires traditionnels. Ces flux financiers ont donc été soustraits aux mécanismes de contrôle réglementaire relatifs à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Pire encore, l’infrastructure mise à disposition par Connekt4 a permis une gestion opaque des fonds collectés : virements instantanés, décaissements en espèces, absence d’authentification des bénéficiaires finaux, et traçabilité quasi nulle. Les paiements effectués dans le cadre des offres « P1 à P10 » de la plateforme SEYP, basées sur le visionnage rémunéré de vidéos, ont constitué la couverture parfaite d’un système pyramidal exploitant l’espoir de gains fictifs.

Le rôle trouble de Connekt4 Sénégal et les révélations sur Babaly Ly

L’enquête judiciaire éclabousse également les responsables de Connekt4 Sénégal, dont Jean Paul Ghislain Louis Perrotte et Mme Marjan Céline Katouzlan, tous deux actuellement en fuite, ainsi que d’autres cadres de la cellule conformité. Les auditions mettent en lumière une complicité technique active, et un manque flagrant de contrôle interne qui a facilité l’expansion de cette escroquerie.

Un autre acteur clé, Babaly Ly, responsable portefeuille Business à Orabank – Agence des Parcelles Assainies, a joué un rôle déterminant dans la jouissance et la dissimulation des fonds frauduleux. Selon Libération, les enquêteurs ont mis à jour un schéma structuré d’instrumentalisation de comptes bancaires et mobiles — personnels ou appartenant à des proches — pour recevoir, masquer et redistribuer les produits de la fraude, notamment sous forme de cryptomonnaies, en particulier du USDT.

Les éléments matériels recueillis, notamment relevés bancaires, transactions mobiles et données téléphoniques, confirment que Babaly Ly a coordiné un véritable réseau de dissémination, impliquant ses propres proches. Ses opérations consistaient à retirer des fonds sur ses comptes ou ceux de ses relais, à réinjecter l’argent sous forme liquide ou via de nouveaux transferts numériques, en dehors de tout cadre légal.

Un système bien huilé, un contournement flagrant des dispositifs anti-blanchiment

Toujours selon Libération, l’ampleur du circuit mis en place est évaluée à plus de 70 millions de FCFA, à ce stade de l’enquête. Babaly Ly, en s’appuyant sur son expertise bancaire, a su exploiter les failles du système de vigilance, facilitant ainsi la transformation d’actifs numériques opaques en liquidités utilisables localement, sans alerter les dispositifs institutionnels. Trois membres de sa famille ont reconnu avoir mis à sa disposition leurs comptes bancaires et numéros de téléphone, parfois sans être pleinement conscients des implications, mais dans un schéma manifestement orchestré pour diluer et dissimuler les flux illicites.

Ce système a permis aux organisateurs de recycler les fonds issus de la fraude, de les transformer en espèces ou en cryptomonnaies, et de les détourner totalement des radars réglementaires, malgré plusieurs signaux internes convergents d’activités atypiques.

(Source : Senenews, 26 juin 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4289/5083 Régulation des télécoms
  • 346/5083 Télécentres/Cybercentres
  • 3624/5083 Economie numérique
  • 1980/5083 Politique nationale
  • 5083/5083 Fintech
  • 512/5083 Noms de domaine
  • 1999/5083 Produits et services
  • 1485/5083 Faits divers/Contentieux
  • 728/5083 Nouveau site web
  • 4928/5083 Infrastructures
  • 1694/5083 TIC pour l’éducation
  • 186/5083 Recherche
  • 243/5083 Projet
  • 3293/5083 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1752/5083 Sonatel/Orange
  • 1662/5083 Licences de télécommunications
  • 274/5083 Sudatel/Expresso
  • 1039/5083 Régulation des médias
  • 1286/5083 Applications
  • 1158/5083 Mouvements sociaux
  • 1647/5083 Données personnelles
  • 126/5083 Big Data/Données ouvertes
  • 593/5083 Mouvement consumériste
  • 358/5083 Médias
  • 643/5083 Appels internationaux entrants
  • 1875/5083 Formation
  • 92/5083 Logiciel libre
  • 1990/5083 Politiques africaines
  • 1121/5083 Fiscalité
  • 166/5083 Art et culture
  • 576/5083 Genre
  • 1685/5083 Point de vue
  • 997/5083 Commerce électronique
  • 1454/5083 Manifestation
  • 323/5083 Presse en ligne
  • 124/5083 Piratage
  • 206/5083 Téléservices
  • 919/5083 Biométrie/Identité numérique
  • 303/5083 Environnement/Santé
  • 366/5083 Législation/Réglementation
  • 338/5083 Gouvernance
  • 1803/5083 Portrait/Entretien
  • 144/5083 Radio
  • 786/5083 TIC pour la santé
  • 314/5083 Propriété intellectuelle
  • 58/5083 Langues/Localisation
  • 1045/5083 Médias/Réseaux sociaux
  • 1946/5083 Téléphonie
  • 190/5083 Désengagement de l’Etat
  • 999/5083 Internet
  • 114/5083 Collectivités locales
  • 396/5083 Dédouanement électronique
  • 1142/5083 Usages et comportements
  • 1025/5083 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 555/5083 Audiovisuel
  • 3381/5083 Transformation digitale
  • 388/5083 Affaire Global Voice
  • 154/5083 Géomatique/Géolocalisation
  • 313/5083 Service universel
  • 660/5083 Sentel/Tigo
  • 174/5083 Vie politique
  • 1507/5083 Distinction/Nomination
  • 34/5083 Handicapés
  • 684/5083 Enseignement à distance
  • 674/5083 Contenus numériques
  • 585/5083 Gestion de l’ARTP
  • 179/5083 Radios communautaires
  • 1746/5083 Qualité de service
  • 424/5083 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5083 SMSI
  • 461/5083 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2766/5083 Innovation/Entreprenariat
  • 1320/5083 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5083 Internet des objets
  • 173/5083 Free Sénégal
  • 655/5083 Intelligence artificielle
  • 194/5083 Editorial
  • 22/5083 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous