État civil : le Cameroun s’inspire de la Côte d’Ivoire pour interconnecter ses données
jeudi 29 octobre 2026
D’ici 2029, le Cameroun ambitionne d’informatiser plusieurs centres d’état civil et de permettre aux systèmes concernés d’échanger leurs données. L’expérience d’autres pays offre des pistes pour préparer cette interconnexion et anticiper les difficultés liées au déploiement des outils numériques.
Le Cameroun cherche en Côte d’Ivoire des pistes pour accélérer la numérisation de son système d’état civil et relier les données des administrations. Le directeur général du Bureau national de l’état civil (BUNEC), Alexandre Marie Yomo, conduit du lundi 26 au vendredi 30 octobre une mission d’étude auprès de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), à Abidjan.
La délégation camerounaise examine quatre domaines : la transformation numérique, la gestion du fichier national de l’état civil et du registre national des personnes physiques, la gouvernance et la conduite du changement, ainsi que le modèle économique. Ces échanges portent notamment sur les solutions susceptibles de faciliter le déploiement du Fichier national de l’état civil au Cameroun.
L’interopérabilité au cœur de la réforme camerounaise
Cette mission intervient dans le cadre de la modernisation du système camerounais d’état civil, organisée autour du plan stratégique 2025-2029. Celui-ci prévoit l’informatisation de 432 centres d’état civil principaux et leur interconnexion avec les formations sanitaires, les juridictions et les services d’identification. Il prévoit également que les systèmes d’information concernés puissent échanger leurs données avec le système national de gestion de l’état civil d’ici 2029.
La Côte d’Ivoire, un modèle confronté aux défis du terrain
Le choix de la Côte d’Ivoire s’explique notamment par les avancées de son système numérique d’état civil. Selon l’ONECI, le logiciel central de gestion des faits d’état civil, CityWeb, a été déployé dans l’ensemble des centres du pays. L’organisme a aussi présenté une plateforme permettant aux citoyens authentifiés d’accéder à leurs informations d’état civil et d’obtenir des extraits d’actes de naissance munis d’un certificat électronique de vérification. La plateforme a été récemment présentée aux officiers et agents des mairies afin de préparer son déploiement harmonisé dans les communes.
Cette expérience met aussi en évidence les difficultés qui accompagnent la généralisation de ces outils. L’ONECI signale des problèmes de connectivité dans certains centres et travaille avec le ministère chargé de la Transition numérique pour améliorer la stabilité du réseau.
Pour le Cameroun, ces difficultés soulignent l’importance de préparer les conditions du déploiement : accès à une connexion fiable dans les centres, formation des agents à l’utilisation des outils et accompagnement des administrations dans l’évolution de leurs pratiques.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 29 octobre 2026)
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