OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Février 2026 > Entrée de Starlink au Sénégal : Les syndicats dénoncent un « crime économique »

Entrée de Starlink au Sénégal : Les syndicats dénoncent un « crime économique »

vendredi 20 février 2026

Mouvements sociaux

Pour la Coordination des syndicats des opérateurs de télécommunications au Sénégal, notamment Sonatel, Yas et Expresso, « l’Etat a commis un crime économique en ne réclament pas à Starlink, société appartenant à l’Américain Elon Musk, un ticket d’entrée » supérieur à celui ayant été demandé aux opérateurs de télécommunications évoluant sur le marché sénégalais.

Les syndicats du secteur des télécommunications continuent de dénoncer la manière dont Starlink a été autorisée à intervenir au Sénégal. Face à la presse hier, la Coordination des organisations syndicales de la Sonatel, de Yas et d’Expresso considère que « l’Etat du Sénégal a commis un crime économique en ne réclamant pas un ticket d’entrée aussi élevé à Starlink qui, au minimum, devait être de 30 milliards de francs Cfa ».

Et dans un mémorandum destiné aux Forces vives de la Nation, Mamadou Lamine Badji, Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonatel (Syts), et ses camarades battent en brèche les arguments de l’Etat. « Le secteur des télécommunications est un secteur régulé. Les acteurs bénéficient soit d’une licence, soit d’une autorisation, soit d’une déclaration. L’autorisation n’est rien d’autre qu’un régime assoupli de la licence. Sur ce point, il faut préciser qu’avant 2017, les Fournisseurs d’accès à internet (Fai) étaient soumis à un régime de licence pour lequel l’Etat réclamait 100 millions de francs Cfa. Mais à cause de leur petite taille, car ils peinaient même à avoir 1000 abonnés, le législateur a assoupli le régime en leur mettant sous le régime d’autorisation.

En revanche, le fait de vouloir étendre ce régime d’autorisation à Starlink, qui est un nouvel acteur aux caractéristiques hybrides et inconnu du législateur de 2018, n’est ni plus ni moins qu’un manque de vision stratégique et de patriotisme », considère M. Badji. En effet, explique-t-il, « Starlink a sa propre infrastructure et ne dépendra pas des opérateurs. Contrairement aux Fai qui dépendent des opérateurs, du fait qu’ils n’ont pas d’infrastructures. Par conséquent, Starlink ne doit pas être logé au même niveau que les Fai en activité au Sénégal et appartenant pour l’essentiel à des Sénégalais, et qui embauchent des Sénégalais. Rien n’empêche l’autorité de réviser le Code des télécommunications élec­tro­niques pour prendre en considération ce nouvel acteur, afin qu’il y ait un traitement équitable. Dès l’instant qu’on est dans un secteur régulé, il faudrait que les normes soient les mêmes pour tout le monde, encore plus pour Elon Musk dont le patrimoine pèse vingt fois plus que la richesse du Sénégal. Si ce dernier vient pour faire du business au Sénégal, l’Etat doit réclamer une contrepartie financière comme il l’a fait avec Sonatel, Yas et Expresso ».

Le syndicaliste rappelle que la Sonatel avait payé pour sa 4G et le renouvellement de sa concession, 100 milliards de francs Cfa. Et pour sa 5G, elle a payé 34, 5 milliards. Yas (à l’époque Free) avait payé pour sa 4G, 27 milliards de francs Cfa, et 13, 5 milliards de francs Cfa pour l’acquisition de la 5G. Expresso a dû débourser 5 milliards pour l’acquisition de la licence 5G. « Nous estimons ainsi que Starlink doit payer au minimum 30 milliards de francs Cfa pour son autorisation. Car il a les mêmes caractéristiques que les opérateurs, du fait qu’il a ses propres infrastructures et utilise des fréquences, et a la même capacité pour adresser le même marché que les opérateurs. Alors doit-il être soumis au même régime que les opérateurs, pour garantir une concurrence loyale, au-delà des retombées financières pour le pays. C’est pourquoi nous réclamons une réforme du Code des télécommunications électroniques pour l’adapter à la réalité des opérateurs satellitaires, que Starlink verse 30 milliards de francs Cfa au titre de son ticket d’entrée », indique le Sg du Syts.

« Détournement de la CST »

L’Etat justifie sa décision de faire entrer Starlink dans le marché par sa volonté d’assurer une connectivité universelle d’internet. Au Sénégal, avouent les syndicalistes, « il y a certes des zones blanches et des zones où la couverture internet est dégradée ». Mais, précisent-ils, « quand le ministre convoque le dernier rapport de l’Artp pour dire que le taux de pénétration internet est de 40%, c’est une fausse information gravissime qui justifie une décision qui engage notre souveraineté numérique. Le taux de pénétration de 40% ne concerne que l’internet fixe (l’Adsl et la Fibre). En revanche, le taux de pénétration mix (fixe et mobile) est de 120, 05%…

Dire qu’une autorisation à Starlink en février 2026 est motivée par la volonté d’assurer une connectivité universelle est sans fondement. S’il existe des zones blanches, c’est parce que l’Etat, après avoir collecté plus de 200 milliards de francs Cfa des opérateurs, au titre de la Contribution spéciale sur les services de télécommunications (Cst), pour, entre autres, la connectivité universelle, les a détournés vers d’autres objectifs différents de la couverture des zones blanches. L’Etat ne peut pas se prévaloir de sa propre turpitude ».

Ahmadou Sylla Bâ souligne que depuis la création du Fonds de développement du service universel des télécommunications (Fdsut) qui gère la connectivité universelle, la couverture des zones blanches est très infime. L’année dernière, seuls dix sites ont été réalisés, faute de moyens financiers. La contribution de 0, 75% de la Cst destinée au Fdsut n’est pas reversée au fonds en charge de la connectivité universelle.
Les cadres de la Sonatel sont du même avis que les syndicalistes. « Il n’a jamais été question pour nous acteurs de combattre toute offre permettant de renforcer la couverture et la qualité de service. Il n’a jamais été aussi question de combattre la satisfaction et l’expérience du client. Par contre, il nous sera extrêmement difficile de rester les bras croisés au moment où on veut nous faire croire qu’au Sénégal, il existe un Zorro national qui s’appelle Starlink », martèle Samba Mintou Sèye, de l’Amicale des cadres de la Sonatel.

Dialigué Faye

(Source : Le Quotidien, 20 février 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4520/5703 Régulation des télécoms
  • 355/5703 Télécentres/Cybercentres
  • 3684/5703 Economie numérique
  • 1885/5703 Politique nationale
  • 5102/5703 Fintech
  • 566/5703 Noms de domaine
  • 2042/5703 Produits et services
  • 1559/5703 Faits divers/Contentieux
  • 765/5703 Nouveau site web
  • 5703/5703 Infrastructures
  • 2036/5703 TIC pour l’éducation
  • 192/5703 Recherche
  • 258/5703 Projet
  • 4236/5703 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2040/5703 Sonatel/Orange
  • 1661/5703 Licences de télécommunications
  • 289/5703 Sudatel/Expresso
  • 1040/5703 Régulation des médias
  • 1383/5703 Applications
  • 1624/5703 Mouvements sociaux
  • 1747/5703 Données personnelles
  • 147/5703 Big Data/Données ouvertes
  • 626/5703 Mouvement consumériste
  • 370/5703 Médias
  • 686/5703 Appels internationaux entrants
  • 1715/5703 Formation
  • 96/5703 Logiciel libre
  • 2377/5703 Politiques africaines
  • 1107/5703 Fiscalité
  • 171/5703 Art et culture
  • 596/5703 Genre
  • 1974/5703 Point de vue
  • 1091/5703 Commerce électronique
  • 1512/5703 Manifestation
  • 325/5703 Presse en ligne
  • 125/5703 Piratage
  • 224/5703 Téléservices
  • 1035/5703 Biométrie/Identité numérique
  • 389/5703 Environnement/Santé
  • 570/5703 Législation/Réglementation
  • 374/5703 Gouvernance
  • 1870/5703 Portrait/Entretien
  • 144/5703 Radio
  • 779/5703 TIC pour la santé
  • 291/5703 Propriété intellectuelle
  • 62/5703 Langues/Localisation
  • 1131/5703 Médias/Réseaux sociaux
  • 2156/5703 Téléphonie
  • 194/5703 Désengagement de l’Etat
  • 1073/5703 Internet
  • 121/5703 Collectivités locales
  • 418/5703 Dédouanement électronique
  • 1425/5703 Usages et comportements
  • 1090/5703 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 575/5703 Audiovisuel
  • 3650/5703 Transformation digitale
  • 411/5703 Affaire Global Voice
  • 365/5703 Géomatique/Géolocalisation
  • 396/5703 Service universel
  • 722/5703 Sentel/Tigo
  • 182/5703 Vie politique
  • 1869/5703 Distinction/Nomination
  • 35/5703 Handicapés
  • 730/5703 Enseignement à distance
  • 904/5703 Contenus numériques
  • 602/5703 Gestion de l’ARTP
  • 185/5703 Radios communautaires
  • 2092/5703 Qualité de service
  • 627/5703 Privatisation/Libéralisation
  • 139/5703 SMSI
  • 570/5703 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2832/5703 Innovation/Entreprenariat
  • 1587/5703 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5703 Internet des objets
  • 174/5703 Free Sénégal
  • 1004/5703 Intelligence artificielle
  • 201/5703 Editorial
  • 10/5703 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5703 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous