Finance 4 All : 265 acteurs de la Société civile outillés pour accélérer l’inclusion financière numérique au Sénégal
lundi 27 juillet 2026
De nouveaux relais pour rapprocher les populations vulnérables des services financiers numériques. A travers le projet Finance 4 All, 265 membres d’organisations de la Société civile ont été formés à l’éducation financière numérique. Une initiative qui vise à réduire les fractures d’accès aux services financiers, notamment en milieu rural.
L’inclusion financière numérique gagne du terrain au Sénégal, mais les défis restent nombreux. C’est dans ce contexte que le projet Finance 4 All a organisé, jeudi à Dakar, un atelier de clôture et de capitalisation destiné à tirer les enseignements de deux années d’intervention auprès des populations vulnérables. Mis en œuvre depuis juin 2024 par People Power Inclusion (Ppi) en collaboration avec Simplon Africa, avec l’appui d’Expertise France et le financement du ministère français de l’Europe et des affaires étrangères, le projet avait pour ambition de favoriser un meilleur accès aux services financiers numériques, particulièrement pour les populations rurales souvent éloignées des circuits financiers classiques.
Selon Bara Ndao, Directeur régional de People Power Inclusion pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, l’un des principaux acquis du programme reste le renforcement des capacités des organisations locales. « Au total, 265 personnes issues des organisations de la Société civile ont été formées. Il s’agissait principalement de formations de formateurs afin qu’ils puissent, à leur tour, transmettre les connaissances acquises dans leurs communautés », a-t-il expliqué. Au-delà de l’éducation financière, le projet a également mis l’accent sur les compétences numériques de base, notamment l’utilisation des smartphones et des outils informatiques. Une approche destinée à permettre aux bénéficiaires de mieux comprendre et utiliser les services financiers digitaux de manière sécurisée. Pour Bara Ndao, l’enjeu était aussi d’éviter que les populations reçoivent uniquement des formations ponctuelles sans véritable accompagnement. « Beaucoup d’organisations interviennent dans ce domaine, mais les actions manquent parfois de coordination. Les populations peuvent bénéficier plusieurs fois des mêmes formations sans disposer d’un suivi suffisant pour appliquer les connaissances acquises », a-t-il relevé.
Le projet, déployé dans les régions de Dakar et Thiès avec l’appui de douze organisations de la Société civile, constitue une phase pilote. En raison des ressources disponibles, il n’a pas couvert l’ensemble du territoire national, mais ses promoteurs souhaitent capitaliser les résultats obtenus afin d’envisager une nouvelle phase.
Parmi les innovations développées, figure une plateforme de comparaison des services financiers numériques. Un outil qui permet aux utilisateurs de mieux comprendre les offres disponibles sur le marché. Mais sa pérennisation demeure un défi majeur. « Le risque aujourd’hui est que la plateforme disparaisse à la fin du projet. Il faut que l’Etat puisse reprendre cet outil, car lui seul dispose des moyens nécessaires pour assurer son actualisation et son suivi dans la durée », a plaidé le Directeur régional de Ppi.
Pour les acteurs du projet, l’inclusion financière numérique représente un levier stratégique de réduction des inégalités économiques. Elle permet non seulement d’améliorer l’accès aux services financiers, mais aussi de renforcer l’autonomie des populations vulnérables et leur participation à l’activité économique. Avec Finance 4 All, les partenaires ambitionnent donc de poser les bases d’un écosystème plus inclusif, où les citoyens disposent des connaissances nécessaires pour utiliser les services financiers numériques de façon efficace et sécurisée.
Abdou Latif Mohamed Mansaray
(Source : Le Quotidien, 27 juillet 2026)
OSIRIS