OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Juillet 2026 > Fraude dopée à l’IA : comment Visa arme sa défense

Fraude dopée à l’IA : comment Visa arme sa défense

mercredi 8 juillet 2026

Deepfakes, clonage de voix, arnaques industrialisées : l’intelligence artificielle a fait changer d’échelle la fraude aux paiements. Au Visa Payments Forum de Paris, le réseau américain a détaillé sa riposte, entre nouveaux outils commercialisés et doctrine revisitée. Pour l’Afrique, où l’interopérabilité et le mobile money élargissent la surface d’attaque, le sujet est loin d’être théorique.

La même intelligence artificielle qui promet le commerce de demain arme aussi ses fraudeurs. C’est le paradoxe au cœur de l’intervention de Rajat Taneja, président de la technologie de Visa, au forum annuel du réseau, réuni à Paris : les attaques assistées par IA ont bondi de 1 210 % en 2025, et près de la moitié de la fraude serait désormais pilotée grâce à des machines. Deepfakes, clonage de voix, identités synthétiques : des outils autrefois réservés à des équipes spécialisées sont devenus accessibles à n’importe quel escroc.

Fraude par machines contre machines

Face à cette bascule, Visa met en avant l’échelle de sa propre défense. Le réseau bloque environ 90 millions de cyberattaques et 11 millions d’emails d’hameçonnage chaque mois dans plus de 200 pays, selon ses propres données, au nom d’une doctrine de « zéro brèche, zéro interruption ». Il dit avoir investi plus de 13 milliards de dollars dans la technologie sur cinq ans, et revendique le blocage d’un milliard de dollars d’arnaques en six mois grâce à ses systèmes de détection.

Son infrastructure analyse chaque transaction en temps réel, en s’appuyant notamment sur un modèle d’intelligence artificielle entraîné sur des milliards d’opérations, présenté comme l’équivalent, pour les paiements, des grands modèles de langage.

VTIP, la sécurité comme produit

À Paris, cette défense est aussi devenue une offre commerciale. Le réseau a regroupé ses services sous la marque Visa Protect et officialisé, le 2 juillet, le lancement de la Visa Threat Intelligence Platform (VTIP), une plateforme de renseignement sur les menaces, destinée aux institutions financières. Visa précise en avoir été le premier client, la plateforme ayant été éprouvée contre des attaques réelles sur son propre réseau avant d’être commercialisée. « Les cyberattaques deviennent plus fréquentes, plus ciblées et plus difficiles à détecter tôt », a résumé Walter Lironi, responsable des services à valeur ajoutée pour la région CEMEA. La logique est assumée : la sécurité, longtemps coût interne, est désormais un service facturable, vendu aux banques, aux fintechs et aux commerçants qui n’ont pas les moyens de bâtir leur propre arsenal.

La doctrine, elle, a changé de centre de gravité. Selon la grille présentée par les responsables sécurité du réseau, la découverte des failles n’est plus le goulot d’étranglement, c’est leur correction qui l’est devenue. Le risque se déplace des vulnérabilités isolées vers leurs combinaisons, les attaquants humains cèdent la place à des adversaires autonomes, et les défenses statiques doivent devenir adaptatives, avec une vérification continue plutôt que des contrôles ponctuels. Concrètement, l’IA a rendu la détection triviale et la réaction critique.

Visa a indiqué figurer parmi la quarantaine d’entreprises d’infrastructures critiques auxquelles Anthropic, l’éditeur de l’assistant Claude, a ouvert son modèle de pointe Mythos, dont les capacités de détection de vulnérabilités sont jugées trop sensibles pour une diffusion publique. Le réseau dit l’avoir éprouvé pendant plusieurs mois contre ses propres défenses, qui ont tenu, avant de publier en source ouverte une partie de son outillage de correction des failles.

L’Afrique, cible mûre pour l’ingénierie sociale

Le continent africain généralise précisément ce qui élargit la surface d’attaque : des paiements instantanés et irréversibles, une interopérabilité croissante entre banques, fintechs et portefeuilles mobiles, et une masse d’utilisateurs récemment bancarisés, cibles privilégiées de l’ingénierie sociale. Un transfert en temps réel ne s’annule pas. Un utilisateur, dont le portefeuille mobile constitue son premier compte, n’a pas toujours les réflexes face à un faux conseiller au bout du fil. Or les fraudeurs, eux, disposent déjà des outils d’IA, quand nombre d’institutions du continent n’ont ni les données ni les moyens d’entraîner leurs propres modèles de défense.

C’est l’argument commercial que Visa déploie dans la région. Aminata Kane, responsable du réseau pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, en a fait l’une de ses trois priorités : mettre les systèmes de cybersécurité et de résilience du groupe à disposition de l’écosystème, fintechs, banques et processeurs, « pour que leurs clients se sentent en sécurité avec leur argent ». Charles Lobo, responsable régional des risques et ancien dirigeant du processeur panafricain Network International, a insisté sur la dimension transfrontalière du crime financier, qui suit l’argent là où les rails s’interconnectent.

Reste une question que le forum n’a pas tranchée : celle de l’asymétrie. Externaliser sa défense auprès d’un réseau mondial résout le problème des moyens, mais accroît la dépendance à un fournisseur unique, au moment même où les régulateurs de la région font de la maîtrise des infrastructures et des données un objectif de souveraineté. Entre une fraude qui s’industrialise et une défense qui se centralise, les institutions financières africaines devront arbitrer.

Fiacre E. Kakpo

(Source : Agence Ecofin, 8 juillet 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2265/2701 Régulation des télécoms
  • 178/2701 Télécentres/Cybercentres
  • 1714/2701 Economie numérique
  • 905/2701 Politique nationale
  • 2460/2701 Fintech
  • 267/2701 Noms de domaine
  • 1101/2701 Produits et services
  • 736/2701 Faits divers/Contentieux
  • 371/2701 Nouveau site web
  • 2701/2701 Infrastructures
  • 880/2701 TIC pour l’éducation
  • 97/2701 Recherche
  • 122/2701 Projet
  • 1685/2701 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 916/2701 Sonatel/Orange
  • 810/2701 Licences de télécommunications
  • 143/2701 Sudatel/Expresso
  • 506/2701 Régulation des médias
  • 655/2701 Applications
  • 533/2701 Mouvements sociaux
  • 824/2701 Données personnelles
  • 74/2701 Big Data/Données ouvertes
  • 310/2701 Mouvement consumériste
  • 186/2701 Médias
  • 328/2701 Appels internationaux entrants
  • 830/2701 Formation
  • 50/2701 Logiciel libre
  • 1070/2701 Politiques africaines
  • 499/2701 Fiscalité
  • 84/2701 Art et culture
  • 291/2701 Genre
  • 889/2701 Point de vue
  • 524/2701 Commerce électronique
  • 743/2701 Manifestation
  • 162/2701 Presse en ligne
  • 62/2701 Piratage
  • 102/2701 Téléservices
  • 482/2701 Biométrie/Identité numérique
  • 155/2701 Environnement/Santé
  • 172/2701 Législation/Réglementation
  • 186/2701 Gouvernance
  • 906/2701 Portrait/Entretien
  • 73/2701 Radio
  • 400/2701 TIC pour la santé
  • 154/2701 Propriété intellectuelle
  • 30/2701 Langues/Localisation
  • 604/2701 Médias/Réseaux sociaux
  • 983/2701 Téléphonie
  • 99/2701 Désengagement de l’Etat
  • 594/2701 Internet
  • 59/2701 Collectivités locales
  • 205/2701 Dédouanement électronique
  • 626/2701 Usages et comportements
  • 517/2701 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 281/2701 Audiovisuel
  • 1669/2701 Transformation digitale
  • 199/2701 Affaire Global Voice
  • 91/2701 Géomatique/Géolocalisation
  • 166/2701 Service universel
  • 334/2701 Sentel/Tigo
  • 90/2701 Vie politique
  • 848/2701 Distinction/Nomination
  • 18/2701 Handicapés
  • 358/2701 Enseignement à distance
  • 391/2701 Contenus numériques
  • 295/2701 Gestion de l’ARTP
  • 91/2701 Radios communautaires
  • 929/2701 Qualité de service
  • 261/2701 Privatisation/Libéralisation
  • 68/2701 SMSI
  • 251/2701 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1404/2701 Innovation/Entreprenariat
  • 678/2701 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2701 Internet des objets
  • 88/2701 Free Sénégal
  • 525/2701 Intelligence artificielle
  • 98/2701 Editorial
  • 21/2701 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2701 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous