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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Juillet 2025 > Fraude au baccalauréat : Quelle est cette application connectée au téléphone (…)

Fraude au baccalauréat : Quelle est cette application connectée au téléphone utilisée par des candidats ?

vendredi 4 juillet 2025

Faits divers/Contentieux

À Sicap Mbao, l’intégrité du baccalauréat 2025 est à nouveau mise à rude épreuve. Deux candidats ont été interpellés au centre d’examen du CEM de Diamaguène, en possession de téléphones portables connectés à une application spécialement conçue pour générer les corrigés des épreuves en temps réel.

Selon les informations rapportées par Les Échos, l’incident s’est produit dès le premier jour des épreuves du baccalauréat, dans un climat déjà tendu par les cas de fraudes recensés ailleurs dans le pays. Au centre concerné, une rumeur persistante faisait état de la présence de téléphones portables dans une salle d’examen. Une infraction grave au règlement, surtout après les rappels fermes du ministère de l’Éducation interdisant tout appareil électronique pendant les épreuves.

Alertés, les responsables du centre sont immédiatement intervenus. Ils ont rappelé aux candidats les directives strictes du ministère avant d’ordonner une palpation systématique. C’est au cours de cette opération que l’un des candidats, M. L. S., âgé de 26 ans, a paniqué et sorti de lui-même un téléphone de ses poches, lequel était connecté à une application dédiée à la triche. Conduit sans ménagement au bureau du président du jury, le jeune homme a reconnu les faits et a même révélé que d’autres candidats étaient eux aussi en infraction, sans toutefois en donner les noms.

Un autre téléphone découvert dans un sous-vêtement

L’opération de fouille s’est poursuivie et a permis de découvrir un second cas de fraude. Un autre candidat, M. D., 23 ans, avait dissimulé son téléphone dans son slip. Son appareil était lui aussi connecté à la même application. Pris sur le fait, il a avoué et présenté ses excuses, mais cela n’a pas suffi à le soustraire aux conséquences judiciaires.

D’après les sources de Les Échos, les deux candidats ont été remis à la police de Sicap Mbao pour les besoins de l’enquête. Après leur garde à vue, ils ont été déférés hier devant le parquet du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Les deux jeunes hommes sont poursuivis pour détention interdite de matériel électronique en milieu d’examen et tentative de fraude.

Des risques de poursuites pénales et d’exclusion longue durée

Les candidats interpellés risquent gros. En cas de condamnation, ils pourraient non seulement être interdits de repasser le baccalauréat pendant cinq ans, mais également faire face à une peine judiciaire pour fraude aux examens. Une sanction exemplaire que les autorités semblent désormais déterminées à appliquer, dans un contexte où les tentatives de triche se multiplient d’année en année, malgré les efforts de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés.

Ce nouveau cas de fraude souligne une tendance inquiétante : la sophistication croissante des moyens utilisés par certains candidats pour contourner les règles. Selon Les Échos, l’application utilisée par les deux fraudeurs permettait, à distance, d’envoyer des corrigés d’épreuves en temps réel, transformant ainsi les smartphones en véritables antisèches numériques.

Le défi de la cybersécurité dans les examens nationaux

Cette affaire relance le débat sur la cybersécurité dans le cadre des examens scolaires au Sénégal. Si la digitalisation présente de nombreux avantages pour l’administration éducative, elle offre également de nouvelles opportunités aux fraudeurs. Des voix s’élèvent déjà pour demander non seulement le renforcement des contrôles physiques, mais aussi la mise en place de dispositifs de brouillage dans les centres d’examen.

Du côté du ministère de l’Éducation, une réponse officielle n’a pas encore été rendue publique au moment où nous mettions sous presse. Mais selon Les Échos, des mesures disciplinaires pourraient être envisagées à l’encontre des surveillants du centre, si des manquements dans l’application des consignes sont avérés.

(Source : Senenews, 4 juillet 2025)

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