FDSUT : Face à la révolution satellitaire en cours, le Fonds amorce sa transformation et élargit ses ambitions
jeudi 21 mai 2026
Face aux interrogations suscitées par l’arrivée des technologies satellitaires comme Starlink au Sénégal, le Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT) affirme sa volonté de transformation. Invité à prendre la parole lors d’une édition spéciale des “Après-Midis de la Tech” consacrée à l’avenir du FDSUT à l’heure des satellites, des OTT et de l’intelligence artificielle, le chef de service en charge des projets et programmes, a apporté plusieurs éclairages sur les évolutions engagées au sein du fonds.
Son message est clair : le FDSUT ne peut plus se limiter à sa mission historique de réduction de la fracture numérique par le financement des infrastructures télécoms classiques. Avec les nouvelles réalités technologiques et les ambitions du New Deal Technologique, le fonds entend désormais devenir un acteur majeur de la digitalisation et de l’inclusion numérique, confie-t-il.
Pour illustrer cette mutation, Mamadou Ndir a rappelé qu’un nouveau décret signé en mars dernier redéfinit le fonctionnement et les ambitions du FDSUT. Parmi les changements majeurs évoqués figure l’élargissement des missions du fonds, désormais structurées autour de deux dimensions : l’accès et les services. “Le FDSUT va intervenir dans ce sens-là pour être le levier et le bras armé de ces activités liées à la digitalisation”, a-t-il expliqué.
Au-delà du déploiement d’infrastructures, le fonds ambitionne désormais d’accompagner davantage les projets liés aux usages numériques, à l’éducation, à la santé ou encore aux services publics. Cette intervention qui a également apporté une lumière nouvelle sur le développement de ce mécanisme de service universel a aussi permis de relativiser l’idée selon laquelle l’arrivée du satellite rendrait obsolètes les dispositifs historiques du service universel. Selon lui, les nouvelles solutions satellitaires doivent être envisagées comme des compléments susceptibles de valoriser des investissements déjà réalisés.
Il a ainsi rappelé que dans plusieurs localités visitées récemment lors de la tournée ministérielle consacrée aux kits satellitaires, le FDSUT avait déjà installé des salles multimédias ou des équipements numériques, mais que l’absence de connectivité limitait leur impact. L’arrivée des solutions satellitaires pourrait ainsi permettre de rendre pleinement fonctionnelles ces infrastructures existantes, assure Monsieur Ndir, non sans annoncer la hausse du taux de contribution au FDSUT, passé de 0,75 % à 1 % dans le cadre du nouveau décret. Une évolution qui traduit, à l’en croire, la volonté des pouvoirs publics de renforcer les moyens du fonds alors que ses missions s’élargissent progressivement.
Le Monsieur projets et programmes a aussi indiqué que le FDSUT travaille actuellement à son plan stratégique 2026-2030, élaboré avec les opérateurs titulaires de licence, le régulateur, les ministères concernés ainsi que d’autres acteurs de l’écosystème. À terme, annonce-t-il, des consultations plus larges devraient être ouvertes afin de recueillir contributions et recommandations pour orienter l’avenir du fonds.
Par ailleurs, Mamadou Ndir a insisté sur la nécessité d’une approche plus transversale, intégrant davantage les collectivités territoriales, les acteurs de l’énergie ou encore les institutions publiques. Car selon lui, la connectivité ne peut être pensée indépendamment des enjeux énergétiques, particulièrement dans les zones éloignées où l’accès à l’électricité demeure un défi.
Enfin, il a tenu à préciser que le FDSUT ne mise pas exclusivement sur les satellites. Des projets d’infrastructures physiques continuent d’être déployés sur plusieurs territoires et les opérateurs historiques sont appelés à proposer des solutions complémentaires dans les prochains programmes.
À travers cette intervention, Mamadou Ndir a surtout défendu l’idée d’un FDSUT en mutation, cherchant à évoluer d’un instrument centré sur la couverture des zones blanches vers un outil plus large d’inclusion numérique, de transformation digitale et d’accompagnement des ambitions nationales en matière de numérique.
Cette édition spéciale des “Après-Midis de la Tech” a réuni plusieurs experts et acteurs du secteur pour débattre des mutations provoquées par l’arrivée des technologies satellitaires, des OTT et de l’intelligence artificielle sur les mécanismes historiques du service universel. Parmi les panélistes figuraient notamment Amadou Manel Fall, ancien coordonnateur du FDSUT, Ibrahima Diallo, Directeur Risque et Business Excellence d’Expresso Sénégal, Mandialy Bodian, Président de l’Amicale des Cadres de l’ARTP, Serigne Mbacké Ka, expert en haut et très haut débit, Alex Corenthin, expert en télécommunications et membre fondateur d’ISOC Sénégal, ainsi que Dr Isaac Sissokho, expert en gouvernance, régulation et stratégie numérique.
(Source : Le Techobservateur, 21 mai 2026)
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