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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Janvier 2026 > Flou autour de 2,7 milliards FCFA : Guy Marius Sagna met Dahirou Thiam de (…)

Flou autour de 2,7 milliards FCFA : Guy Marius Sagna met Dahirou Thiam de Pastef sous pression

vendredi 2 janvier 2026

Gouvernance

Les questions écrites adressées par le député Guy Marius Sagna au gouvernement ont suscité de vives réactions au sein de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). En ciblant directement la gouvernance du directeur général, Dahirou Thiam, l’élu du parti Pastef met en avant plusieurs dysfonctionnements présumés touchant à la gestion administrative, financière et sociale de l’institution.

Selon des informations recueillies auprès de sources internes à l’ARTP, ces interpellations ont contribué à raviver un climat de tension déjà perceptible au sein de la structure. Plusieurs agents évoquent un malaise persistant, lié notamment à la gestion du personnel et à la concentration des décisions au niveau de la direction générale.

L’un des principaux points soulevés concerne l’absence prolongée de délégués du personnel. Le mandat des représentants élus est arrivé à expiration à la fin du mois de juin 2025. Un processus électoral avait été engagé, avec le dépôt de candidatures et le lancement d’une campagne interne en vue d’un scrutin prévu pour la fin juillet. Toutefois, l’élection a été reportée sans communication officielle détaillant les raisons de ce report ni l’annonce d’un nouveau calendrier. Depuis lors, l’ARTP fonctionne sans représentants du personnel légalement mandatés.

Des sources internes avancent que la direction aurait craint l’élection de candidats considérés comme critiques à l’égard du directeur général. Cette allégation, jugée grave par certains agents, n’a fait l’objet d’aucun démenti officiel à ce jour.

La question de l’attribution de primes spéciales figure également parmi les sujets de préoccupation. Si aucune preuve formelle n’établit que le directeur général en aurait bénéficié personnellement, plusieurs témoignages concordants indiquent que leur attribution relèverait largement de son pouvoir discrétionnaire, sans critères clairement définis ou rendus publics. Des écarts significatifs seraient observés entre agents.

Des juristes spécialisés en droit public rappellent que le décret n°2012-1314 du 31 octobre 2012 encadre strictement la rémunération des dirigeants et agents des agences publiques, en limitant notamment l’octroi de primes exceptionnelles ou d’avantages supplémentaires. Selon plusieurs sources, certains agents proches de la direction auraient perçu des primes représentant 200 %, 250 %, voire 300 % de leur salaire, tandis que d’autres auraient reçu des montants nettement inférieurs, parfois inférieurs à 50 % de leur rémunération mensuelle.

Par ailleurs, une controverse entoure une éventuelle acquisition d’un véhicule de type Toyota Land Cruiser V8. Aucune confirmation officielle n’a été apportée à ce sujet. Une telle dépense, si elle était avérée, irait toutefois à l’encontre des orientations arrêtées par le gouvernement, qui a remplacé les véhicules de fonction par une indemnité mensuelle plafonnée à 600 000 francs CFA dans le cadre de sa politique de rationalisation des dépenses publiques.

Sur le plan des ressources humaines, une dizaine de recrutements auraient été effectués depuis la prise de fonction de Dahirou Thiam. Ils concerneraient aussi bien des cadres que des agents de maîtrise, ainsi que des profils proches du directeur général, notamment son chauffeur et son garde du corps. Là encore, les procédures de recrutement et les critères de sélection ne sont pas clairement documentés, selon plusieurs sources internes.

Le dossier le plus sensible reste celui portant sur un montant de 2,7 milliards de francs CFA issus d’une licence accordée à la Société nationale d’électricité (Senelec). D’après plusieurs sources concordantes, un différend oppose la Direction générale au Collège de l’ARTP. Les sept membres du Conseil de régulation auraient exigé l’aval préalable du ministère des Finances pour l’utilisation de ces fonds, conformément aux principes de rationalisation budgétaire inscrits dans la doctrine gouvernementale « Jub-Jubal-Jubanti ».

En l’absence de cet accord, le budget réaménagé aurait été rejeté. Cette décision aurait donné lieu à des attaques médiatiques ciblant le président du Collège, accusé de bloquer le fonctionnement de l’institution. Des sources proches du dossier estiment toutefois que ces accusations ne reposent pas sur des éléments établis.

Dans un contexte où l’État multiplie les appels à la discipline budgétaire et à la mobilisation de l’épargne publique, l’affectation finale de ces 2,7 milliards de francs CFA demeure inconnue à ce stade. Face à ces interrogations, plusieurs observateurs appellent à une clarification officielle de la part de la direction de l’ARTP et des autorités de tutelle.

De son côté, le député Guy Marius Sagna a indiqué qu’il poursuivrait ses démarches parlementaires afin d’obtenir des réponses précises sur ces différents points. L’évolution de ce dossier est désormais suivie de près, tant par les agents de l’ARTP que par l’opinion publique, attentive aux exigences de transparence et de bonne gouvernance.

(Source : Senenews, 2 janvier 2026)

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