En RDC, le cadre réglementaire de la cybersécurité entre dans une nouvelle phase
mercredi 4 novembre 2026
Entre dématérialisation des services publics, développement des infrastructures numériques et interconnexion des administrations, la RDC poursuit sa transformation numérique. La cybersécurité constitue un volet essentiel pour protéger ces investissements et préserver la confiance des usagers.
La République démocratique du Congo (RDC) prépare de nouvelles règles pour encadrer la sécurité des systèmes informatiques des administrations et des entreprises du numérique. Sept projets d’arrêtés ministériels destinés à préciser l’application du Code du numérique de 2023 ont été présentés le mardi 3 novembre à Kinshasa, lors d’un atelier organisé par le ministère de l’Économie numérique et l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC).
De nouvelles exigences pour les acteurs du numérique
Les sept projets d’arrêtés abordent plusieurs aspects de la protection des systèmes d’information : exigences minimales de sécurité, identification des infrastructures numériques critiques, audits et notification des incidents. Ils doivent également préciser les responsabilités des acteurs concernés et les obligations applicables aux prestataires de services numériques.
D’autres dispositions portent sur la gouvernance, les registres liés à l’intelligence artificielle et la coopération transfrontalière. Les textes sont encore au stade de projets. L’atelier vise à recueillir les observations des parties prenantes et à consolider leur contenu avant leur adoption.
Ces travaux viennent préciser un dispositif déjà prévu par le Code du numérique, adopté en mars 2023. Ses articles 295 et 296 imposent notamment aux prestataires de services numériques de disposer de mécanismes qualifiés de détection des événements susceptibles de compromettre la sécurité de leurs systèmes et prévoient des contrôles pour vérifier leur niveau de protection. L’Agence nationale de cybersécurité (ANCY), dont l’organisation a été fixée par une ordonnance du 16 mai 2026, intervient dans ce dispositif à travers des missions de contrôle, d’audit et de coordination de la politique nationale de cybersécurité.
Des capacités encore à consolider
Ces projets d’arrêtés interviennent dans un contexte où la RDC renforce progressivement son dispositif national de cybersécurité, face aux risques qui accompagnent le développement des services numériques. Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classait le pays au troisième niveau sur cinq, « Establishing ». Cette catégorie regroupe les pays qui ont engagé des mesures dans ce domaine, mais dont les capacités restent à consolider. Les nouveaux arrêtés visent notamment à préciser les règles et les responsabilités qui encadrent la protection des systèmes informatiques.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 4 novembre 2026)
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