En Angola, Unitel, l’opérateur télécoms saisi à Isabel dos Santos, entre en bourse
mardi 28 juillet 2026
Nationalisé en 2022 après la saisie des parts d’Isabel dos Santos, Unitel entre à la Bourse de Luanda. L’État a levé 300,3 milliards de kwanzas (327 millions $) en cédant 15 % du capital dans le cadre de la plus importante opération boursière du pays. Cette accélération des privatisations, à quatorze mois des élections générales, met à l’épreuve un marché financier encore embryonnaire.
L’opération était présentée à Luanda comme un test de maturité. Elle a été souscrite au-delà des attentes. L’État angolais a annoncé, lundi 27 juillet, avoir levé 300,3 milliards de kwanzas (327 millions de dollars) en cédant 15 % du capital d’Unitel, premier opérateur de téléphonie mobile du pays, dans ce qui constitue la plus importante introduction en bourse de l’histoire du marché financier angolais.
Les 7,5 millions d’actions mises sur le marché ont été placées à 40 040 kwanzas l’unité, au sommet de la fourchette autorisée par la Commission du marché des capitaux (CMC) le 1er juillet. La Bourse de dette et de valeurs d’Angola (BODIVA) a indiqué, dans un communiqué, que la demande avait dépassé l’offre de 21 %, avec plus de 11 000 souscripteurs au terme de la période de souscription, ouverte du 6 au 24 juillet. Les premiers échanges sont attendus à partir du 29 juillet, l’ensemble des 50 millions de titres composant le capital devant être admis à la cote.
Le symbole est double. Unitel, qui revendique plus de 21 millions de clients, devient la première société non financière cotée à Luanda, un marché jusqu’ici limité à cinq établissements des secteurs bancaire et assurantiel. Elle est surtout l’un des actifs les plus disputés de l’après-Dos Santos : l’État en a pris le contrôle en octobre 2022, après la saisie des parts détenues par Isabel dos Santos, fille de l’ancien président José Eduardo dos Santos, et par le général Leopoldino Nascimento. La femme d’affaires, visée par plusieurs procédures à Londres et aux Pays-Bas, conteste ces décisions et nie toute malversation.
Pour M. Lourenço, au pouvoir depuis 2017, cette cession alimente un double objectif : marquer la rupture avec les réseaux hérités de son prédécesseur et poursuivre le désengagement de l’État dans le cadre du programme PROPRIV, lancé par décret en 2019 et recentré en février autour de dix entreprises stratégiques. « Il s’agit de la plus importante offre publique jamais enregistrée dans le pays », soulignait au lancement Paulo Graça e Silva, cadre de BFA Capital Markets chargé du placement. La précédente opération de référence, la mise en bourse de la Banco Angolano de Investimento en 2022, avait rapporté un peu plus de 120 milliards de kwanzas.
L’opération n’a toutefois pas réglé le principal handicap du marché angolais : sa liquidité. Le volume des échanges après l’ouverture de la cotation dira si les 11 000 nouveaux actionnaires constituent une base d’investisseurs durable ou un afflux ponctuel, à quatorze mois des élections générales prévues en 2027.
Fiacre E. Kakpo
(Source : Agence Ecofin, 28 juillet 2026)
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